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Cuba, petite île de l'Atlantique peuplée de 11,5 millions de personnes. Dans l'esprit collectif français, Cuba, ce sont des images d'Epinal : le Ché, Fidèle Castro, la Révolution, les cigares, le rhum. Mais Cuba est évidemment bien plus que cela.

 

Ce mercredi matin, Hector Igarza, ambassadeur de la République cubaine en France, a mis carte sur table pour parler de son pays à une cinquantaine d'acteurs économiques de Saône-et-Loire invités par la mairie de Cluny pour une table ronde intitulée : "L'ouverture économique de Cuba aux entreprises de Saône-et-Loire."

 

Ce pays socialiste, sous blocus américain depuis 60 ans, a soif de développement économique, avec la France ! Une aubaine pour les entrepreneurs du département. Et c'est bien peu dire, car Hector Igarza l'a dit et redit : « Nous accueillons bien volontiers les PME françaises. Nous ne voulons plus des compagnies américaines. » Pour résumer – à peine ! – sa pensée, c'est oui à Bouygues et à Pernod Ricard, non à Mac'Do.

La 1ere fois, l'on peine à y croire. Mais non, aucune ambiguité dans les propos de l'Ambassadeur, sa préférence est claire et nette, affirmée : « On veut travailler avec les Français, pas avec les Américains. » Le résultat de 60 ans de blocus économique !

Et quand on lui pose la question des élections américaines, autrement dit quel candidat à sa préférence, la réponse tombe comme un pavé dans la marre : « Peu importe Clinton ou Trump, c'est du pareil au même. Pour nous, il n'y a pas les Démocrates et les Républicians, il y a la droite et l'extrême droite. Cela ne changera rien pour Cuba. »

 

Ceci étant dit, comment s'implanter à Cuba pour une entreprise ? Pour répondre à cette question, plusieurs intervenants ont donné leur point de vue. Eric Michoux, président du groupe Galilé 360, plateforme de mentoring et de financement, est revenu sur la stratégie à adopter pour s'implanter dans un autre pays : « Il faut que les PME aillent à l'export via leurs donneurs d'ordres. On a permis à des entreprises françaises d'exporter en Amérique latine grâce à des groupes déjà présents là bas, comme la RATP ou Alstom. Les PME doivent s'appuyer sur les grands groupes industriels. Mais il faut être leader dans son domaine en France pour avoir une bonne chance de réussir. C'est aussi plus facile quand on comprend le pays, quand on le connaît. L'entrée culturelle qu'à eu la Ville de Cluny en accueillant l'exposition Les 3 mers est une excellente chose. Justement, cela donne cette connaissance et cette compréhension d'un pays. Culture et économie se marient très bien, se mêlent et s'entremêlent. »

La présence de Smaïn Mébarki, directeur du service culturel de la Ville, et l'entrée par les écuries Saint-Hugues, où se trouve l'exposition Tres Mares, marquaient bien cette conception d'une approche économique transversale, avec des relations nourries de culture et d'éducation. Une excellente voie de développement. (Cliquez ici pour lire notre article sur l'exposition)

 

Participant à cette table ronde également, le préfet Gilbert Payet et le vice-président de Cuba Coopération Christian Huart, pour donner quelques clefs d'entrée. Les aides financières par exemple, comme les assurance prospection ou le crédit d'impôt prospection.

Le préfet a insisté sur l'organisation collective pour faciliter l'export et l'implantation à l'étranger avec l'Etat, les Chambre de commerce et d'industries, France business, la banque publique d'investissement etc.

Christian Huart évoquait un secteur très porteur : l'eau et l'assainissement, représentant 16 ans de coopération avec Cuba pour Cuba Coopération. « Il manque aux Cubains de l'expérience, on peut leur apporter » précisait-il.

 

Question internet, la toile n'est pas développée à Cuba. En cause, le blocus américain. Un obstacle pour développer des relations économiques ? « Pas du tout » développait un ancien coopérant, Jean-Claude Lajugie, aujourd'hui président du Conseil de surveillance de SEEB à Chaufailles. « Je suis parti à Cuba en tant que coopérant il y a 50 ans. Internet n'existait pas à cette époque. Ce qui ne nous a pas empêché d'y aller et d'y faire des choses avec l'usine Berlier de Vénissieux à l'époque, qui fournissait 1 000 camions pour construire un barrage en terre. Malheureusement, cette politique de coopération a été abandonnée. Elle peut renaître bien sûr. » Les entrepreneurs jugeront. 

« Nous avons un réservoir de jeunes qui peut servir dans ce sens » soulignait un membre de l'assemblée représentant la Mission locale. Les voyages forment la jeunesse ! dit-on. Qu'à cela ne tienne. Tout semble possible avec Cuba.

 

Hector Igarza a aussi tenté de donner envie en évoquant la fiscalité : « Nous avons voté une loi qui permet de payer 0% d'impôt sur les sociétés pendant 8 ans ! » Un argument évidemment non négligeable, même si, avant tout, c'est un projet, une innovation, qui conduisent le chef d'entreprise à regarder au delà de l'océan.

 

Rodolphe Bretin

 

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Le maire Henri Boniau introduit la table ronde aux côtés de l'ambassadeur

 

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Hector Igarza signe le livre d'or

 

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