samedi 24 août 2019
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Un jeune mâconnais a dû répondre de ses actes de violence sur sa compagne devant le tribunal de grande instance de Mâcon ce mardi, dans le cadre d'une comparution immédiate.

Ce jeune homme de 25 ans n'est pas inconnu de la Justice. Son casier porte six mentions depuis 2012, entre autres pour violences envers sa compagne précédente, qui lui avaient valu une peine de prison datée de fin 2016.

 

C'est maintenant au tour de sa concubine actuelle de porter plainte, pour des violences subies dimanche dernier à leur domicile, à Saint Albain. La jeune femme évoque aussi d'autres violences subies depuis le début de leur relation en janvier 2017, à peine un mois après la sortie de prison du prévenu. « Elle aime bien les coups, sinon je ne comprends pas pourquoi elle serait restée » aurait-il déclaré lors de son interpellation.

 

Ce dimanche, dispute et nouvel épisode de violence. Le couple, qui s'est séparé et remis ensemble à plusieurs reprises, avait décidé de mettre de nouveau un terme à leur relation.

La jeune femme hébergeant son compagnon lui demande de faire ses cartons et de quitter son domicile. Quand celui refuse, elle prend l'initiative de ranger certaines de ses affaires dans des cartons. Le ton monte d'un cran, puis le prévenu la plaque contre le mur et l'étrangle. Quand la jeune femme veut appeler les secours, il l'a prive de son téléphone avant de s'énerver encore un peu plus parce qu'elle n'avait pas... « lavé son short de travail ».

La jeune femme fait donc semblant de vouloir mettre le short dans la machine à laver qui se trouve dans la cave pour pouvoir s'enfuir, mais son compagnon la rattrape dans la cage d'escalier. Enfin, elle arrive à s'enfuir chez son voisin qui appelle les gendarmes, qui eux vont constater des rougeurs au niveau du coup ainsi que plusieurs hématomes.

 

 

La jeune femme, présente ce mardi, épaulée par une représentante d'une association de soutien pour les femmes ayant subies des violences, montre une forte réaction quand la juge retrace les événements du 22 juillet. Elle tremble, les larmes aux yeux.

 

Si son ex-conjoint a avoué en partie son comportement violent, il nie l'avoir étranglé, en évoquant que celle qui était « la femme de sa vie il y a encore trois mois » se serait elle-même étranglée en raison de tendances suicidaires. « Elle n'est pas bien dans sa tête » déclare-t-il devant la juge. Puis cet homme, qui aurait rabaissé sa copine plus d'une fois en la qualifiant de « personne faible », « dépressive » et « fragile », affirme qu' « elle abuse un peu » dans sa description des faits, « tout n'est pas vrai » se défend-il.

 

Pourtant, le certificat médical cite bien plusieurs hématomes et une ecchymose cervicale ainsi qu'un syndrome post-traumatique et des angoisses. De plus, une voisine a témoigné avoir entendu régulièrement des cris ainsi que des claques dans l'appartement du couple. La mère de la victime évoque même un incident datant de plusieurs mois lors duquel le prévenu aurait trainé sa copine par terre en scooter pendant plusieurs mètres.

 

L'évocation de ces faits choquants ne semblent pas perturber le notre homme, visiblement incapable de voir le mal que son comportement a pu causer autour de lui. Se positionnant en tant que victime pendant toute la durée du procès, il évoque une enfance difficile avec un père qui lui aussi aurait violenté sa mère. « La transmission intergénérationnelle n'est pas une excuse » fustige la procureure, qui qualifie le « discours ambivalent » du prévenu comme « terriblement choquant ».

 

« Mais pourquoi ne vous êtes-vous pas fait soigner ? » interpelle la juge, puisque le prévenu semble conscient du fait que reproduire le comportement de son père est du moins problématique si ce n'est carrément toxique. « Parce que je n'étais pas obligé » répond celui-ci, ce qui laisse la juge stupéfaite. « Mais quel âge avez-vous?! » rétorque-t-elle.

 

« Je ne veux pas retourner en prison, je veux des soins » la supplie le prévenu. « Vous dîtes que vous avez besoin de soins mais vous n'avez rien fait depuis trois ans. De plus, vous n'avez jamais répondu présent aux rendez-vous avec le SPIP (Service pénitentiaire d'insertion et de probation, ndlr) lors d'un aménagement de peine 

— Cette fois-ci, je ferai attention promet-il. »

 

Une promesse peu convaincante aux yeux du tribunal, qui va tout de même tenir compte de la demande de son avocate d'inclure des obligations de soins et un sursis dans la peine.

L'homme est finalement condamné à 10 mois de prison avec 5 mois de sursis et 2 ans de mise à l'épreuve, avec obligation de soins, de travailler et une interdiction formelle de rentrer en contact avec la victime, que ce soit par voie directe ou indirecte, ainsi qu'une interdiction de se rendre au domicile ou au lieu de travail de la victime. Il est également condamné à lui verser 600 € pour le préjudice subi.

 

Delphine Noelke

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