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Jeudi soir, le réalisateur Vincent Glenn a présenté ensemble avec Attac 71 son film « Enfin des bonnes nouvelles » au Cinémarivaux

l se donne le genre d'un vrai documentaire, et pourtant c'est un faux : « Enfin des bonnes nouvelles » est un vrai film de « science économique fiction », dans lequel Vincent Glenn joue son propre rôle.

Rien d'autobiographique donc dans ce film, hormis une anecdote bien réelle qui a mis sur rails l'œuvre de fiction : Alors qu'il était en situation de grave précarité financière et « proche de la chute », Vincent Glenn s'est vu proposer la couverture filmique d'un débat sur « Mesure et démesure de la richesse ». Un comble quand on est chômeur longue durée sans le sou, une chance quand on veut rebondir et qu'on a de l'imagination comme Vincent Glenn, qui en a fait un scénario de film.

 

Une start-up exemplaire

 

L'histoire, racontée sur le mode drolatique, se passe dans un futur proche. Après des mois de vaches maigres, de dégringolade matérielle et mentale, Vincent (Glenn), poussé, secondé par des copains chômeurs, crée l'application mobile Vigi's, et, dans la foulée, son agence de notation du même nom.

 

Mais cette agence ne donne pas une notation financière, telles que les agences Moody's ou Standard & Poors, bien connues pour leurs triples A plus ou triples B moins, mais une notation citoyenne, mesurant sur une échelle de 1 à 100 les qualités humaines, environnementales, écologiques, des entreprises - succès mondial retentissant immédiat.

 

Les consommateurs distribuent leurs notes et décident eux-mêmes où et quoi acheter. Un tel ne respecte pas les règles de bonne conduite (salaires équitables, parité hommes/femmes, faible empreinte écologique…) au cours de sa production ? On boycotte ! En peu de temps, les peuples prennent le pouvoir économique, les géants industriels et autres requins de la finance se convertissent en groupes « vertueux ».

 

Mais toute médaille a un revers. De son côté, passé de précaire à milliardaire, de miséreux invisible à puissant médiatisé, de militant gauchiste altermondialiste à ... à quoi au fait ?, le fondateur de Vigi's, en proie à des angoisses existentielles, se métamorphose aussi. Qu'engendrent donc richesse et réussite sociale ? Ceci est une autre histoire …

 

En réalité, un tel scénario est-il possible ?

 

Un retournement économique et financier de cette ampleur est-il envisageable ? Vincent Glenn (le vrai) ne l'exclut pas. D'ailleurs, « l'idée d'une agence de notation citoyenne a émergé au sein des mouvements sociaux ». Une information transparente basée sur la qualité générée d'un mode de consommation responsable, favorisant en amont des modes de production durable.

 

« Aujourd'hui, 1 % des gens de la planète possède l'essentiel des richesses. Mais les 99 % autres ont le vrai pouvoir : celui d'acheter ou non. Il suffit qu'ils s'en rendent compte » et surtout, ajoute le réalisateur, qu'ils agissent synchroniquement : tous ensemble, en même temps. « Pour faire vaciller les géants industriels et financiers, pour que ce genre de structure [Vigi's] soit en capacité d'intimider, d'infléchir les décisions des multinationales, il faudrait qu'on soit 300, 400, 500 millions sur la planète à manifester simultanément », comme dans le film.

 

Réalisé sur huit ans avec un petit budget, sans aucune subvention publique, « Enfin des bonnes nouvelles » réserve bien des surprises. Dont l'apparition inattendue de Florence Parisot (la vraie), présidente du Medef de 2005 à 2013. C'est d'un air sincère et convaincu, en comédienne professionnelle, qu'elle donne son avis (positif) sur Vigi's. « Je pense qu'elle est moins caricaturale dans la vie que l'image qu'on en a donnée quand elle était patronne des patrons. Au fond, c'est quelqu'un qui ne serait pas fâché de voir qu'une telle structure existe, aussi bizarre que ce soit », suppute le réalisateur.

L'ex-patronne des patrons assistera à une projection d'« Enfin des bonnes nouvelles » le 20 juin à Paris et participera au débat en fin de séance aux côtés de Vincent Glenn. Avis aux amateurs !

R. A.

La projection du film s'est inscrite dans le cadre de la campagne « Rendez l'argent », actuellement menée par Attac. « De l'argent, il y en a, il suffit d'aller le chercher. On pourrait notamment récupérer les 80 milliards d'euros liés à l'évasion fiscale », plaide Laurence Boubet, membre d'Attac 71.

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