Il y a de multiples textes qui apparaissent sur le Net, pour expliquer ce qui s’est passé hier, où on en est aujourd’hui, et comment ce sera demain. Nous sommes bien entendu d’accord avec ceux qui disent que s’il faut chercher des explications, il faut analyser notre mode vie collectif et individuel et que s’il faut trouver des responsables, il faut interroger les puissants de ce monde.

Mais ce n’est pas du ressort de l’association Femmes Solidaires de Macon (FSM) de remplacer les spécialistes qui sont à l’œuvre actuellement pour essayer de comprendre la situation afin de construire, nous l’espérons, un meilleur avenir. Son objectif est de défendre les valeurs fondamentales de laïcité, de mixité, d’égalité pour les droits des femmes, de paix et de liberté. Et pour ce faire nous nous devons de rester vigilantes, même dans un contexte de pandémie et de confinement. Peut-être encore plus dans un tel environnement.

C’est pourquoi, dans cet article, nous reprenons le message d’alerte des professionnels de santé intervenant dans le domaine de l’IVG. Si les interruptions volontaires de grossesse ont été maintenues dans les hôpitaux, alors que d‘autres interventions ont été déprogrammées depuis la mi-mars, les professionnels s’inquiètent que les femmes aient reporté ou annulé leur rendez-vous, ou qu’elles n’appellent plus.

Ce n’est pas parce que l’on assiste à une baisse du nombre de grossesses non voulues, mais parce que les femmes ont peur de venir dans les centres d’IVG ou à l’hôpital où le virus circule, parce qu’elles ont peur d’être contrôlées par la police et d’expliquer le motif de leur sortie, parce qu’elles ont peur de ne pas pouvoir quitter le domicile familial ou conjugal sans subir les interrogations de leurs proches, voire les violences de leurs époux ou copains (à cet égard, on assiste déjà à une hausse de 30% des appels à la police pour violences conjugales depuis le début du confinement !).

Et il ne faut pas que certains réactionnaires en France qui sont contre l’interruption volontaires de grossesse se félicitent : ces femmes et ces filles qui ne viennent pas maintenant pour pratiquer une IVG viendront plus tard, et ce sera peut-être trop tard (au-delà du délai légal de 12 semaines de grossesse). Et il ne faut pas oublier celles qui tenteront de la faire seules, sans intervention médicale…

Depuis quelques jours, la Haute autorité de santé a donné son accord pour que les femmes puissent pratiquer un IVG médicamenteux jusqu’à 9 semaines (et non 5 comme c’était le cas jusqu’à présent). C’est bien mais ce n’est pas suffisant.

Les adhérentes de l’association FSM rejoint donc les professionnels de santé qui souhaitent changer la loi française pour rendre possible l’IVG jusqu’à 14 semaines de grossesse et pour pouvoir avorter le jour même de la demande d’IVG. Il faut aussi lever tous les obstacles qui entravent un droit fondamental des femmes, à savoir celui de disposer de leur corps. 

“De cette crise sanitaire et sociale doit sortir un progrès majeur pour le droit à l’avortement”. Pour soutenir le manifeste à signer en ligne : www.ivg-covid.fr.

Femmes Solidaires Mâcon