
Ce vendredi 6 novembre, marquait le lancement du premier disque de l'Orchestre Sinfonia Lumina, Aeolian Dreams sous le label Polymnie.
Cet après-midi, Mâcon Symphonie avait donné rendez-vous au public à la FNAC, pour une séance de dédicace en présence du compositeur Marian Budos, de la soliste Ingrid Riollot et de David Hurpeau, directeur artistique des Symphonies d'Automne.
Aeolian Dreams réunit les deux guitaristes Ingrid et David dans un voyage qui relie l'Europe classique à l'Australie d'aujourd'hui : six oeuvres, 65 minutes de musique et deux premiers enregistrements mondiaux.
La première oeuvre de l'album Aeolian Dreams est celle composée par Marian Budos : Amor Vitae.
Marian Budos, d'origine slovaque, vit et enseigne à Canberra en Australie. Guitariste, chef d'orchestre et pédagogue, Son catalogue compte six concertos pour guitare, deux symphonies et des « concertos-romans » inspirés de la littérature.
Amor Vitae, un hymne à la vie
Concerto pour guitare et orchestre à cordes, commande de Mâcon Symphonies 2026, le concerto se compose de quatre mouvements et dépeint musicalement quatre amours différents : l'amour de la Terre, l'amour des proches, l'amour des animaux et l'amour de la musique. Il a été composé spécialement pour Ingrid qui joue en soliste.
« C'est une dédicace pour Ingrid », nous a confié Marian. « Le 1er et le 3ème mouvement sont très énergiques, le second est plus sentimental et le dernier, plus sophistiqué. »
Le très talentueux et sympathique Marian a également composé spécialement pour les Mâconnaises et les Mâconnais, une sublime mélodie : La Romance de Mâcon, qu'Ingrid interprétera ce dimanche lors du concert Les Souffles d'Eole dirigé par David Hurpeau à l'église Saint-Vincent.
Les Souffles d'Eole
Dans la mythologie grecque, le souffle d’Éole relie les hommes d'un hémisphère à l'autre. C'est de ce mouvement qu'est né Aeolian Dreams, point de rencontre entre deux musiciens aux trajectoires croisées. Le chef d’orchestre et guitariste David Hurpeau a choisi la Bourgogne pour y faire vivre l'Orchestre Sinfonia Lumina et y faire dialoguer les époques. À l’inverse, la guitariste franco australienne Ingrid Riollot, née à Mâcon, s'est tournée vers le grand large, partageant sa vie avec l'Australie-Occidentale. Ce disque matérialise leur dialogue. D'un côté vibre l’Europe classique de Vivaldi et d'Elgar; de l'autre résonne l'Australie contemporaine à travers les oeuvres de John C. Williams, Marián Budoš et Paul Svoboda. Aeolian Dreams unit ces deux mondes en un seul et unique voyage sonore.
Dimanche 8 novembre à 16 h, la guitare d'Ingrid Riollot est au centre d'un concert qui réunit le Choeur d'Opéra, l'Orchestre Sinfonia Lumina et David Hurpeau. De Purcell à Rameau, de Haendel à Gluck, de Monteverdi à la création contemporaine, le programme suit les métamorphoses du souffle, du mouvement et de l'imaginaire, avec le Concerto en ré majeur de Vivaldi, Aeolian Suite de John C. Williams et Amor Vitae de Marián Budoš.
Ingrid connaît David depuis plus de 20 ans. Elle nous a confié cet après-midi avoir été étonnée de la qualité du concerto qui est au delà de ses espérances. « C'est l'un des plus beaux concertos pour guitare. L'enregistrement s'est très bien déroulé de manière simple et dans une ambiance conviviale avec de la qualité. Tous les musiciens sont chouettes ! »
Elle s'est dite très contente du disque qu'elle trouve très beau avec beaucoup de diversités.
David a accepté avec beaucoup de gentillesse de répondre à nos questions.
1) Comment est venue l’idée de passer une commande à Marián ?
D H : « C’est Ingrid qui a proposé de solliciter Marián Budoš. Je ne le connaissais pas personnellement auparavant, et c’est aussi tout l’intérêt de ce type de collaboration : on ne partage pas seulement la scène avec une artiste, on découvre aussi son univers, ses affinités, les compositeurs dont elle a envie de défendre la musique.
Cette commande est née de cette confiance. Plutôt que de construire uniquement un programme à partir d’œuvres existantes, nous avions envie que notre rencontre fasse aussi naître une musique nouvelle. Qu’elle soit le point de départ de quelque chose, et pas seulement l’occasion de jouer ensemble.
2a) Quelles étaient tes consignes ?
La principale indication concernait l’effectif : une guitare soliste et un orchestre à cordes. C’était le cadre musical du projet, mais je ne souhaitais pas qu’il devienne un cahier des charges trop contraignant. L’idée d’une commande, c’est précisément de laisser au compositeur un espace dans lequel il puisse nous surprendre.
Les cordes permettent une grande richesse de couleurs tout en préservant une forme d’intimité autour de la guitare. Nous tenions à cet équilibre, à la possibilité d’un véritable dialogue entre la soliste et l’orchestre.
2b) Pour quels objectifs ?
Nous voulions que cette nouvelle pièce trouve naturellement sa place dans le programme, sans être pour autant tenue de ressembler aux autres œuvres. La cohérence d’un disque ne vient pas nécessairement d’une unité de style : elle peut naître d’une sonorité, d’une manière d’écouter, de correspondances entre des musiques pourtant très différentes.
Le choix de l’orchestre à cordes nous donnait ce langage commun. À l’intérieur de ce cadre, la commande pouvait apporter une voix singulière, ouvrir une nouvelle perspective.
3a) Avais-tu déjà en tête l’enregistrement d’un disque au moment de passer la commande ?
Oui, tout à fait. Le disque était même l’une des raisons de cette commande. Nous ne pensions pas seulement à un programme de concert, mais à un projet qui puisse s’inscrire dans la durée.
Il y a quelque chose de très stimulant à faire naître une œuvre en sachant que l’on va aussi l’enregistrer. Le concert permet la rencontre immédiate avec le public ; le disque donne à cette musique la possibilité de circuler, d’être réécoutée, de toucher des personnes qui n’étaient pas dans la salle. Nous voulions donner ce prolongement à notre collaboration.
3b) Comment s’est opéré le choix des morceaux ?
Nous sommes partis de l’Aeolian Suite de John Williams, autour de laquelle nous avons construit le reste du programme. Elle a été notre point de départ, plutôt que l’une des pièces choisies au terme d’une sélection.
Ensuite, nous avons cherché ce qui pouvait lui répondre, la prolonger ou créer un contraste intéressant. L’enjeu était de composer un parcours, pas simplement de réunir de belles œuvres pour guitare et cordes. La commande à Marián s’est inscrite dans cette construction : elle nous permettait d’inventer une partie de ce parcours, et non seulement de le puiser dans le répertoire.
4) Où a-t-il été enregistré ?
Au Théâtre de Mâcon. C’est important pour nous que ce projet, tourné vers l’Australie et les échanges internationaux, ait été enregistré ici. Mâcon n’est pas seulement le lieu où l’on accueille cette rencontre : c’est aussi celui où l’on fabrique ensemble quelque chose qui pourra ensuite voyager.
5) Quel message porte ce disque ?
Je ne parlerais pas forcément d’un message unique, mais plutôt d’une conviction : les relations artistiques internationales prennent tout leur sens lorsqu’elles permettent de créer quelque chose ensemble.
Avec Aeolian Dreams, nous voulions établir un lien entre l’Australie et Mâcon, mais surtout donner à ce lien une réalité musicale et une durée. Un partenariat ne se résume pas à une invitation ou à un nom de pays sur une affiche. Il se construit dans les échanges, le choix des œuvres, les répétitions, la confiance que l’on accorde à un compositeur et à des interprètes.
Le disque rend ce travail tangible. Il garde la trace d’une rencontre, tout en lui permettant de continuer à vivre ailleurs. C’est cette circulation qui m’intéresse : faire de notre ancrage local le point de départ d’une aventure ouverte sur le monde. »
À la séance dédicace, Ingrid a interprété La Romance de Mâcon.
Souvenirs
Maryse Amélineau

Photos © Maryse Amélineau

Ingrid avec sa maman Jacqueline & son beau-père Jean-Pierre

Avec Marian & son épouse Ivana

Avec David

