Monsieur Vincent Faguet, Maire de Sénozan a interpellé le Président de Mâconnais-Beaujolais Agglomération ce mercredi soir lors du conseil communautaire consacré au vote du budget.
Son intervention s'inscrivait dans la continuité de courriers envoyés au Président. Courriers qui traduisent « une attente croissante : celle d'un débat apaisé, mais exigeant, sur la gouvernance de notre territoire », a-t-il souligné.
Depuis quelques temps des maires ruraux se réunissent, ne trouvant pas de réponses à la hauteur de la complexité du territoire, ni à la diversité des attentes de ses élus et habitants.
« Nous souhaitons une gouvernance qui écoute, qui équilibre, qui projette », a indiqué l'élu. « Une agglomération ne se résume pas à une addition de budgets ou à une logique de compensation financière. Elle doit être un projet commun, où les spécificités de chacun, sont reconnues et intégrées dans une vision d'avenir. »
Ces Maires ruraux demandent une méthode : un pacte de gouvernance qui fixe des règles claires, équitables et qui associe tous les acteurs à la définition des priorités.
« Une agglomération ne peut se réduire à une juxtaposition d'intérêts concurrents. Elle doit incarner une ambition partagée, où la force du collectif l'emporte sur les logiques particulières »
Et Monsieur le Maire de conclure sur ces mots : « Nous ne voulons pas renverser la table. Nous voulons l'élargir pour que chacun y trouve sa place, pour que les décisions prises ici reflètent notre diversité. Nous souhaiterions que le Président de l'agglo qui est assis à votre place soit véritablement le Président de l'agglo et non le maire de Mâcon. Monsieur le Président, nous vous demandons de nous donner les moyens de formaliser, ensemble, les règles d'une gouvernance transparente, apaisée, efficace et équitable. »
Par ailleurs, à l'issue du vote du budget, Monsieur Émile Blondet, Mâcon demain, a émis plusieurs remarques :
« Je vais me répéter un peu mais il y a trois choses qui frappent :
· D’abord, c’est le manque de vision d’ensemble. La documentation budgétaire est assez symptomatique sur ce point, on est sur une juxtaposition de flux financiers entre l’agglomération et les communes. Mais on n’a pas de vision de ce qu’on veut faire d’ici 6 ans / 7 ans. J’espère que le travail que vous annoncez sur le pacte de gouvernance sera l’occasion d’y remédier ;
· Deuxièmement, c’est un refus de réinterroger certains choix, d’évaluer l’efficacité de ce qu’on fait et d’en tirer les conséquences... Je crois qu’il faudrait être capable de dresser un vrai bilan – qui ne se contente pas de quelques chiffres macro, qui au demeurant ne sont pas aussi bon que vous le dites.
· Enfin troisième point, c’est le manque d’ambition face à des besoins qui sont forts.
- La petite enfance à Mâcon, une famille sur deux est sans solution et 20% des assistantes maternelles partiront à la retraite sous 5 ans. Et on a le sentiment qu’on ne veut pas se saisir pleinement de cette compétence. On dit le privé fera. Mais je crois qu’il faut être pragmatique et sans dogmatisme : public ou privé, l’urgence aujourd’hui c’est que les familles aient une solution pour un reste à charge soutenable.
- Un deuxième sujet qui manque d’ambition c’est le transport : on voit les limites du système en ce moment où les prix du carburants explosent et beaucoup se retrouvent sans solution de substitution soit parce que les dessertes ou les horaires ne sont pas adapté. Il y a besoin d’une vraie remise à plat avec notre opérateur de transport pour revoir en profondeur l’offre de transport et l’adapter aux besoins des habitants : avec des bus qui soient plus fréquents, qui passent plus tard jusqu’à 22h et ce tous les jours de la semaine. »
Maryse Amélineau