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Leçon de vie plus que de cinéma… c’est ce qui frappait ce samedi matin lors de la visite de Claude Lelouch à Mâcon, à l’occasion du festival Effervescence. Le témoignage d’un monstre sacré du cinéma français.

Les phrases s’enchaînent chez ce grand monsieur du cinéma français, et glissent dans nos oreilles une fantastique leçon de vie : « la monnaie principale des hommes et des femmes, ce n’est pas l’argent, c’est la souffrance. » Une manière de voir qui dénote, qui fait mouche : « Les survivants de ce monde profitent bien plus de la vie que les autres. » Ces mots sortent de sa bouche sans aucune prétention, mais avec quelle force ! La force de l’expérience rare, celle du cinéaste qui s'en est remis au hasard, et qui se décrit comme un amateur, en opposition aux professionnels d’Hollywood.

C’est en répondant à une question d’un cinéphile que Claude Lelouch a évoqué cette expérience qu’il n’aura jamais eu avec Hollywood. « J’ai été sollicité oui, après le succès d’Un homme et une femme. Mais ils font du cinéma comme je n’en fais pas. Il fallait telle durée de plan sur Brando, telle durée de plan sur une autre vedette etc. Non, j’ai vite compris que ce n'était pas mon monde, que ce sont de véritables professionnels alors que je ne suis qu’un amateur. Fier de l’être resté bien sûr. Je tiens plus que tout à ma liberté. »

 

La force des survivants est là : dans la liberté de dire non et de faire les choses comme on a envie de les faire, quand bien même la richesse pécunière ne soit pas au rendez-vous. « Un Homme et une femme ne m'a pas coûté d'argent, ce fut un succès, alors que d'autres films m'ont coûté cher et ont fait des flops. » 

Quel survivant est donc Claude Lelouch ?... Le récit rapide du début de sa vie et de sa carrière a répondu : « Quand j’étais petit, ma mère a vite vu qu’il n’y avait que dans les salles de cinéma que je me tenais tranquille. On était sous l’occupation… C’est en effet avec ces gens-là que je voulais être pour, plus tard, raconter des histoires, parler à un maximum de gens. Mon père m’a offert une caméra et j’ai fait mon premier film Le Propre de l’homme. Ce fut un échec, qui tua mon père, défait par l’insuccès de son fils. Il mourut d’une crise cardiaque peu de temps après. A cette époque, j’ai vécu moi aussi une immense souffrance, pensant à la mort. J’avais perdu mon père et beaucoup d’argent. C’est pour cela que je vous dit ça. Le propre de l’homme n’est pas le rire mais la souffrance. Passer près de la mort vous apprend à profiter de chaque instant. C’est ce que je n’ai cessé de faire ensuite. Le cinéma m’a tout donné. Il a donné un sens à ma vie et à ma curiosité. Si mon premier film m’a tué, le cinéma m’a sauvé la vie. J'aime à dire qu'aujourd'hui, ça fait 60 ans que je suis en vacances. »

 

Claude Lelouch a également évoqué son école de Beaune, « une école fondé sur un principe, celui de l’irrationnel, celui de la pratique, du tournage. » Comprenez-là que la plupart des écoles, estime-t-il, son basées sur le rationnel, tout comme le cinéma holywoodien. « Mon premier collaborateur, c’est le hasard. J’ai toujours fait les choses comme si j’étais immortel, pour ne pas me laisser embarquer par le rationnel. Le hasard m’a emmené là ou mon intelligence n’aurait pas eu le courage de m’emmener. Forcément, c’est un projet autofinancé, car avec un esprit comme celui-ci, vous ne trouvez pas beaucoup d’institutions ni grand monde pour aider financièrement. On a fait quand même. Et j’en suis assez fier, car nos treize premiers jeunes ont tous trouvé du travail. »

Fous de cinéma, si vous voulez apprendre le cinéma de Lelouch, c’est à l’école de Beaune qu’il faut s’inscrire. Mais attention, il n’y a que 13 places par an. La sélection se fait sur présentation d’un film réalisé par le candidat. Vous pouvez vous servir de vos smartphones : « On est tous cinéastes aujourd’hui avec les téléphones. Nos yeux sont les plus belles caméras du monde, nos oreilles les meilleurs micros » a dit le grand maître. La différence est dans la façon de voir, d’entendre et de monter.

Rodolphe BRETIN

 

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Un cadeau de Marc Combier, président d'Effervescence :

les fiches de Monsieur cinéma, faites à Mâcon

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Déjeuner au restaurant Chez Pierre à Mâcon, en compagnie de Pierre Bonte

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