samedi 24 août 2019

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PALAIS DE JUSTICE MACON - 1.jpg

Kevin C., 31 ans, comparaissait ce lundi devant le tribunal correctionnel pour des faits de violences commis le 10 décembre à Mâcon.

 

Coup et insultes contre sa compagne et un collègue de celle-ci venu la défendre. Cette fin d’après-midi prenait une tournure démentielle pour cette femme chauffeur de poids-lourd. Fou de jalousie, n’acceptant qu’elle se rende chez sa mère après le travail, Kevin C. a débarqué là où il savait la trouver après avoir tenter de l’en dissuader par texto : à l’entrepôt logistique de Carrefour Supply chain.

Après cela, insultes envers les policiers, crachat sur un aide-soignant !…

 

Il est 17h30 quand les policiers, alertés par la direction de l’entrepôt, viennent le cueillir à proximité. Quelques minutes auparavant, Kevin venait de déverser sa colère sur sa compagne à coups de pied et coups de poing. Une chance qu’elle s’en sorte sans blessure. Un collègue s’était interposé, prenant au passage coups et insultes.

Les policiers le font souffler. Aucune trace d’alcoolisation ! Notre homme est un toxicomane qui se soigne à la méthadone. Ce jour-là, il n’a pas pris son traitement. La jalousie maladive prend possession de son être tout entier, le rend fou au point de frapper et d’insulter tout ce qui passe, y compris les policiers, qui l’embarquent et le conduisent à l’hôpital. C’est là-bas qu’il s’en prend à eux, car l’interpellation s'est plutôt bien passée. « Flic de merde, petit enculé… je vais baiser leurs femmes et leurs mères »… un niveau de violence rarement atteint…

 

Notre homme est récidiviste. Six mentions au casier judiciaire depuis 2009, dont deux condamnations pour violences sur conjointe, sur son ex, avec qui il a deux enfants.

Sa compagne actuelle a déjà subi sa violence. « Pourquoi porter plainte seulement aujourd'hui ? » interroge le juge. « J’ai ouvert les yeux, et je voulais protéger mon fils » répond-elle. Des affaires de stup et d'infractions au code de la route également. 

 

Aujourd’hui SDF (20 000€ de dettes de loyer), sans travail, il vit chez elle. Elle a bien voulu le recueillir, lui donner encore une chance.

Après les violences du 10 décembre, c’est terminé, définitivement ! Elle n’a pas d’avocat mais est accompagnée d’une personne de l’AMAVIP (association d’aide aux victimes d’infractions pénales). Elle s’est constituée partie civile, ne demande que l’interdiction qu’il s’approche encore d’elle.

 

Kevin C. est présenté sous escorte. Il a été incarcéré le 12 à la suite des violences commises le 10. Présenté au tribunal en comparution immédiate, il avait sollicité un délai pour préparer sa défense. Le voilà donc à nouveau, ce 7 janvier, devant le juge.

Fait surprenant, son avocate l’a lâché, elle n’est pas là. Le président décide donc de suspendre l’audience pour prendre contact. Pas de réponse. C’est donc une autre avocate qui est appelée et vient assurer sa défense. 2 heures pour prendre connaissance du dossier et défendre une homme que tout accable, y compris sa reconnaissance des faits. Elle tentera le tout pour le tout en plaidant l’insécurité affective, la honte qu’il a de lui-même. Cela ne pèsera que très peu.

La première audience s’était mal passée. Il avait tenté de se tailler les veines devant le juge avec le manche d’une cuillère en plastique sortie de sa poche.

 

Cette somme de circonstances fera la peine prononcée : il est déclaré coupable de tous les faits qui lui sont reprochés et écope de 24 mois de prison, dont 9 avec sursis, assorti d’un SME (sursis mise à l’épreuve de 3 ans). Le maintien en détention est également prononcé. « Le tribunal a estimé que les faits étaient très graves Monsieur » lui explique le juge Mahrez Abbassi, qui lui indique également une interdiction de se présenter au domicile de la victime et de rentrer en contact avec elle. 

 

Rodolphe Bretin