2ème jour du procès de Jacky Martin devant la Cour d'Assises de Chalon-sur-Saône. Après 5 témoins entendus par la cour, dont le petit ami d'Anne-Sophie Girollet, Julien G., qui a rappelé les circonstances dans lesquelles, le soir du meurtre, elle et lui se sont quittés (ils devaient se retrouver dans la soirée. Julien G. a évoqué le fait que lors de ses recherches, il était avec Jean-Philippe D., qui était le meilleur ami de sa soeur. Sans nouvelle, les deux garçons ont d'abord pensé à un accident, Julien est tombé sur le répondeur quand il a tenté de joindre Anne-Sophie), c'est un membre de l'aéroclub du Mâconnais, Roland C., 62 ans, qui s'est présenté à la barre. Il fut l'inspirateur du portrait robot.

 

Ce portrait robot avait été établi lors de la déposition de Roland C. Celui-sortait de la Maison des Vins de Mâcon vers minuit moins le quart, à proximité du théâtre où se déroulait le gala de danse, à la suite de l'assemblée générale de l'aéroclub. En sortant, il voit une Mercédes noire. Intrigué car un de ses copains en possède une et vient de le voir partir avant lui... A l'intérieur, un passager dont il peut donner une description qui permet de faire un portrait robot. Pour lui, pas de doute, l'homme qui est dans le box des accusés est l'homme qu'il a vu ce soir-là dans cette Mercédes. Il voit aussi une 405 passer très près de lui, avec à son bord, une jeune femme qui fixe la voiture noire puis s'en va rapidement, suivie de cette Mercédès, aussi rapidement.

 

Maître Varlet prend la suite de l'interrogatoire et pousse Roland C. dans ses retranchements. Celui-ci affirme avoir serré la main de Jacky Martin lors de la reconstitution (il demandait à le voir), souhaitant voir une réaction. Maître Varlet pointe alors l'absence d'interrogatoire et d'audition de Roland C. après cette brève rencontre : « Pourquoi n'avez-vous rien dit ce jour-là. C'était très important de dire si vous aviez reconnu ou non Jacky l'homme vu le soir du meurtre dans la Mercédès. » - « On ne m'a rien demandé. »

Maître Nicolle (défense), outré, sort de la salle d'audience ! Maître Scrève prend alors la main pour s'étonner que cette rencontre entre un témoin et Jacky Martin n'ait pas été consignée dans le PV par le juge d'instruction. « C'est possible à Mâcon ça ! » Et Karine Malara (avocate générale) de se défendre : « Depuis hier, il y a des insinuations sur Mâcon. Qu'avez-vous contre le tribunal de Mâcon ? »

La Présidente enchaîne alors en demandant à Maître Scrève de poser sa question au témoin. A ce moment, il entend de sa part, « non, vous ne me déstabiliserez pas »... Propos de trop pour la défense... les deux avocats encore présents, Me Varlet et Me Scrève quittent la salle. L'interruption d'audience durera plus d'une heure, avec conciliabule des parties et de la présidente à l'extérieur. La défense aura encore frappé fort.