TGI_MACON.jpg

La bagarre s'est terminée à coup de couteau vendredi aux Neuf clés. Les deux hommes avaient bu toute la nuit, et s'étaient drogués.

 

Il ne s'agissait pas de légitime défense comme on est tenté de le penser. Ni la procureure ni la défense ne sont parties sur ce principe. Et pour cause : l'assaillant (la victime) avait frappé à la porte de celui « chez qui il venait en découdre », selon l'avocate du prévenu, vers 3h du matin. Plus tard le matin, l'intention était vraiment de régler son compte à celui qui avait finalement "récupérer" sa compagne.

Oui, une histoire de femme entre ces deux hommes Loïc et Jérémy, dont l'un, l'assaillant, Jérémy, avait eu une relation avec la compagne de l'autre. C'est en voulant vérifier qu'elle était bien à Villefranche comme elle l'avait prétendu par texto quelques minutes auparavant, que Jérémy, déjà éméché, a débarqué chez Loïc. Mais l'affaire ne tourne pas court évidemment, car la compagne est là...

 

Une 1ère altercation, puis la bagarre tourne vraiment mal

Les deux hommes se connaissent et commencent à boire de la bière ensemble, boire et boire encore. Pas seulement... s'injecter cocaïne et cannabis aussi. Cocktail focrément explosif... Ils boivent toute la nuit avant de descendre à la superette du coin vers 10h30. Là, première altercation. Jérémy sort un cuter et menace Loïc. Il ne portera pas de coup.

Des gens sont témoins de cet échange et séparent ces messieurs. Loïc rentre finalement chez lui retrouver sa compagne.

Mais Jérémy n'en a pas fini avec cette histoire. Il retourne à l'appartement de Loïc, et, cette fois, fonce sur lui, le projetant au sol, puis monte sur lui à cheval pour lui casser la gueule. Il lui déboite l'épaule. Loïc fait alors usage d'un couteau et le blesse à trois reprises. Une de ses blessures est profonde, touchant le poumon. (Le couteau sera retrouvé par les policiers dans la machine à laver.) 

 

Un casier lourd et une terrible addiction

La police est appelée et arrive rapidement, vers 13h. Elle trouve un homme au sol, qui saigne beaucoup, et sur qui un point de compression est réalisé. Il est transporté à l'hôpital et bénéficiera de 15 jours d'ITT (Interruption Temporaire de Travail).

Loïc quant à lui, est placé en garde à vue puis en détention provisoire. Son casier est lourd de 9 condamnations, dont une pour homicide involontaire en voiture. Une autre pour corruption de mineur en 2003. Son gros, gros problème, c'est l'alcoolisme. « Dès que j'ai une mauvaise nouvelle, je sombre » dira-t-il.

Il a aujourd'hui 38 ans et est pourtant bien conscient de son problème. 

Ce lundi, il comparait dans le cadre d'une comparution immédiate, en visio-conférence.

Des cironstances atténuantes ? Son avocate plaide son intention de se ranger, de construire une vie normal avec sa compagne. "Je regrette ce que j'ai fait, et je pardonne à Jérémy, à ma compagne aussi" dit-il visiblement sincère.

"Des opportunités professionnelles se sont présentées, auxquelles il voulait répondre. Il a repassé son code. Sa compagne ne craignait rien, il n'a pas de rancoeur" défend son avocate, qui demandera une peine sous forme d'un travail d'intérêt général. "Je ne demande ni la relaxe ni la légitime défense, Loïc a reconnu les faits. Simplement, je souligne qu'il avait peur. Il venait d'être menacé par son assaillant, qui lui a déboité l'épaule."

 

Verdict

Mais cela ne suffira pas à convaincre le juge. Un fusil et deux cartouches calibre 12 sont trouvés chez lui. Ajouté à cela une enquête de voisinage qui met au jour une pétition contre lui pour nuisances sonores et l'affaire sera pliée par le juge.

Le verdict suit à deux mois près les réquisitions de la procureure, qui avait estimé Loïc suffisamment dangereux pour la société pour le placer en détention provisoire après sa garde à vue. Il prend 18 mois de prison, dont 10 avec sursis, assortis d'une mise à l'épreuve de 2 ans avec obligation de soin.

 

Rodolphe Bretin