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dimanche 19 mai 2019
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Deux interpellations pour trafic de stupéfiants en quatre jours valent à Y.S., tout juste 18 ans, un jugement en comparution immédiate vendredi après-midi. Chefs d'inculpations : transport, détention, cession et acquisition de cannabis et de cocaïne à Mâcon les 9 et 13 septembre.


Avec son visage d’adolescent et des cheveux mi-long, le jeune garçon qui s'est présenté hier dans le box des accisés ne faisait pas penser à un parrain de la drogue, loin de là. L’habit ne fait pas le moine dit-on… « Je suis consciente que nous avons devant nous un petit vendeur, mais il y en a d'autres au-dessus qui en profitent » a bien souligné la procureure, qui avait demandé une comparution immédiate en raison des deux interpellations à quatre jours d'intervalle.

 

Il voulait juste faire la monnaie

Le 9 septembre, la BAC, stationnée rue des Blanchettes, observent vers 14h25 deux individus devant le centre social Mosaïc qui échangent un billet de 10 euros contre un sachet avec un contenant blanc. Croyant avoir été témoins d’un trafic de stupéfiants, ils procèdent à l'arrestations des deux.

Lors des interrogatoires, les deux nient les fait : le soit disant acheteur ne veut dénoncer personne – le code d'honneur l'oblige ; le soit disant vendeur indique qu'il avait juste rendu service en échangeant de la monnaie… « ça arrive souvent que des gens veulent faire de la monnaie dans le quartier. » Les policiers ne parviendront pas à aller plus loin dans leurs interrogatoires, mais le jeune vendeur se voit convoqué au tribunal en décembre, les forces de l'ordre ayant trouvé dans ses poches 230 euros et des stupéfiants, en doses faibles, certes, mais quand même.

 

Retrouvailles fortuites...

On aurait pu penser que cela était un avertissement suffisant pour se tenir à carreaux, mais ce jeune trafiquant ne parvient visiblement pas à résister au pouvoir de séduction de l'argent facile. Quatre jours plus tard, c'est tout simplement un malheureux hasard qui mène les forces de l'ordre à nouveau sur sa trace. Alerté du fait qu'une personne démarchait en faux agent EDF des personnes vulnérables, les policiers se rendent le 13 septembre vers 14h30 dans un immeuble boulevard Eduard Herriot et… se retrouvent face à face avec notre jeune homme, qui, pensant que la police est venue pour lui, prend la fuite !

On trouvera sur lui de nouveau de l'argent, 240 euros, et des pochons de cannabis, de résine de cannabis et de cocaïne, au total 14,7g prêt à la vente.

Dans son slip, on trouvera également les clés d'une voiture qui ne sera retrouvée que le lendemain. Mais quand le policiers arrivent, le ménage est déjà fait. Quelqu'un a brisé la vitre avec une pierre et vidé le vide-poche, seuls 14,5 g de stupéfiants en petites pochettes sont éparpillés sur le plancher.

Devant le juge, le prévenu finit par avouer avoir brisé la vitre pour récupérer 10g de drogue ainsi qu'une balance.

 

Le véhicule mène sur les traces d'un dealer connu

Puisque Y.S. n'est pas le propriétaire du véhicule, il déclare avoir trouvé les clés sur le contact du véhicule, immobilisée depuis plusieurs semaines dans le quartier, pour l'utiliser comme lieu de stockage. L'enquête révèle que le propriétaire est un individu bien connu des services de police pour trafic de stupéfiants. Pour autant, aucune preuve ne permet de faire le rapprochement entre les deux individus.

Devant le juge, le prévenu déclare vendre depuis trois semaines du cannabis ainsi que la résine de cannabis pour financer sa propre consommation. En tant qu'intermédiaire, il aurait été chargé de remettre l'argent et la cocaïne à un tiers.


Il est encore temps de se reprendre

La procureure et le juge ont des mots très claires pour le prévenu : « La drogue, c'est le business de l'argent facile mais pourri parce qu'il se fait sur la santé des autres. Le trafic aujourd'hui est dramatique car les bénéfices sont tellement élevés pour tellement peu de travail. Combien d'heures travaille votre père selon vous pour gagner 240 euros ? » interpelle la procureure. « Un jour, tout ce monde va s'effondrer. C'est une illusion, le voyage se terminera forcément en prison ! »

Actuellement sans emploi et hébergé chez ses parents, Y.S. aurait dû partir à Dijon mercredi prochain pour entamer une formation dans l'informatique. Mais la procureure requiert la prison : « Un projet de formation ne me suffit pas, je pense qu'il lui faut une peine de prison pour qu'il comprenne la gravité de faits » lance-t-elle.

Son avocate tente de relativiser les faits en insistant sur l'immaturité de son client, qui « n'a pas mesuré en quoi il s'est engagé ». « La personne devant vous est un gamin à bout, prêt à s’effondrer. Il a peur des personnes placées au-dessus de lui et, quelque part, il est content que tout cela s'arrête ici. »


Le juge décide de donner « une dernière chance » au prévenu avec une peine de 8 mois entièrement assortie d'un sursis, et une mise à l'épreuve de deux ans, avec obligations de soins, suivi d’une formation, obligation de chercher du travail et participation à un stage de sensibilisation aux produits stupéfiants, à ses frais.

Parions que ce dernier avertissement soit une chance pour trouver dans le droit chemin.

Delphine NOELKE

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