mardi 21 novembre 2017
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Environ 120 personnes sont venues manifester jeudi soir contre les conditions d'accueil « catastrophiques » des demandeurs d'asile devant la préfecture de Mâcon.

 

A l’initiative du Collectif Monnier, de la Ligue des Droits de l'Homme, du Réseau Education Sans Frontières (RESF) Mâcon-Cluny, d'ATTAC Cluny, de la UL CGT, de la France Insoumise, du Parti Communiste Français et du Parti Socialiste section Mâcon, ce rassemblement visait à interpeller le préfet sur la situation inquiétante dans laquelle vivent actuellement les 68 migrants sur le parking Monnier, dont 37 enfants : sans accès à l'eau, toilettes publiques et repas. Suite à la fermeture définitive de l'accueil du jour et des toilettes publiques, ils dorment dans des tentes et sous des bâches en attendant un premier rendez-vous en préfecture pour enregistrer leur demande d'asile.

 

 

Mâcon parmi les mauvais élèves en France

 

Cette demande, primordiale pour avoir droit à un hébergement et une allocation d’attente jusqu’à la fin de l’instruction de la demande d’asile, ne doit relativement à l'article L 741-1 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile dépasser un délai de 3 à 10 jours ouvrés. Pourtant, le délai d'attente à Mâcon s'élève actuellement à plusieurs mois : la dernière personne ayant déposé une demande de rendez-vous ce mercredi s'est vue attribuer un rendez-vous en février. Délai que le préfet a expliqué avec la situation du guichet unique à Mâcon ainsi qu'une ligne budgétaire à tenir.

 

Les organisateurs de la manifestation ont déploré hier « l'illégalité » dans laquelle agissait la préfecture ainsi l'absence de mesures concrètes pour assurer « un accueil en toute dignité ». « Le passage à la rue est devenu la norme. C'est une situation inadmissible, il n'y a pas de sous-hommes » ont fustigé les portes-paroles du Collectif Monnier, groupement de citoyens mâconnais qui compte aujourd'hui une cinquantaine de membres.

 

 

« Tout est organisé pour user les migrants »

 

La fermeture de l'accueil du jour et des toilettes publiques sont pour les manifestants la preuve ultime d'une volonté « d'user les migrants afin qu'ils disparaissent dans un autre département ou pays » de la part de la préfecture. « Nous sommes nombreux à aider, mais les citoyens ne peuvent pas colmater les failles de la politique » ont ils déploré en dénonçant un dysfonctionnement au sein des autorités publiques et administratives en Saône-et-Loire.

 

Ils ont également rappelé que l'ancien préfet Gilbert Payet dans sa dernière interview avant son départ avait fait savoir que les migrants dans le département ne représentait pas « un problème structurel mais conjoncturel ».

 

 

Jean-Patrick Courtois : Les migrants « pas de sa compétence »

 

Ils ont également fait référence à une interview accordée en septembre 2015 à Mâcon Infos dont les propos vont à l'encontre de la situation actuelle.

 

« L'immigration instantanée et de masse comme celle que l'Europe connaît aujourd'hui doit trouver la solidarité des villes. Pour la Ville de Mâcon et le maire que je suis, pas question de laisser des familles et des enfants sur le carreaux. Nous avons un plan de sauvegarde qui existe en cas de catastrophes de toutes sortes. En accord avec le préfet, ce plan sera activé si des migrants venaient à affluer sur Mâcon. Nous les hébergerons au gymnase Schuman, où nous mettrons des lits, de tables et des chaises. Nous avons aussi la cuisine centrale, qui permettra de donner à manger à ces gens. Nous sommes en capacité de préparer des repas pour 200 à 300 personnes. Des migrants peuvent arriver à tout moment car la ville est accessible facilement. C'est une ville ouverte et de tolérance. Je le répète, pas question de laisser des familles en plan. »

 

«  Vous avez toutes les solutions entre vos mains. C'est une question de solidarité et d'humanité au-delà des textes de la loi » ont conclut les portes-paroles, longuement applaudi par les manifestants. Le maire quant à lui a fait savoir dans un entretien antérieure à la manifestations qu'il attendait le feu vert du préfet pour agir.

 

 

Une situation compliquée sur le plan médical

 

Les migrants n'ayant pas droit à une prise en charge médicale à part les jeunes enfants, les soins se font difficilement. Actuellement, deux médecins bénévoles, dont un d'un autre département, tournent sur les différents sites, à savoir le Formule 1, l'hôtel Charme et le parking Monnier. Face à des personnes dont les fragilités sont chez certains devenues des pathologies inquiétantes et qui sont pour la plupart exposés à une météo pas toujours clémente, les organisateurs ont évoqués des problèmes pulmonaires et des personnes déjà mal soignées avant leur arrivée. Un des trois bébés vivant sur le parking est actuellement hospitalisée à Mâcon avec « un prognostique vital loin d'être favorable ». « La dernière fois, l'accès au Formule 1 a été refusé au médecin sans qu'on sache pourquoi. Les migrants ont plus qu'une seule solution : c'est de se rendre urgences. Mais comme on ne leur donne pas de tickets de bus, cela se fait difficilement ».

 

 

Remise des revendications au préfet

 

Après une heure de discours, la préfecture a accepté de recevoir quatre représentants des différents groupements. Après un entretien d'une heure environ, ils ont déclaré d'avoir eu une longue discussion avec deux représentants du préfet qui lui avait fait savoir qu'il avait simultanément regroupé les différents services pour discuter d'éventuelles solutions ensemble avec l'association Le Pont.

 

Pour Danielle Frantz de la Ligue des Droits de l'Homme la visite n'a néanmoins pas été inutile. « Nos propos seront transmis à Monsieur le Préfet. Nous attendons maintenant une solution digne et pérenne ».

 

Outre des mesures concretes pour reloger les migrants, ils ont également demandé aux représentants de l'Etat de se rendre sur place pour « une prise en compte de la réalité ». A défaut d'avoir pu discuter directement avec le préfet, ils ont renouvelé leur demande de rendez-vous, sans réponse depuis plus de 10 jours.

 

D.N.

 

Pour soutenir les différentes actions de solidarité, vous pouvez soit envoyer un chèque au nom du Collectif Monnier au bureau du RESF 71 chez Nathalie Sanchez Desbiolles - 24, rue du grand balcon à Mâcon, soit y déposer habits, tentes, etc. jour et nuit dans un petit chalet.

 

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