samedi 24 août 2019
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Le moins que l'on puisse dire à l'issue de cette 1ere journée de procès, c'est que les avocats de la défense n'ont pas tardé à montrer les crocs... 

 

Après une longue lecture par la présidente Caroline Poudevin rappelant les circonstances de l'assassinat d'Anne-Sophie Girollet et les années qui ont suivi, le prévenu étant déclaré responsable de ses actes par les experts (pas de folie donc, simplement du... clivage fonctionnel, du border line), l'interrogatoire de la juge d'instruction a pu commencer, 1er acte de ce long procès.

 

Parties civiles, avocate de la famille (Béatrice Saggio) et avocate générale, procureure de la République de Mâcon (Karine Malara) ont été rudement secouées par des hommes déterminés à faire toute la lumière sur ce crime abominable, et par la même occasion, prouver l'innocence de leur client. Car pour eux il s'agit de cela : un homme qui clame son innocence depuis le début, et qui a déjà 4 ans de prison au compteur sur la foi de l'ADN retrouvé à plusieurs endroits dans le véhicule de la victime et sur ses vêtements, son slip en particulier ! Une preuve accablante ? Certainement pas pour la défense. D'ailleurs, à la lecture des faits, la présidente rappelait qu'il pouvait y avoir contamination des scellés. En d'autres termes, Jacky Martin aurait pu être monté dans la voiture de la victime bien avant les faits, et y laisser des traces d'ADN... en effet, il a été questionné sur un vol de voiture (celle de la victime) à St-Jean-Le-Priche avant le meurtre de la jeune femme.

Difficile à avaler pour le commun des mortels. Sauf que la contamination (en d'autres termes dissémination) se présente comme une hypothèse sérieuse de défense.

L'avocate générale a pourtant insisté avec cette question : « Avez-vous été en contact physique un jour avec la victime ? » Réponse de Jacky : « Non, jamais, je ne la connaissais pas. » Le procès repose sur l'ADN. L'argument tiendra-t-il ? C'est toute la question qui se faisait jour aujourd'hui.  

 

Dérapages contrôlés, et duel de robes

 

Maître Scrève aura exprimé plusieurs points de divergences et contesté même le bon respect de la procédure pénale par la présidente et l'avocate générale. « Vous parlez d'ordinateurs que Jacky aurait consultés pour s'informer de l'affaire, mais où sont les pièces ? Vous n'ignorez pas qu'un des principes fondamentaux de la Justice est la loyauté dans la recherche des preuves. Je veux simplement avoir la pièce sur laquelle on s'appuie. » lança-t-il d'une voix forte. Silence dans la salle... puis l'interrogatoire reprenait.

« Et j'apprends que l'avocat de Jacky Martin au début fut Maître Loisy, bâtonnière du barreau de Mâcon, et témoin dans ce dossier. » En effet, Mme Loisy était présente au gala de danse auquel venait de participer Anne-Sophie Girollet avant d'être tuée. « Elle ne fait pas partie des 52 témoins qui viendront s'exprimer à la barre » développait la présidente. Pour autant, l'avocat de la défense soulignera le doute moral qui subsiste quand un bâtonnier est témoin, présente au gala, devient avocate de Jacky Martin. Certes, voilà une belle affaire pour un bâtonnier, mais présente au gala...

Le téléphone portable a été aussi l'objet d'un questionnement insistant de la part de la défense. « La téléphonie ne prouve pas sa présence. Tous les téléphones ont été bornés. Celui de Jacky Martin n'apparaît pas. »

- Il ne l'avait pas sur lui. Et 7 ans après, les opérateurs ne pouvaient plus remonter la source des appels » répondra simplement Karine Malara.

- Mais savez-vous que les criminels du préfet Erignac ont été confondus avec les téléphones ? Ce sont des enquêteurs spécialistes qu'il fallait solliciter, pas les charlots qu'on a vus dans l'enquête. »

 

Une agression en 1993, évoquée, mais qui n'a pas fait l'objet de poursuites

 

Alors que les questions de l'avocate générale s'orientaient vers l'agression supposée d'une femme par Jacky Martin en 93, dans une rue qui mène à la gare, où cette femme se rendait, les avocats de la défense ont redoublé de détermination (ou d'agressivité, c'est selon) en insistant sur le fait que le procureur de l'époque, Jean-Louis Coste, n'avait alors pas ordonné de poursuites. « Et pourtant, il n'était vraiment pas connu pour être un tendre », lançait Jacky Martin du box des accusés. « Alors comme ça, vous posez des questions, Mme l'avocate générale, sur une supposée agression qui a été classée sans suite », attaquait Maître Nicolle. « Mais c'est un scandale que dans notre société, l'on puisse se servir d'une agression supposée pour tenter de prouver l'agression sexuelle sur Anne-Sophie Girollet par notre client. Il faut que les jurés sachent cela : on peut vous accuser de quelque chose que vous n'avez pas fait et s'en resservir en temps voulu si par malheur vous étiez soupçonné d'autres choses quelques années après ! »

Réponse de l'avocate générale : « Nous interrogeons ses relations avec les femmes, tout simplement. »

« Oui, avec une supposée agression qui n'a pas donné suite à des poursuites !... Le passé ne passe jamais, cette affaire n'aurait même pas dû être versée au dossier. » Et le prévenu de rebondir là dessus : « Vous savez, dès qu'on est mis en examen et incarcéré, aux yeux de l'opinion, on est coupable. Et bien moi, j'en ai ras le bol, je n'ai rien fait. Je n'ai tué personne ! »

 

Incident à propos d'ADN

 

Puis ce fut le bouquet avec la question de l'ADN, pièce principale du dossier sur lequel revenait largement Karine Malara. Ce qui ne fut absolument pas du goût de la défense, rappelant le code de procédure pénale : « L'avocate générale ne peut faire état de cela et interroger Jacky Martin tant que l'expert de la question n'a pas déposé. Mme l'avocate général vient de nous faire perdre 10 minutes par un exposé qui n'a pas lieu d'être. C'est un cas d'incident de contentieux. Nous pourrions demander une suspension... »

 

Jacky Martin réaffirme son innocence mais perd son sang froid

 

Le ton était donc donné dès ce 1er jour de procès avec une défense monopolisant la parole, très à cheval sur le respect de la procédure, mettant en question à plusieurs reprise la qualité de l'enquête, les interprétations des propos de Jacky Martin à l'issue de sa garde à vue.

De son côté, le prévenu exprimait son sentiment d'injustice. « Je descendais les poubelles et je vois trois voitures de police pour venir me chercher. Je croyais d'abord que c'était pour un vol de voiture, et puis ils m'ont dit, et alors là je suis resté sur le cul. Je ne connaissais pas Anne-Sophie Girollet et je l'ai pas tuée. Maintenant, ça fait des années que Mme la procureure me traite de menteur. J'en ai marre. Tout ce que je demande est refusé. Tout ce que je peux dire est retenu contre moi. A un moment donné, on ne sait plus quoi faire pour se défendre. »

Et d'aller plus loin en traitant Mme Malara de folle. L'avocate générale venait de poser une question sur les connaissances de son frère... la réaction a été plutôt inattendue, Jacky Martin perdant son sang froid, ne voulant plus répondre aux questions de Mme Malara : "Vous accusez mon frère et mon fils maintenant ?! Non mais où on va ? Vous êtes une folle ! Je ne veux plus répondre à vos questions, j'ai tout dit et tout expliqué à la présidente." Et quelques minutes après de se justifier : "J'ai 4 ans de prison dans les jambes pour rien, alors vous imaginez bien que oui, je peux réagir avec émotion, ce qui ne sera sûrement pas votre cas, car vous rentrez chez vous ce soir, avec vos enfants."

 

A la sortie, Maître Saggio, avocate des parties civiles, était également secouée par ce combat de robes qui venait de se dérouler dans la salle d'audience pendant plusieurs heures. « Il y a des gens qui veulent connaître la vérité, c'est tout. Là, on est partie dans des dérives qui ne sont pas très utiles. »

 

Rodolphe Bretin

à Chalon-sur-Saône

Photo d'accueil : Bruno Nicolle (de Dijon), Philippe Scrève (de Lyon) et Damien Varlet (de Chalon)

 

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Béatrice Saggio

 

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Le box de l'accusé. Juste en face, les parties civiles, dont les parents de la victime et son frère.

Jacky Martin a répondu aux questions de ce box, escorté par 3 gendarmes

 

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