samedi 20 avril 2019

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Debout pendant une heure et demi, devant 1 100 personnes réunies dans la salle de la Verchère à Charnay, Pierre Rabhi a défendu mercredi soir les valeurs de sa vie et surtout la mobilisation qu'il attend de chacun pour que la planète soit plus respectée et le monde plus équitable.

Il est certain que Pierre Rabhi a connu des bouleversements dans sa vie. Natif d'Algérie, perdant sa mère à 4 ans, élevé ensuite par une famille française, il a constaté très tôt la modification de son pays d'origine par la découverte du charbon qui a transformé la vie de leur communauté d'agriculteurs vivant dans une oasis.

Une destinée avec des ambigüités culturelles qui le feront s'interroger sur les divisions du monde et les divergences de l'humanité.

Après quelques années dans la banque et le monde industriel, il décide, avec sa femme, de s'installer dans une ferme, et c'est grâce aux banques qui leur disaient que leur projet n'était pas rentable qu'ils trouveront leur première valeur : ne pas vivre pour gagner de l'argent mais pour respecter la nature.

Il deviendra un des pionniers de l'agroécologie. "La terre ne nous appartient pas, dit-il, c'est nous qui lui appartenons. On ne doit prélever que ce dont on a besoin. Si on avait gardé cet axe, la planète ne serait pas là où elle en est. Ce qui pose problème, c'est la croissance économique qui ne met aucune limite à l'accaparement. On épuise les ressources, ceux qui ont de la finance accaparent les biens alors que ça ne leur appartient pas".

"Comment organiser l'équité du monde entre les damnés de la terre qui ne mangent pas à leur faim et ceux qui jettent ? Il ne devrait pas y avoir d'humanitaire poursuit-il, juste de l'humanisme. il faut sortir de la croissance infinie, les milliardaires arrivent à mettre un système en place pour amener chacun de nous à participer à leur enrichissement.

Son expérience dans sa ferme des Cévennes l'a ensuite conduit à partager ce qu'il avait appris de la nature : aider les pays d'Afrique en leur proposant une agriculture biologique et non chimique : "On leur apprenait à être des exploitants agricoles, mais pas des paysans respectueux de la nature".

Une grande partie de l'exode paysan est dû, selon lui, au système qui a mis l'argent à la place de la vie : "Il ne faut pas dépasser un certain seuil pour ne pas se trouver pris dans un engrenage".

Toutes ces expériences ont fondé la démarche que Pierre Rabhi défend inlassablement à travers le monde. Ecrivain, philosophe, conférencier, il a initié de nombreux mouvements pour la défense de la planète : carnet d'alertes pour lutter notamment contre les semences OGM ; mouvement Colibris, fondé sur la sobriété et le partage ; lutte pour que l'écologie soit apprise dès l'école primaire ; mouvement Terre et Humanisme pour transmettre les valeurs de l'agroécologie et de nombreux livres sur tous les thèmes développés.

"L'écologie ne doit pas être un mouvement politique mais une conscience. Il faut une mobilisation forte pour que l'humanité puisse survivre". Une conférence que les spectateurs présents hier ont longuement applaudie.

La conférence était organisée par l'association clunisienne ACS au carrefour des arts et des sciences, qui une fois par mois propose des conférences dans le domaine artistique ou scientifique afin d'établir des passerelles entre les sciences et les arts.

Danièle Vadot

 

 

 

 

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