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lundi 20 mai 2019
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Le dit-on suffisamment ? Nombre d’audiences sont tristes, si tristes. Triste, la comparution immédiate de Pierre P., 62 ans, grand, dégingandé, le visage halé, les cheveux blancs et fins un peu longs, il ne manque pas d’allure.

Mais il tremble, en crise de manque alcoolique, mais ses traits sont tirés, il sort de garde à vue, mais il est triste : il n’a rien bu depuis deux jours, il a honte, et il craint de retourner en prison. Il demande un délai avant d’être jugé.
Appréhendé avant-hier au volant d’une voiturette avec 1.01 mg d’alcool par litre d’air expiré au second souffle, soit plus de 2 grammes alors que le taux légal maximum est de 0.5 grammes, Pierre P. se trouve en état de récidive légale : condamné en juin 2014 pour le même motif, il avait pris 4 mois de prison dont 3 avec sursis. Le Juge d’application des peines, averti de la récidive, a d’ores et déjà révoqué ces 3 mois : cette peine se rajoutera à la future condamnation.

Pierre P. était artisan, couvreur-zingueur à son compte, pendant 25 ans. Il a travaillé, il a même pu faire construire sa maison. En 99 il divorce, et il situe là le début de son alcoolisme alors qu’en réalité il a commencé avant. Il y a des dégâts, l’homme semble confiné dans un périmètre restreint et éteint, à l’exception de ses enfants, qu’il évoque souvent. Le périmètre est restreint en raison de sa dépendance, qui rythme les journées, sans conscience apparemment de l’incongruité de la chose. Le casse-croûte de 9 heures du matin, vestige de sa vie d’artisan sur les chantiers, sonne désormais l’ouverture de l’alcoolisation quotidienne, qui se poursuit dans des bars.

 

Echec de la mise à l'épreuve

« Boire dès 9 heures du matin, c’est pas terrible ? interroge le Président.
- Mais je fais le casse-croûte, toujours, répond Pierre, à côté de la plaque. »
Incarcéré en 2009, pour blessures involontaires et consommation excessive d’alcool, Pierre a un mauvais souvenir de la prison : « Pas bien, pas bien du tout. J’ai ce caractère pas méchant, et j’étais mal dans ma peau. »
Le Tribunal se saisit de l’occasion : « Est-ce que boire, ce n’est pas révélateur du mal-être ? Parce que, vous faites tout pour retourner en prison.
- Ben non.
- Ben si. »
En matière d’élaboration on en restera là, Pierre P. n’est pas en mesure de plus. Il est déjà en sursis mise à l’épreuve, comment ça se passe ?
« J’y vais une fois par mois, et le conseiller d’insertion fait un rapport.
- Certes, mais on ne vous demande pas juste d’y aller une fois par mois, on vous demande d’arrêter de boire. Pourquoi on vous demande d’arrêter ?
- Pour pas avoir d’ennui avec la justice, et aussi, les copains, les enfants, s’ils veulent que j’arrête, c’est pour mon bien. »
Il n’y est pas pour lui-même, il s’oublie, et il oublie « les autres », ce que le Tribunal lui rappelle : « On vous arrête au volant d’une voiturette, parce que votre permis a été annulé en 2006 parce que vous buvez, et vous brulez un feu rouge avec les gendarmes derrière vous ? Vous êtes dangereux pour les autres, aussi. »

 

Et le surendettement, en plus

Le Parquet va faire la synthèse de tout ce qui a été mis en œuvre « pour » Pierre, et qu’il a constamment mis en échec. Deux suivis mise à l’épreuve dont un en cours, aucun investissement dans l’obligation de soins, aucune prise de conscience de l’ampleur de son problème. Et, logiquement, la Procureur qu’il soit décerné un mandat de dépôt en attendant le jugement.

Pierre reprend la parole à la fin de l’audience, comme il en a le droit, pour dire qu’avec une petite somme dont il vient d’hériter, il veut se faire hospitaliser à Hauteville pour suivre une cure de sevrage. Il semble ne pas avoir entendu le Président qui demandait à la greffière de noter cet élément et de le transmettre au juge d’instance : Pierre a déposé un dossier de surendettement, et donc va peut-être pouvoir éponger une partie de ce qu’il doit. Pourquoi ce dossier de surendettement, au fait ? « Ben, c’est l’assistante sociale qui a insisté pour le faire. » Là aussi, absent de sa propre vie.

Le tribunal décerne un mandat de dépôt, Pierre P. part en prison en attendant d’être jugé dans 15 jours. Son sursis est révoqué quoi qu’il arrive, son petit héritage va être utilisé pour éponger tout ou partie de ses dettes, il est déjà très abîmé par la durée et l’intensité de son alcoolisme et la justice lui a déjà tendu plusieurs perches dont il ne s’est jamais saisi. On ne dit sans doute pas suffisamment à quel point ces audiences sont tristes.

Florence Saint-Arroman

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