Communiqué de la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles FDSEA71 et des Jeunes agriculteurs JA71 de Saône-et-Loire

L’agriculture n’est pas la variable d’ajustement!

Alors que les crises s’accumulent pour les agriculteurs, les décisions prises au niveau européen deviennent tout simplement insupportables. Accords de libre-échange, nouvelles taxes sur les intrants, flambée des coûts du GNR : à chaque fois, c’est l’agriculture qui sert de variable d’ajustement.

L’annonce de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et l’Australie constitue une nouvelle provocation pour les agriculteurs français. Après le passage en force du Mercosur, l’Europe continue d’ouvrir son marché à des productions étrangères qui ne respectent pas les mêmes normes que celles imposées à nos agriculteurs.

Avec des importations de bœuf (30 600 t), de viande ovine (25 000 t – dont seulement 27 % de surgelé), de sucre (35 000 t) et de riz (8 500 t), bénéficiant de droits de douane réduits, toutes nos productions sont concernées. Comme si les volumes d’importations prévus dans l’accord avec le MERCOSUR ne suffisaient pas! Ces décisions contribuent à déséquilibrer les marchés agricoles et, dans une période habituellement plus calme, les stocks de viande commencent déjà à se reconstituer.

À cela s’ajoute l’obstination de la Commission européenne sur le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) appliqué aux engrais. Alors que des engagements avaient été pris pour suspendre ce dispositif face à la crise agricole, la Commission est revenue sur sa parole. Cette décision est incompréhensible pour les agriculteurs mobilisés depuis des mois.

Dans le même temps, la flambée des prix de l’énergie liée aux conflits internationaux pèse lourdement sur les exploitations. En pleine période de travaux agricoles, les producteurs ne peuvent ni arrêter de travailler, ni attendre une hypothétique baisse du prix du carburant. Ils ont besoin de réponses rapides et concrètes.

Redonner aux agriculteurs la liberté d’entreprendre est essentiel pour garantir durablement notre souveraineté alimentaire. Il n’est pas acceptable d’exiger toujours davantage d’efforts environnementaux tout en organisant une concurrence déloyale et en alourdissant continuellement les charges.

Nous demandons : • l’arrêt des concessions agricoles dans les accords de libre-échange,

                            • la suppression immédiate de la taxe MACF sur les engrais,

                            • des mesures urgentes face à la flambée des coûts de l’énergie et des intrants.

Produire pour nourrir la population n’est pas une variable d’ajustement. C’est une mission essentielle.

Contacts: Christian BAJARD, président FDSEA 71 – 06.85.40.21.84

               Maxime BONNOT, président JA71 – 06.88.41.00.83