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La Scène Nationale de Mâcon a accueilli en résidence et assure la coproduction d’une création théâtrale signée par les compagnies « Théâtre en Seine »et « L’Oreille interne » qui aura sa première ce jeudi à 20h30.

Le titre de cette pièce, « Les Vivants lézards (Crabe à raie) » est une forme drôle de transcription  (Ndlr : « Les arts vivants (cabaret) ») et exprime bien la manière d’aborder le sujet par ses créateurs, Sophie Renauld (metteuse en scène, auteure et comédienne) et Eric Ferrand (compositeur, metteur en scène et comédien).

« C’est l’histoire de quatre personnages qui racontent l’histoire du spectacle vivant. L’écriture des personnages s’inspire beaucoup de nous même s’il ne s’agit pas vraiment de nous » explique Eric Ferrand.

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L’argument narratif de départ de notre projet est l’histoire du spectacle sans vouloir la raconter de manière très rigoureuse. Nous avons fait nos choix en laissant de côté des choses importantes de cette histoire, en abordant les moments qui nous offraient le plus d’espace de jeu.

« Il y a plusieurs niveaux de lecture : celui où on évoque les époques, ensuite l’histoire des quatre gens qui fabriquent ce spectacle et le niveau de leurs interactions avec le public. Ensuite, parce qu’il y a un apport musical important, nous sommes dits qu’on peut appeler ça cabaret, même s’il n’y a pas de plumes ni de paillettes. Il y a aussi le côté un peu impertinent comme dans le cabaret. On imagine dans notre spectacle un grand ministère qui propose de l’aide financière pour encourager l’émergence et nous, on embauche des jeunes pour bénéficier de ces aides, tout en évitant de faire de la politique dans nos projets. Ce sont ce type de petites impertinences qui font penser au cabaret » précise Eric Ferrand.

Ces « impertinences » ont une origine dans le présent, avoue Sophie Renauld.

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Le spectacle vivant c’est un peu dur pour des compagnies indépendantes comme les nôtres et l’âge augmente les difficultés. Les projets sont plus difficiles à monter, nous avons plus de mal à trouver des financements par des partenaires. Nous avons réuni nos forces autour de ce projet pour exorciser et réagir à cette situation. Nous avons choisi de dire les choses comme on les ressent. Plus globalement dans la société, il y a une tendance d’évacuer un peu les vieux pour favoriser l’émergence des jeunes. Notre spectacle y est une réaction joyeuse. 

Le côté esthétique a également de l’importance dans cette création. « Ce qui fait le lien entre toutes les époques, c’est l’impulsion créatrice de l’homme. Nous réinventons les gestes artistiques qui auraient pu avoir lieu à telle ou telle époque. Nous sommes le fil rouge. Nos personnages sont des archétypes d’artistes » déclare Sophie Renauld qui tient quand même à rassurer : « il ne faut pas avoir le Bac pour voir le spectacle. C’est très visuel, il n’y a pas beaucoup de mots. Il y a des citations, quelques extraits de grands textes que les spectateurs pourront lire comme des grands textes ou non. Cela dépendra de leur bagage de connaissances. Même des enfants trouveront, quand même, des références familières. »

Eric Ferrand et Sophie Renauld jouent sur scène à côté de Nicolas Hanny et Hélène Poulain. Le comédien Bernard Cupillard a été coopté dans l’équipe pour assurer l’œil extérieur de la production. Une équipe polyvalente pour des raisons pratiques et artistiques : Hélène est comédienne et assure aussi la régie des lumières pendant le spectacle. Eric joue et assure la régie du son. Nicolas est à la fois comédien et réalisateur des installations du décor. Sophie joue et chante.

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« Nous voulions que tout se fasse à vue pour montrer les quatre professions du spectacle vivant : comédien, musicien, régisseur son et régisseur lumières » expliquent les auteurs du spectacle.

La première de « Les Vivants lézards (Crabe à raie) » est le couronnement d’un projet artistique particulier, comme l'a déclaré Leïla Tiverné, chargée de communication : « Ce n’est pas tous les jours que la Scène Nationale de Mâcon accueille pendant une période si longue en résidence des compagnies (Ndlr : trois semaines pour la phase finale de production). Un spectacle dont la Scène Nationale de Mâcon est coproducteur. Donc, c’est un vrai soutien à la création artistique. »

 

Cristian Todea

 



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