Près de 500 personnes réunies, une ambiance enthousiaste et une mise en scène parfaitement orchestrée : la dernière réunion publique de Jean-Patrick Courtois, au Pavillon, a pris des allures de démonstration de force collective. À trois jours du vote, le maire sortant affiche une ambition claire : rassembler, convaincre et transformer l’essai.

 

Une mobilisation massive et une énergie assumée, puisqu’il y avait foule, et surtout une énergie palpable. Hier soir au Pavillon, affluence en nette hausse et atmosphère chaleureuse traduisaient une dynamique revendiquée à l’approche du second tour.

La soirée, rythmée et parfaitement structurée, a d’emblée mis en avant la dimension collective du projet et mis en lumière le renouvellement comme fil conducteur.

En ouverture, Yoann Charlot, figure montante de la liste, a donné le ton. Porté par de longs applaudissements, il a incarné cette nouvelle génération que le maire sortant entend intégrer pleinement : « Nous défendons un projet solide et ambitieux. Depuis le début de cette campagne, nous sommes les mêmes, nous n’avons pas changé. Notre lien repose sur l’unité et la cohésion, pas sur des alliances de façade. Les jeunes engagés dans cette campagne incarnent l’énergie et le renouveau. »

Dans la continuité, plusieurs colistiers – Alain Griezmann, Denise Noton, Romain Auvigue, Marion Neto, Jean-Pierre Mathieu, Catherine Carle-Viguier, Jean Payebien et Aurèlie Houareau – se sont succédés pour présenter les axes du programme.

Des interventions dynamiques, souvent marquées par une fraîcheur attachante chez les plus jeunes. Mention particulière à Jean-Pierre Mathieu, dont la prise de parole, dans une résilience offensive, mêlant humour et finesse politique, a marqué les esprits.

Moment clé de la soirée : la diffusion d’une vidéo retraçant les réalisations des mandats Courtois. Un support visuel destiné à illustrer concrètement un bilan revendiqué comme structurant pour la ville. Le message est clair : la transformation de Mâcon est présentée comme le fruit d’une action continue et maîtrisée.

Le député et colistier Benjamin Dirx, dans un discours rassembleur et structuré, a ensuite pris la parole avec un ton offensif, insistant sur la cohérence du projet : « Être maire, ce n’est pas simplement avoir un diplôme, c’est aimer sa ville, c’est vivre sa ville ».  Il appelle à « transformer l’essai » dimanche, tout en soulignant les exigences de la fonction : « Être maire, c’est savoir traverser les crises, être présent pour tous les citoyens. » Son intervention s’est articulée autour de trois piliers : un projet solide et financièrement maîtrisé, une équipe renouvelée mais expérimentée, des réponses concrètes aux attentes locales (sécurité, santé, proximité).

Très attendu, Jean-Patrick Courtois a conclu la soirée en mettant l’expérience au service d’un cap d’avenir revendiqué, et en posant d’emblée son credo : « À Mâcon, nous ne faisons pas de promesses, nous agissons. »

S’appuyant sur son bilan, il a rappelé les transformations engagées : stabilité de la dette depuis 2001 malgré l’inflation ; investissements importants ; développement économique renforcé ; amélioration du cadre de vie et de la sécurité.

Il a également défendu une vision sociale centrée sur l’emploi et la proximité.

Puis, ce fut alors, le grand bond dans l’avenir : « il faut continuer… faire une vraie politique sociale passe prioritairement par l'emploi et la proximité…  Saluant les nombreux maires de l'agglomération présents, les conseillers départementaux, Christine Robin, Hervé Carreau, J.-F. Cognard et, bien sûr, le Président du Conseil départemental André Accary, ainsi que le jeune sénateur Fabien Genet, le maire sortant a marqué son propos sous le signe de l'unité indispensable à la réussite de tout le bassin de vie. Des annonces tournées vers l’avenir allaient alors galvaniser son auditoire. Le maire sortant a marqué les esprits en annonçant un projet d’envergure : l’implantation d’un data center, représentant 300 millions d’euros d’investissement et la création d’une quarantaine d’emplois, positionnant Mâcon entre Lyon et Genève.

Autre axe stratégique : le développement de la Saône, la rivière tant enviée pour son symbole de modernité et de développement, avec notamment l’extension du port sur plus de 40 hectares, pensée comme un levier économique majeur du XXIe siècle.  La vision créatrice du ‘Mâcon de demain’ a soufflé, enchantant la salle qui pouvait  constater que l’envie, le désir était toujours là, et bien là !  

 

Dans une campagne plus tendue qu’à l’accoutumée, Jean-Patrick Courtois a assumé une ligne de clivage, opposant son projet à celui d’une opposition qu’il situe à l’extrême gauche. Il lança alors un appel au rassemblement face à un choix politique clair. Mais au-delà de cette confrontation, le registre dominant reste celui du rassemblement : « Il nous faut continuer ensemble, en alliant expérience et renouvellement. C’est la diversité de nos compétences et de nos parcours qui fait notre force. »

Et de conclure sur une mise en garde appuyée : « Voulez-vous revenir au Mâcon d’avant 2001 ? Une ville immobile, divisée, incapable d’agir ? La belle endormie ne doit pas revenir… À nous, ensemble, de faire briller Mâcon ! »

 

À quelques jours du scrutin, cette réunion publique aura permis de mettre en exergue une innovante dynamique collective, permis aussi au candidat de consolider son socle électoral et d’afficher un clair et entreprenant engagement partagé.

Entre bilan revendiqué, renouvellement assumé et projection vers l’avenir, Jean-Patrick Courtois a cherché à imposer une image : celle d’un cap stable porté par une énergie renouvelée.

C’est la main sur le coeur que le maire reçu un tonnerre d’applaudissements dans cette ambiance chaleureuse, passionnée et déterminée à écrire une nouvelle page. La Marseillaise, douce et unanime, entonnée dans cette vaste salle alors sombre, signait cette unité de « tous ceux qui aiment ce Mâcon que dessine Jean Patrick Courtois ». “Ô temps suspend ton vol”... Par leurs applaudissements prolongés, ces enfants de Lamartine faisaient basculer l’histoire et ouvraient un nouvel avenir à Mâcon. Expérience et Renouveau renvoyaient en final aux si beaux mots d’un autre grand romantique, Jacques Brel, qui, dans son ‘Ne me quitte pas’, nous promet qu’« on a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux. » 

 

Jean-Yves Beaudot