En ce printemps, un troisième vitrail est venu coiffer la façade de l’église, au dessus du tympan de la porte monumentale.

 

Aboutissement d’un projet porté par l’association Patrimoines d’Azé et soutenu par la mairie ainsi que par l’agglomération, cette nouvelle réalisation embellit l’église qui demeure un bien communal.

Ce vitrail a été réalisé à l’atelier mâconnais Couleurs et Lumières.

L’inauguration officielle a été précédée par la tenue d’un concert gospel par le groupe « Sister Act project ».

 

Une église entretenue par phases

Ce projet s’inscrit dans une série de réfections, décrite par la présidente de Patrimoines d’Azé, Sandra Drillon : en 2016 l’abside romane, en 2018 la croix et les carreaux en céramique du devant d’autel et en 2022 le remplacement des deux vitraux latéraux.

Initiée en 2022-2023 en effet, la première phase du projet consistait en la réalisation de deux premiers vitraux, situés de part et d’autre de la porte monumentale à l’entrée. Le défi consistait à remplacer ces peintures sur support translucide, œuvres de l’artiste clunisois Michel Bouillot et endommagées en quelques soixante ans.

Mais que pèse l’outrage du temps devant la bonté des bénévoles et la minutie de l’artisane ?

La deuxième phase s’est concrétisée en 2025-2026. En effet demeurait une troisième peinture à remplacer et bien vite viendrait son tour d’être convertie en un vitrail, le troisième mais aussi le plus grand des trois : 2 mètres de hauteur par 80 centimètres de largeur.

La réalisation des trois vitraux, selon la technique du fusing ou verre fusionné, a été confiée à Catherine Thivent, maître vitrailliste installée de longue date à Mâcon.

Quant aux peintures d’origine, elles ont été encadrées pour une conservation optimale.

 

Un vitrail aux attributs du saint patron

La recherche historique et religieuse a servi à conforter certains partis pris créatifs.

Parmi les premiers martyrs, Saint Etienne témoigna sa foi dans l’évangile jusqu’à perdre la vie. Ayant prononcé le nom de Dieu, un tabou dans la loi juive, il se retrouva condamné à la lapidation, sanction pénale contre les blasphémateur. Saint-Etienne resta fidèle au christ jusqu’à implorer le pardon pour ses persécuteurs.

Saint Etienne est représenté avec palme en main et pierres sur le torse, deux symboles du martyr par lapidation. Prédicateur, il tient une bible et surplombe les villages évangélisés. Animé par le saint esprit, transporté dans la divine gloire, il est auréolé d’un jaune solaire sous le bleu du ciel. Son chasuble rouge évoque le sang versé et l’habit blanc la pureté, deux composantes de la résurrection prônée par le christianisme. Enfin les traits colorés représentent respectivement les douze apôtres.

 

Comprendre l’intention de l’artiste, préalable indispensable à revisiter son oeuvre

Le regard et le conseil de bénévoles connaisseurs de l’oeuvre de Michel Bouillot, artiste autodidacte polyvalent, a été précieux dans l’interprétation des peintures.

Puis, Catherine Thivent a pris en compte les couleurs initiales en fonction de leur état de conservation. Dessiner, préparer le gabarit, découper : tout un savoir faire a été appliqué.

Des échanges constructifs avec Patrimoines d’Azé et avec la mairie ont eu lieu au long des opérations, dans le but de respecter l’ensemble de l’oeuvre tout en revisitant coloris et géométrie. En amont de la production grandeur nature, la validation des maquettes du vitrail a été concertée au fur et à mesure.

Particulièrement investie, la professionnelle s’est dite honorée de toute la confiance témoignée.

 

Un soutien tant public qu’associatif

Les églises construites avant 1905 sont propriété de la commune et font partie du patrimoine communal. La commune est responsable de la conservation et de la mise en valeur de ce bien commun. « Sur le principe, l’idée de poursuivre l’aménagement de l’église par la réalisation de ce vitrail a fait l’unanimité du conseil municipal », précise Serge Thirard, maire. « Il a fallu attendre de disposer des crédits nécessaires pour inscrire cette opération au budget municipal. Ce sont 19 750 € ttc mis en œuvre par la municipalité avec une subvention de l’agglomération de 7 770 €. »… Patrimoines d’Azé a pris en charge l’organisation de la cérémonie et du concert du jour et bénéficie de l’accompagnement du Conseil Départemental qui encourage fort la vie associative.

 

Entre création artistique et technique d’artisanat

La technique utilisée en atelier consiste à découper à la main puis à positionner des morceaux de verre de couleur, l’un à côté de l’autre ou en superposition. Par une température de 800°C au four, durant une quarantaine d’heures, l’ensemble se fusionne. S’ensuivent d’autres passages au four à une température moindre, en vue de fixer les dessins à la grisaille ainsi que la peinture émail.

Deux autres entreprises sont intervenues en appui à Couleurs et Lumières :

- Brio Manufacture pour la dépose des peintures, puis, avec la nacelle, la pose du vitrail doublé d’un vitrage isolant et protecteur. Le revêtement beige qui cerne le vitrail est assorti aux pierres du pourtour.

- L’électricien Clément Grezaud à travers l’installation des sports lumineux qui mettent en valeur les trois vitraux vus de l’extérieur, en particulier de nuit...

De jour les trois vitraux bénéficient de la lumière du soleil et envoient de merveilleuses couleurs dans l’église. Le résultat est à la hauteur des attentes et les mâconnais sont invités à venir visiter l’église, dans le respect de la pleine quiétude du lieu.

 

Marthe Michel

 

Catherine Thivent vitrailliste, Serge Thirard maire, Sandra Drillon présidente de Patrimoines d'Azé

façade de l'église Saint Etienne de style roman