Ce dimanche matin, à Mâcon, une cérémonie s'est tenue devant la plaque commémorative du docteur Léon Israël, assassiné par la Milice en 1944, à l'occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux Justes de France.
 
 
Autorités civiles et militaires, représentants d'associations patriotiques, membres de l'Association culturelle israélite de Mâcon et porte-drapeaux se sont réunis devant la plaque commémorative en hommage au docteur Léon Israël.
 
Après l'accueil des autorités, la cérémonie s'est articulée autour des allocutions de Mario Benzazon, président de l'Association culturelle israélite de Mâcon, de Jean-Patrick Courtois, maire de Mâcon et vice-président du Conseil départemental de Saône-et-Loire, puis de la lecture du message ministériel par Salwa Philibert, sous-préfète, directrice de cabinet du préfet de Saône-et-Loire.
 
"Ne pas détourner le regard de notre passé"
 
Premier à prendre la parole, Mario Benzazon a rappelé le sens de cette journée nationale de mémoire. "Nous voici réunis parce que nous avons fait le choix de ne pas détourner le regard de notre passé", a déclaré le président de l'Association culturelle israélite de Mâcon. Revenant sur la rafle du Vél' d'Hiv' des 16 et 17 juillet 1942, il a rappelé que plus de 13 000 Juifs, dont plus de 4 000 enfants, furent arrêtés avant d'être déportés vers les camps d'extermination.
 
Évoquant la disparition récente d'Arlette Testyler, rescapée de la rafle, il a insisté sur la nécessité de poursuivre la transmission alors que disparaissent peu à peu les derniers témoins directs de la Shoah. "Les derniers témoins disparaissent, mais le témoignage ne doit jamais disparaître avec eux."
 
Mario Benzazon a également alerté sur la résurgence de l'antisémitisme, estimant que "l'antisémitisme n'est jamais seulement le problème des Juifs, il est le signal d'alarme d'une République qui vacille". Avant de conclure, il a rendu hommage aux Justes parmi les Nations ainsi qu'au docteur Léon Israël, assassiné par la Milice dans cet immeuble.
 
"La mémoire éclaire notre présent et guide notre avenir"
 
Prenant ensuite la parole, Jean-Patrick Courtois a souligné l'importance de transmettre cette histoire aux jeunes générations. "La mémoire éclaire notre présent et guide notre avenir", a rappelé le maire de Mâcon.
 
Revenant sur le discours historique prononcé par Jacques Chirac le 16 juillet 1995, il a cité les mots du président de la République reconnaissant la responsabilité de l'État français : "La folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français."
 
Pour Jean-Patrick Courtois, reconnaître cette vérité historique "n'est jamais un acte de faiblesse", mais bien "un acte de fidélité aux valeurs de la République". Il a également salué le courage des Justes de France qui, au péril de leur vie, sauvèrent des familles juives. Face au racisme, à l'antisémitisme et aux discours de haine, il a appelé chacun à demeurer vigilant, rappelant que "les mots de haine précèdent souvent les actes de haine".
 
Le message de la ministre
 
La cérémonie s'est poursuivie avec la lecture du message officiel de Patricia Mirallès, ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, par Salwa Philibert, sous-préfète, directrice de cabinet du préfet de Saône-et-Loire.
 
Le texte est revenu sur la responsabilité de l'État français dans les persécutions antisémites menées sous le régime de Vichy, sur les conditions inhumaines dans lesquelles furent enfermées les familles lors de la rafle du Vél' d'Hiv' et sur le destin des 76 000 Juifs déportés depuis la France entre 1942 et 1944.
 
Le message a également rendu un hommage appuyé aux Justes parmi les Nations, ces femmes et ces hommes qui, au péril de leur vie, sauvèrent des Juifs des persécutions. Il rappelait enfin que cette mémoire demeure un engagement permanent contre toutes les formes de haine, de racisme et d'antisémitisme, au nom des valeurs de la République : "Liberté, Égalité, Fraternité."
 
La cérémonie s'est achevée par l'interprétation du Chant des Marais, suivie du dépôt de gerbes devant la plaque commémorative, de la sonnerie aux morts, d'un moment de recueillement et de la Marseillaise.
 
 
Yvan Peinaud