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« Mon papa, 63 ans, a été hospitalisé le 5 mars pour une rééducation respiratoire afin d'être opéré avec le moins de risque possible, car il est atteint d'une BPCO (incapacité respiratoire). Il est sous oxygène 24h/24h.

L'opération était programmée pour le vendredi 13 mars, mais la veille de l'opération, il a commencé à avoir de la fièvre.  Les soignants l'ont alors isolé en chambre, seul, et lui ont fait les tests. À 21h15, la bombe tombe : mon papa a contracté le coronavirus. Le choc sachant que le coronavirus engendre des problèmes respiratoires sur les personnes faibles, malades... mon papa étant atteint de  graves soucis pulmonaire, nous avons, ma famille et moi, tout de suite pensé au pire, qu'il ne s'en sortirait pas.

Il a été transféré au service dédié aux personnes atteintes du coronavirus immédiatement. Au début, la fièvre n'était pas trop élevée... 38.5... 38.7... puis 39 et 40 le mardi 16 mars à j+5 du coronavirus, avec une saturation en oxygène à 86... 89.

Ce jour-là, mon papa au téléphone le matin me dit de demander à mon entourage de ne pas lui téléphoner car il est fatigué et veut se reposer. J'ai paniqué, pensant au pire, qu'il n'allait pas s'en sortir. De plus, ce fameux 16 mars était aussi les 12 ans du décès de ma maman.

1h après mon papa me téléphone et me dit que le médecin est passé le voir en chambre lui annoncer qu'il pouvait rentrer chez lui demain, donc le 17 mars.

De colère, je téléphone à une infirmière pour lui demander des explications, qu'elle n'a pu me donner. Agacée, j'ai fait comprendre qu'il était inadmissible de faire sortir une personne à j+5 du coronavirus, en plus atteinte d'une BPCO. J'ai aussi expliqué que mon papa vivait seul qu'il allait être très difficile pour mon frère et moi de nous occuper de lui comme il se doit, car nous sommes confinés chez nous avec nos enfants.

Le lendemain, le médecin est passé de nouveau dans la chambre de mon papa en lui annonçant qu'il restait 48h de plus car je n'étais pas d'accord avec le fait qu'il sorte si précocement. Il avait demandé l'avis d'un de ses confrères qui lui avait recommandé aussi de garder mon  papa à l'hôpital. Fort heureusement, car la nuit suivante, il était toujours à 40 de température avec une saturation en oxygène de 86. L'état de mon papa a beaucoup varié pendant cette période.

Nous sommes 48h plus tard, le jeudi 18 mars, il est rentré chez lui encore contagieux pendant au moins 1 semaine.

Il est miraculé de cette saloperie car ce n'était pas gagné d'avance compte tenu de ses gros problèmes pulmonaires. Le chemin n'est pas terminé mais je crois en lui, et je souhaite, malgré ce différent avec le médecin, dire un grand merci et donner tout mon respect et ma reconnaissance à l'équipe médicale qui l'a eu en charge. Ce sont de vrais héros. »

La situation reste diffcile à vivre pour Lucy, qui vit, comme tout le monde, en confinement avec son mari et ses deux enfants, 12 et 8 ans. Ils ne peuvent évidemment pas se voir.

Patrick, le papa convalescent, est donc rentré chez lui, à Laizé. Il bénéficie de la visite à domicile d'une infirmière et d'une aide soignante. Il a tenu également à exprimer sa reconnaissance envers le personnel soignant.

 

La photo d'illustration (nice-matin) ne montre pas Lucy et son papa, qui n'ont pas souhaité apparaître.