
Ce samedi matin, deux cérémonies commémoratives se sont successivement déroulées à Varennes-lès-Mâcon puis à Vinzelles afin de rendre hommage à cinq victimes des tragiques journées des 26 et 27 août 1944.
Plus de huit décennies ont passé, mais le devoir de mémoire demeure. À l'initiative des Combattants volontaires de la Résistance (CVR) et de l'Amicale du Maquis de Beaubery et du Bataillon du Charolais, élus, représentants du monde combattant, porte-drapeaux, sapeurs-pompiers et habitants se sont réunis ce samedi 29 août pour honorer celles et ceux qui ont perdu la vie à quelques jours de la Libération.
Un premier hommage à Varennes-lès-Mâcon
La matinée a débuté à 10 h 30 à Varennes-lès-Mâcon, place du 27-Août-1944. Devant le monument, les participants ont rendu hommage à Paul Duby, Alfred Lutaud et Mme veuve Lenoir, victimes des événements du 27 août 1944.
Les nombreux porte-drapeaux ont accompagné ce moment de recueillement, marqué notamment par les prises de parole et les dépôts de gerbes.
La cérémonie s'est déroulée en présence notamment de René-Pierre Daniel, maire de Varennes-lès-Mâcon, Pascal Large, maire de Vinzelles, Laurent Manson, maire de Beaubery, ainsi que d'Anne Brochette, maire de Vergisson et suppléante du député Benjamin Dirx.
Jean-François Cognard, conseiller départemental du canton de La Chapelle-de-Guinchay, Hervé Reynaud, vice-président du Conseil départemental de Saône-et-Loire, et Jean-Marie Loisier, président de la section de Saône-et-Loire de la Société des membres de la Légion d'honneur, étaient également présents.
À leurs côtés figuraient Sébastien Joly, président des Combattants volontaires de la Résistance, section Cluny-Mâcon-Chalon, et André Auclair, président de l'Amicale du Maquis de Beaubery et du Bataillon du Charolais.
Sur les traces du Maquis de Beaubery à Vinzelles
À 11 heures, le cortège a rejoint le lieu-dit Les Cadots, à Vinzelles, pour un second temps de recueillement en mémoire du lieutenant François Dumont et du soldat Louis Grosjean, tués le 26 août 1944.
Ce jour-là, vers 19 heures, une section du Bataillon du Charolais effectuait une patrouille offensive en direction de la voie ferrée et de la route nationale lorsqu'elle tomba dans une embuscade tendue par les troupes allemandes.
Sous un feu nourri, le lieutenant François Dumont protégea le repli de ses hommes. Louis Grosjean fut quant à lui mortellement touché alors qu'il tentait de récupérer son arme antichar. Leurs corps furent ramenés le lendemain matin.
Deux autres maquisards, Joanny Bonin et Joseph Laronze, furent blessés lors de l'affrontement. Soignés dans un premier temps à la boulangerie de Vinzelles, ils furent ensuite conduits à l'hôpital de Cluny avant d'être transférés à Lyon.
Cette histoire est aujourd'hui racontée aux Cadots grâce à un pupitre mémoriel réalisé en 2025 par l'Amicale du Maquis de Beaubery et les Combattants volontaires de la Résistance, à partir de textes d'André Auclair et Sébastien Joly.
Créé en novembre 1942, le Maquis de Beaubery avait progressivement grossi avec l'arrivée de nombreux réfractaires au Service du travail obligatoire. Devenu Bataillon du Charolais en 1944, il comptait alors plusieurs centaines d'hommes et participa activement aux combats de la Libération.
Yvan Peinaud



























