lundi 6 juillet 2020
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Le Président du conseil départemental de Saône-et-Loire s'exprime dans une tribune à l'occasion du Ségur de la Santé.

 

Président du Conseil Départemental de Saône-et-Loire, André Accary est reconnu, parmi les élus locaux, pour avoir une expertise sur la santé, notamment avec la réussite du centre départemental de santé de Saône-et-Loire, avec ses médecins salariés. André Accary a été invité par Le Figaro à s'exprimer dans une tribune. Il a pris sa plume. Il dresse un constat et formule des propositions, dont la plus détonante est la suppression des Agences Régionale de Santé. Il rappelle aussi qu'il milite pour que soit confiée, aux départements, la gestion unique et entière des EHPAD.

« Ce lundi 25 mai s’est ouvert le fameux «Ségur de la Santé» qui doit permettre d’améliorer le statut et la rémunération des personnels soignants. Une ambition légitime et méritée au regard de l’investissement admirable de ces personnels au service de nos concitoyens depuis tant d’années, la crise du Covid-19 l’ayant encore démontrée. Un vaste plan hôpital est également annoncé, qui est censé améliorer les infrastructures et les conditions de travail dans les établissements hospitaliers. Un projet indispensable et justifié, la vétusté de certains équipements n’étant pas digne d’un pays comme le nôtre.

Pour autant, dans le vaste chantier de réorganisation de notre système de santé qui s’annonce, le seul aspect budgétaire, s’il est utile et nécessaire, ne suffira pas. Si l’on veut redonner de la cohérence à notre politique de santé, il faudra aussi s’atteler à son organisation et ne pas oublier la santé de proximité.

 
Il faut parfois parcourir plus de 50 km pour bénéficier d’une consultation


Se pose tout d’abord la question de l’accès aux soins dans nos territoires, et plus particulièrement le besoin impérieux de médecins généralistes, mais aussi d’infirmiers libéraux et autres professions paramédicales, également en première ligne durant cette crise sanitaire. N’oublions pas que lors du grand débat national post Gilets jaunes, c’est bien la question de la désertification médicale qui est arrivée en tête des préoccupations majeures de nos concitoyens. Avant la crise sanitaire, il ne se passait plus une semaine sans qu’ils interpellent leurs élus partout en France, notamment sur l’absence de médecins généralistes, ou sur leur impossibilité de prendre rendez-vous dans des délais raisonnables, avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer en matière de continuité de soins.

Dans les territoires ruraux, où les difficultés de mobilité sont nombreuses, cette question est d’autant plus prégnante qu’il faut parfois parcourir plus de 50 km pour bénéficier d’une consultation. Cette situation n’a évidemment pas disparu avec la crise sanitaire et risque même de s’accentuer.

De nombreuses initiatives ont été prises ces derniers mois dans le cadre de «Ma Santé 2022», avec par exemple la suppression du Numerus Clausus. Mais elles ne porteront leurs fruits qu’à long terme. Les collectivités locales se sont aussi organisées, chacune dans leur coin. En Saône-et-Loire par exemple, le Conseil départemental que je préside a pris ses responsabilités en 2018 en créant, hors compétences, le premier Centre de santé départemental de France. En deux ans, ce dispositif a permis de recruter 55 médecins généralistes salariés, d’ouvrir 5 centres de santé territoriaux, de déployer 19 antennes en milieu rural et à 15 000 Saône-et-Loiriens de retrouver un médecin traitant.

La médecine de ville est un pilier incontournable du système de santé


Pour autant, nous sentons bien dans nos territoires qu’il faut aller encore plus loin, et de manière mieux coordonnée. La médecine de ville est un pilier incontournable du système de santé. L’absence de médecins généralistes a des conséquences évidentes dans nos villes et nos villages: une situation tendue de nos services d’urgences, une augmentation d’activités de nos pompiers et plus généralement un sentiment d’abandon vécu par les concitoyens. Il est donc indispensable que les débats qui s’ouvrent tiennent aussi compte de cette problématique.

La question du salariat, en complément de l’exercice de la médecine libérale, ne doit plus être un sujet tabou. Il est nécessaire que le développement de la télémédecine soit amplifié. La permanence des soins ambulatoires par les médecins généralistes doit être facilitée pour désengorger nos hôpitaux.

La construction de partenariats locaux de santé entre le secteur libéral, les établissements hospitaliers et les collectivités locales, est à encourager, ce qui permettra de favoriser la création de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les actions de prévention et d’envisager des solutions innovantes de proximité, adaptées au terrain.

Supprimons les Agences Régionales de Santé


Cette exigence de proximité est aussi primordiale pour l’organisation du système de santé dans nos territoires. Aujourd’hui, ce sont les Agences Régionales de Santé (ARS) qui assurent notamment la gestion de l’offre de soins et la protection sanitaire de la population dans nos régions et nos départements. Les nombreuses carences de ces agences étaient déjà dénoncées bien avant la crise. Mais cette dernière a été un révélateur des dysfonctionnements actuels. Pénurie de masques, absences de tests, manque d’information, de coordination et d’anticipation ont malheureusement été un lot quotidien que nos collectivités ont souvent dû pallier.

Il ne s’agit nullement de remettre en cause ici les personnes et leurs bonnes volontés à la tête des ARS, mais de pointer les lourdeurs d’un système sans doute aujourd’hui à bout de souffle. Cela s’est révélé particulièrement criant pour nos établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), où la situation était déjà bien fragile. Dans ces établissements de proximité, les défis à venir sont immenses. L’augmentation de la dépendance, l’insuffisance de moyens et la problématique de tarification qui angoisse chaque famille étaient déjà là bien avant la crise. Et il est à craindre que le choc du Covid-19 vienne durablement impacter ces établissements.

Confions aux Départements la gestion unique et entière des Ehpad


Le gouvernement vient d’annoncer la possible création d’une cinquième branche de la sécurité sociale pour financer la dépendance. C’est une bonne nouvelle car il est évident que l’aspect budgétaire est une condition sine qua non du problème. Mais là encore, cela ne suffira pas. L’hébergement médicalisé des personnes âgées dépendantes relève d’une compétence partagée entre les Agences Régionales de Santé et les Départements. Cette dualité est source de lenteurs et nuit la cohérence des prises de décision.

C’est la raison pour laquelle il faut, de mon point de vue, en revenir à plus de simplicité et de proximité. Pour ma part, je milite pour la suppression des ARS, échelon qui n’a pas démontré sa valeur ajoutée depuis leur création il y a dix ans, et qui est aujourd’hui défaillant dans sa mission visant à préparer la santé de demain.

Redonnons aux Préfets de Régions et de Départements la compétence de l’organisation de l’offre de soins dans les territoires. Et confions aux Départements la gestion unique et entière des Ehpad. Nous y gagnerons en lisibilité, en complémentarité et en efficacité, pour un meilleur service rendu à nos populations.

Dans son allocution du 13 avril dernier, le Président de la République appelait chacune et chacun d’entre nous à se réinventer. Nous serons au rendez-vous, avec pragmatisme. En matière de santé, l’aspect budgétaire sera incontournable. Mais cela ne doit pas occulter l’indispensable adaptation de notre système de santé pour qu’il réponde au plus près aux attentes de nos concitoyens. Oublier la santé de proximité, ce serait passer à côté du sujet.

André Accary
Président du conseil départemental de Saône-et-Loire

 

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