
En tournée en France depuis le 14 septembre, le réalisateur et acteur Mathias Mlekuz est venu au Pathé Mâcon ce jeudi 29 octobre, rencontrer son public pour l'avant-première de son troisième long métrage : « MON FILS PRÉSIDENT ».
Avant de rejoindre la salle où l'attendaient une centaine de personnes, le très sympathique Mathias Mlekuz a rencontré la presse.
Pourquoi ce film ?
M M : « Après À bicyclette avec Philippe (son ami depuis 23 ans, ndlr), on a réfléchi à comment envisager de faire des films. On avaient trouvé le concept très réjouissant avec À bicyclette. On part d'un fait réel, on fait un film sur la vie. On part avec une idée de documentaire et on rajoute des scènes fictionnées. Et surtout, on part sans scénario, on improvise tout, nos conversations, tout ce qui se passe. Et l'écriture s'est faite réellement au montage. En parallèle, Manolo, avait son projet. Depuis 14, 15 ans, il dit qu'il veut être président. Il a été éduqué en politique en regardant les campagnes de Trump 1 et de Macron 1 en 2017. D'un seul coup, il s'est passionné. Il connaissait tout le gouvernement d'Édouard Philippe par cœur. Il avait prévu de prendre une année sabbatique à la rentrée de septembre et de partir chercher ses parrainages pour être président. C'est devenu comme une évidence, je lui ai demandé si ça ne le dérangeait pas si Philippe, Joseph et moi venions l'accompagner pendant le premier mois. Il a dit oui. Rien n'était écrit à la base. C'était suivons-le. J'ai pris les rendez-vous avec les maires. Il fallait qu'ils acceptent de rencontrer Manolo et d'être filmés. Et on est partis avec l'idée de faire un film politique. Moi, je pensais qu'on allait faire un film politique. En fait, ça s'est transformé très vite en rapports père / fils. C'est un film sur l'intime mais on peut se poser la question est-ce que l'intime finalement n'est pas politique aussi ?
La constitution, au début on a eu beaucoup de mal à comprendre, son projet est assez simple. Maintenant, il ne parle plus de changer la constitution, il parle d'abord de démocratie. Il fait un constat qu'il y a un souci de démocratie. »
Qu'est-ce qui vous a le plus marqué pendant le tournage ?
M M : « J'avais 140 heures de rushes. La façon dont je travaille c'est une prise mais c'est un travail d'équipe. Il y a 2 personnes qui filment, 1 ingénieur du son et 2 personnes s'occupent de l'intendance. Les prises durent longtemps, une heure et demie.
En fait, j'ai découvert cette scène au montage, c'est la scène avec les 2 fils au lit. Je leur ait simplement dit vous êtes dans le lit et vous faites ce que vous voulez. Sur le coup, j'ai appris des choses sur mes fils, sur comment ils avaient vécu les événements. C'est la scène qui me touche le plus. Je suis scénariste aussi, mais je serai incapable d'écrire une scène comme ça ! »
Si vous deviez retenir un moment fort au tournage ?
M M : « Le texte de Joseph sur Philippe à la fin. Je me souviens d'une grande émotion.
Joseph écrit des pièces de théâtre et fait du théâtre. L'ambition de Manolo est d'être professeur d'histoire pas politicien. »
Est-ce que ce voyage a changé quelque chose en vous ?
M M : « Oui, ça m'a rendu plus à l'écoute et puis j'étais quand même tres admiratif de mes fils. Manolo m'a impressionné par sa facilité à parler, je le voyais travailler, je le voyais progresser. Et la poésie de Joseph me bouleverse. Oui, j'ai appris des choses de ces 2 fils, cette histoire de collier, je ne la connaissais pas. »
Vos projets ?
M M : « Un film va sortir en mars avec karine Viard. En janvier, je vais repartir sur un film. J'aimerais faire un film sur la création théâtrale et mettre en scène une pièce de Joseph. J'ai également un projet de voyage en Amazonie avec Philippe. »
« Mon fils président », un docu-fiction intimiste, touchant et profondément humain.
Sortie en salles le 2 décembre 2026.
Recueillis par Maryse Amélineau

Photos © Maryse Amélineau