Baptiste Delcroix, conseiller municipal d'opposition  (UDR-RN) n'a pas participé au rassemblement de midi. Il en donne les raisons dans un communiqué

 

Communiqué

Face à l’escalade des violences, l’indignation ne suffit plus

À la suite des graves violences survenues samedi 17 octobre dans de nombreuses villes françaises, l’Association des maires de France (AMF) a appelé les élus et les citoyens à se rassembler ce lundi 19 octobre devant les mairies.

À Mâcon, le maire Jean-Patrick Courtois a relayé cet appel. Conseiller municipal d’opposition, conseiller communautaire et président du groupe UDR–RN, Baptiste Delcroix confirme sa décision, annoncée dès dimanche, de ne pas participer à ce rassemblement. Cette décision repose sur une conviction : la République ne retrouvera pas son autorité par la seule multiplication des rassemblements et des déclarations d’indignation.

Le 17 octobre : une journée de mobilisation pour le pouvoir d’achat transformée en violences

Le samedi 17 octobre devait être une journée de mobilisation consacrée au pouvoir d’achat, alors que de nombreux Français rencontrent des difficultés croissantes pour vivre dignement du fruit de leur travail. Cette mobilisation a été marquée par des scènes de violences, des incendies, des pillages et des attaques contre les forces de l’ordre.

Voici le bilan provisoire de la nuit, selon les informations communiquées :

• 386 policiers blessés, dont 6 gravement ;

• 1 267 interpellations et 756 gardes à vue ;

• 2 925 tirs d’artifice ou assimilés contre les forces de l’ordre ;

• 599 commerces pillés ou dégradés.

Les informations transmises font également état d’événements particulièrement graves dans plusieurs villes françaises : incendie de l’hôtel de ville de Limoges, attaques contre des bâtiments publics, dégradations de commerces et violences visant les forces de sécurité. À Saint-Étienne, une armurerie aurait notamment été attaquée et des armes dérobées. Au Mans, une permanence politique aurait également été prise pour cible. Ces événements nécessitent une réponse des autorités compétentes et une identification rigoureuse des auteurs. 

Des violences qui ne sauraient être confondues avec les revendications légitimes des Français

Les difficultés de pouvoir d’achat, l’inflation et les préoccupations sociales constituent des sujets légitimes de mobilisation et de débat démocratique.

Elles ne sauraient cependant justifier les violences contre les personnes, les pillages, les incendies ou les destructions de biens publics et privés. La liberté de manifester doit être protégée. Les violences commises à l’occasion de manifestations doivent être poursuivies et sanctionnées conformément à la loi. Les Français qui travaillent, paient leurs impôts et aspirent à vivre dignement ne doivent pas supporter les conséquences des destructions commises par des individus violents.

À Mâcon, les habitants attendent des décisions concrètes

Les violences urbaines ne constituent pas une réalité éloignée de notre territoire.

Ces derniers jours, Mâcon a de nouveau été confrontée à des incendies et à des dégradations, notamment à Saint-Clément et aux Blanchettes. Des faits de violences visant les forces de l’ordre ont également été signalés. Ces événements s’ajoutent aux préoccupations exprimées depuis plusieurs années concernant la sécurité dans différents quartiers de la ville.

Baptiste Delcroix rappelle avoir défendu, dès sa candidature aux élections municipales, des propositions concrètes en matière de sécurité, notamment le renforcement des effectifs de police municipale, l’armement des agents, le développement des patrouilles nocturnes et une meilleure coordination avec les forces de sécurité de l’État. Ces propositions méritent aujourd’hui un examen institutionnel précis, accompagné d’engagements budgétaires et d’un calendrier de mise en œuvre.

« Je refuse que l’indignation collective serve de réponse à l’absence de résultats »

L’appel de l’Association des maires de France repose sur des principes auxquels je réaffirme réaffirme mon attachement : la République, les institutions, les libertés publiques et le respect de l’autorité. La déclaration de l’AMF du 18 octobre reconnaît d’ailleurs explicitement la nécessité de renforcer les moyens des forces de l’ordre, d’adapter leur doctrine d’intervention et d’apporter une réponse judiciaire aux violences. Ces orientations doivent désormais trouver une traduction concrète.

Je considère néanmoins qu’un rassemblement devant une mairie, sans engagements opérationnels clairement identifiés, ne constitue pas une réponse suffisante à l’ampleur des difficultés rencontrées. Il maintient donc son choix de ne pas participer au rassemblement organisé ce lundi à Mâcon.

Trois démarches institutionnelles pour demander des réponses 

Afin de donner une suite concrète à cette prise de position, j'engage ce lundi trois démarches officielles auprès des autorités compétentes. Auprès du maire de Mâcon, je demande notamment un bilan du coût des violences urbaines pour les finances communales, la présentation des moyens municipaux de sécurité et l’organisation d’un débat spécifique en conseil municipal.

Auprès du préfet de Saône-et-Loire, je sollicite un échange sur les moyens de sécurité mobilisés à Mâcon, les besoins opérationnels des forces de l’ordre et le renforcement de la coordination entre les services de l’État et les  collectivités.

Auprès du procureur de la République, je souhaite obtenir, dans le respect de l’indépendance de l’autorité judiciaire, des informations générales sur la réponse pénale apportée aux violences urbaines et sur les possibilités de réparation des préjudices subis par les victimes.

Ces démarches s’accompagnent d’une demande de transparence sur les dépenses supportées par la collectivité pour réparer les dégradations.

Je rappelle à cet égard sa position concernant les futures délibérations municipales : j'entends m’opposer aux nouveaux financements de reconstruction ou de réparation d’équipements détruits lors de violences urbaines tant que des mesures concrètes de prévention, de sécurité et de responsabilisation des auteurs n’auront pas été mises en place.

L’État et les collectivités doivent assumer leurs responsabilités

La sécurité quotidienne repose sur l’action complémentaire des communes, des forces de sécurité intérieure et de l’autorité judiciaire. Les collectivités doivent mobiliser les moyens relevant de leurs compétences. L’État doit, pour sa part, garantir les moyens nécessaires au maintien de l’ordre public et au fonctionnement des services de sécurité et de justice. Je soutiens une politique de sécurité fondée sur la protection des forces de l’ordre, la prévention des violences, la responsabilisation des auteurs et l’application effective des sanctions prévues par la loi. Je considère que ces questions doivent faire l’objet d’un débat public portant sur les mesures réellement engagées et sur leurs résultats.

Défendre la République, c’est d’abord la faire respecter

Les habitants de Mâcon, comme l’ensemble des Français, sont en droit d’attendre de leurs représentants des décisions concrètes, une utilisation responsable des deniers publics et une réponse adaptée aux atteintes à leur sécurité.

La condamnation des violences est indispensable. Elle ne dispense pas les responsables publics de rendre compte des moyens engagés et des résultats obtenus.

Je rendrai rendra publiques les suites apportées à ses démarches institutionnelles.

« La République ne se résume pas à ses symboles. Elle repose aussi sur l’application de ses lois, la protection de ses citoyens et la responsabilité de ceux qui exercent l’autorité publique. Défendre la République, c’est d’abord la faire respecter. »

 

Baptiste DELCROIX

Conseiller municipal d’opposition à Mâcon

Conseiller communautaire de Mâconnais Beaujolais Agglomération

Président du groupe UDR–RN