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Député du Lot et Garonne, il a été mandaté par le Premier ministre et le président de la République pour conduire une mission parlementaire sur le malêtre des agriculteurs. Il était ce jeudi à la ferme de Jalogny, à la demande du député Benjamin Dirx, pour participer à un observatoire de la santé des dirigeants agricoles de Saône et Loire.

 

Une visite en présence, du préfet Jérôme Gutton, du député européen Jérémy Decerle, du député Benjamin Dirx, du  président de la chambre d'agriculture Bernard Lacour, d'élus, d'agriculteurs et en visio-conférence avec le professeur Torrès de l'université de Montpellier. 

Une première journée de travail qui s'est poursuivie l'après-midi par une réunion avec les représentant des coopératives agricoles du département.

« Je peux difficilement commenter une mission parlementaire. C'est une bonne chose que le parlement puisse travailler sur cette problématique et mesurer la qualité exceptionnelle du travail accompli notamment autour de la Chambre d'Agriculture avec l'appui des services de l'état et tout une série d'acteurs. C'est un travail exceptionnel qu'il faut continuer » a déclaré Jérôme Gutton.

« La mission m'a été confiée en février dernier et se terminera le mois prochain. J'aisouhaité venir en  Saône et Loire sur les conseils de Benjamin Dirx, qui m'a signalé des drames dont j'avais déjà eu écho. L'objectif de ma visite est de tâcher de comprendre ce qui s'est passé et les mesures prises par la chambre d'agriculture pour mettre fin à cette série dramatique.

Le département de Saône et Loire est pilote. Ce matin, j'ai déjà appris beaucoup de choses intéressantes, le mentorat, les mesures prises par l'Association Agrisolidarité. C'est important mais je ne suis pas encore au moment de l'analyse. On recueille toutes les informations. Nous avons fait une quarantaine de visio-conférences depuis février. La mission étant tombée en plein covid, nous n'avons pu nous rendre sur le terrain. La visite aujourd'hui va rester un moment phare de la mission centrée sur le mal être et le suicide agricoles. »

« Tout le monde ne va pas jusqu'au suicide, heureusement. Pour autant, il est important d'en comprendre les causes du suicide. Je remercie Olivier d'être venu et la Chambre d'avoir organisé la journée de cette manière. On a vu tout à l'heure avec le professeur,une des problématiques. C'est que beaucoup étaient dans un entreprenariat subi, en ne se considéraient pas forcément comme des chefs d'entreprise. Il y a peut-être des choses à voir de ce côté-là. J'ai vu une chambre très à l'écoute, au courant de cela et qui fait beaucoup. Les soucis de sommeil doivent aussi être pris en compte.

Quoi qu'il en soit, il y a beaucoup à faire et l'Assemblée nationale est mobilisée, le gouvernement aussi est au fait de ces problématiques. Il nous faut pouvoir donner un nouvel horizon aux agriculteurs, on l'a vu avec les retraites. On donne de l'espoir aux agriculteurs. Si on peut aller plus loin, on le fera. » 

« Sur le département, on est en avance. L'importance de la mission c'est aussi d'avoir relever ce qui a été fait au niveau de la Saône et Loire pour le dupliquer dans d'autres départements. On peut être plus qu'une terre expérimentale, une terre productrice de bonnes idées », a souligné Benjamin Dirx. 

Jérémy Decerle s'est dit : « C'est important de travailler sur ce sujet grave. Nous devons réussir à mettre en place des politiques un peu plus pragmatiques autour de l'environnement et de l'écologie, nous devons aussi garder des paysans sereins, leur redonner le moral. Ils ont besoin de revenus mais aussi qu'on croit davantage en eux. Profitons de moments importants comme celui là pour remettre l'église au milieu du village pour l'agriculture française. »    

« En Saône et Loire, nous aidons à l'installation des jeunes agriculteurs, mais il est aussi important qu'on ait une politique d'accompagnement. Aujourd'hui, les relationsentre l'agriculture et la société ont évolué parce qu'avoir des produits en quantité et en qualité dans son assiette est devenue une banalité presque déconcertante. Tout cela impose que nous, organisations professionnelles, soyons en capacité d'avoir des approches différentes en terme de communication, de relations et d'accompagnement. Nous n'aurions pas imaginé le mentorat il y a quelques décennies. L'agriculture a cette spécificité d'avoir vécu dans une forme d'autonomie. Aujourd'hui, l'heure est plutôt au décloisonnement. D'où un accompagnement en forme d'ouverture » a conclu Bernard Lacour.

Ce vendredi, Olivier Damaisin sera dans le Beaujolais à Romanèche pour rencontrer les viticulteurs. 

M.A.

 

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Photos M.A.

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