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Antoine Blossier, réalisateur du film, était à Mâcon aujourd'hui pour l'avant-première de son film.

Il est venu rencontrer le public et la presse pour parler de sa création : "Je voulais faire un film patrimonial avec des enfants. C'est ma femme qui m'a engagé à lire le livre d'Hector Malot "sans famille" que je n'avais pas lu. J'en connaissais l'histoire ayant vu les dessins animés."

"Le livre est très misérabiliste", dit-il, "mais j'ai voulu en faire un conte moderne, en gardant les péripéties de l'histoire, et en la racontant avec les codes actuels des jeunes. J'ai tenu à garder Vitalis (joué dans le film par Daniel Auteuil) jusqu'au bout (alors que dans le livre, il meurt assez tôt) pour souligner le rapport entre l'enfant et le père de substitution.

Je voulais faire un vrai film esthétique au delà de l'histoire, je tenais à le faire en France, je voulais faire un Disney de la première heure, un conte de fées" ajoute-t-il en rendant hommage au pôle artistique qui a travaillé sur le film.

"J'ai voulu retrouver la naïveté de l'enfant et sa possibilité de s'émerveiller. Pour ceci, on voit à travers les yeux de l'enfant de 10 ans, la caméra est au niveau de son regard. On a fait un gros travail de recherche visuelle."

Pour aller à l'encontre des films américains, Antoine Blossier veut attirer les enfants vers notre culture, notre patrimoine. Le scénario a été travaillé, adapté pour vulgariser les dialogues, raconter une histoire où l'on retrouve les personnages jusqu'au bout du film.

"Daniel Auteuil m'a répondu "oui" tout de suite, et il a fallu faire ce film avec un monstre sacré et un enfant qui n'avait jamais joué... C'était une évidence pour moi de confier le rôle de Vitalis à Daniel Auteuil : il en a l'extravagance et le côté plus sombre, plus profond. Il devenait le personnage au fur et à mesure du tournage, il m'a apporté beaucoup."

C'est un film qui fait réfléchir : la misère, les relations intergénérationnelles, les valeurs des classes sociales, les remords. Le film a été projeté à des enfants à partir de 7 ans et ce ne sont pas les scènes effrayantes (notamment avec les loups) qui les impressionnent dit Antoine Blossier. Par contre, c'est la compréhension de l'histoire qui est plus difficile pour les plus jeunes.

Un très beau film à voir en famille, à partir du 12 décembre.

Danièle Vadot