
À la suite de la mobilisation du 2 avril, les retraités CGT du bassin mâconnais ont rencontré ce mercredi matin la direction du Centre Hospitalier de Mâcon. Forts de nombreux témoignages d’usagers, ils entendent peser dans le débat sur l’accès aux soins et dénoncer une situation jugée de plus en plus préoccupante.
Ce mercredi 15 avril 2026, devant l’hôpital de Mâcon, l’ambiance était à la fois déterminée et chaleureuse. Dès 10h30, les membres du syndicat CGT des retraité·es du bassin mâconnais ont distribué tracts et cartes-pétition aux usagers. Une initiative largement soutenue par la population, selon les militants présents, qui évoquent un "très bon accueil" et une mobilisation encourageante.
Cette action s’inscrit dans la continuité de la journée du 2 avril dernier, qui avait permis de recueillir de nombreux témoignages d’usagers confrontés à des difficultés d’accès aux soins. Ces remontées de terrain ont été portées directement à la direction de l’établissement lors d’une rencontre organisée à 11h.
À l’issue de cet entretien, Bruno Maldonado, secrétaire général du syndicat, a salué "la qualité d’écoute" de la direction, tout en insistant sur le caractère concret et pragmatique des échanges. Parmi les sujets abordés : les dépassements d’honoraires et la place croissante du secteur privé au sein de l’hôpital et du groupement hospitalier, jugés responsables d’une exclusion progressive d’une partie de la population.
Autres préoccupations majeures : le manque de personnel administratif entraînant des difficultés à joindre les services, ainsi que l’insuffisance de spécialistes, notamment en radiologie. "Des revendications précises et urgentes ont été portées par notre délégation. Les usagers demandent des mesures immédiates pour améliorer la prise en charge :
- Une réponse effective aux appels pour la prise de rendez-vous,
- La réouverture ou la création de lits pour réduire l’attente aux urgences,
- Le développement de services essentiels (radiologie, neurologie, oncologie, urologie). Pour la neurologie, une perspective a été ouverte par la direction, celle de la création d’un service avec 3 spécialistes, à l’horizon 2027,
- Un accès facilité à la cardiologie et au maintien des consultations en ophtalmologie,
- Une réduction significative des délais d’attente,
- Une meilleure coordination des sorties d’hospitalisation, notamment pour les publics fragiles,
- Le recours à du personnel qualifié et diplômé dans les services et les structures médico-sociales."
Bruno Maldonado, comme sa collègue Martine Frémy, parle d’un malaise structurel qu’ils tiennent à dénoncer.
Au-delà des problématiques locales, le syndicat alerte sur une dégradation globale du système de santé. Il pointe les effets cumulés des politiques d’austérité et de la libéralisation des services publics : fermetures de lits et d’établissements, allongement des délais, reste à charge en hausse.
Les chiffres avancés sont préoccupants : des millions de patients sans médecin traitant, renoncements aux soins en hausse, et creusement des inégalités sociales de santé. "L’hôpital public est malade", martèlent les représentants CGT, dénonçant une logique de rentabilité incompatible avec les missions de service public.
Une mobilisation appelée à se poursuivre
Ce point presse marque une étape dans une mobilisation qui pourrait s’inscrire dans la durée. Les retraités CGT entendent continuer à relayer les attentes des usagers et maintenir la pression sur les décideurs.
Le message est clair : l’accès aux soins est un enjeu vital, et la population du bassin mâconnais entend bien se faire entendre.
Jean-Yves Beaudot



