mardi 16 juillet 2019

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L'Association Sauvegarde de Soufflot et du patrimoine mâconnais a tenu son assemblée générale ce vendredi 8 mars, à la salle n°1 du pavillon et présenté son rapport moral et d'activité 2018.

Merci d’être là et de vous intéresser encore et toujours au patrimoine de notre ville de Mâcon et plus généralement du Mâconnais.

En 2018, notre association comptait 55 membres et le conseil d’administration – qui ne demande qu’à se renforcer – s’est réuni à 8 reprises? sans compter les réunions spécifiques et autres expéditions, de photos notamment.

Ces préliminaires étant posés, place maintenant à la liste de nos actions menées durant cette année.

Comme d’habitude, parlons tout d’abord de La Charité.

Chacun a pu voir la semaine dernière, la presse relater la visite des élus, avec force photos des travaux en cours. Il se trouve que nous en avons eu la primeur le jeudi 14 février dernier, sous la conduite de l’architecte en charge du chantier, Mme D’Artigues. Les photos que vous avez pu voir en arrivant ont été prises à cette occasion.

Qu’avons-nous vu et appris ce jour-là ?

Tout d’abord, les travaux sont bien engagés et l’ensemble des lieux a été nettoyé des gravats et autres cadavres d’oiseaux. Les différentes verrues qui existaient dans les cours ont été éliminées ce qui rend la lecture de l’architecture particulièrement attrayante et facile.

Les ouvriers tiraient les enduits des façades du bâtiment donnant sur la cour principale et procédaient aux derniers préparatifs (câbles électriques et renforcement des poutres) des 2 étages supérieurs avant le coulage d’une chape.

Nous avons appris qu’un puits avait été découvert dans la cour et, a priori, remblayé et qu’un cheminement dans les parties communes serait instauré pour des visites en nombre restreint. Combien de visites par an ? Nous ne le savons pas mais nous nous en réjouissons quand même.

Si nous voulons être optimistes ou prétentieux nous dirons que cette possibilité vient de la suite de notre courrier d’alerte auprès de la ministre de la Culture de l’époque Mme Françoise Nyssen. Notre courrier a d’ailleurs eu une réponse datée du 3 mai.

Pour être plus prosaïque et plus franc, ce parcours serait plutôt à mettre sur le compte d’avantages fiscaux supplémentaires obtenus par les propriétaires et le maitre d’œuvre François Premier.

Nous avons appris également que le bas-relief représentant une allégorie de la Charité entourée des quatre saisons datant du 16ème siècle, classé MH en 1929 et propriété du Centre Hospitalier de Mâcon, serait remis en place dans le bâtiment et que la façade en bois -et donc ses tiroirs - de l’herboristerie sera intégrée dans la cuisine d’un appartement. Nous sommes opposés à la privatisation de ces éléments et nous ferons un courrier à la DRAC de Bourgogne Franche-Comté dans ce sens.

Pour revenir sur la visite, nous avons avec plaisir revu la chapelle. Elle sera bien propriété de la ville et sera annexée au Musée des Ursulines. Pour en faire quoi ? Nous supposons que les élus de la majorité réfléchissent très fort à son utilisation ! Les manants attendent leur décision !

Nous avons pu accéder au-dessus du dôme de la chapelle et avons constaté, non sans émotion, que le treuil servant à manœuvrer le chandelier central existait toujours et même qu’une corde était encore là. Peut-être pas d’origine du bâtiment celle-là !

Comme je vous le disais, l’an dernier nous n’avons eu aucun rapport avec la DRAC. Je médis, nous avons reçu un courriel de M. Wenzel, en charge du chantier. Il répondait à notre inquiétude de voir durant l’arrêt des travaux pendant l’été, des portes et fenêtres ouvertes et le tout déverrouillé. Sa réponse a été sidérante : nous ne nous adressions pas à la bonne personne, il fallait intervenir auprès du propriétaire des lieux !

Mme Marie Guibert, Architecte des Bâtiments de France nouvellement nommée, est comme la précédente, court-circuitée. Elle a seulement donné un avis sur la couleur de la façade côté quai. Elle a opté pour sable de Saône.

Nous avions demandé, par courrier à la DRAC, que la couleur de l’enduit soit proche de celle la pierre de St Martin-Belle-Roche existante et à la vue des Mâconnais depuis 1762.

  • L’exposition « Ouvertures » s’est finalement tenue les 15 et 16 septembre, week-end des Journées Européennes du Patrimoine, dans la salle Lacroix de l’Académie. 300 personnes l’ont visitée.

Lors de l’AG de l’an dernier, je vous laissais entendre que nous étions sur le point de renoncer puisqu’aucune réponse de la mairie pour occuper la salle F. Martin depuis près d’un an n’était venue. Un sursaut "d’orgueil » nous a finalement saisi d’où la location de la salle Lacroix.

Cette exposition visait à mettre en valeur une partie du patrimoine oublié, négligé ou tout simplement qu’on ne remarque plus dans les rues de notre ville. Il y avait donc des photos (essentiellement réalisées par Françoise et Jean-Luc) de portes, fenêtres, impostes, soupiraux, serrures, heurtoirs… une sculpture de Maxime Descombin (Semences), aimablement prêtée par Daniel Ray, une de Jean-Luc, une de Françoise, des documents permettant la comparaison entre hier et aujourd’hui et … une porte de cellule de l'ancienne prison de Mâcon.

Nous voulions absolument avoir une telle porte de ce bâtiment, promis à la démolition que nous avions visité le 5 avril. Jusqu’à la dernière minute la réponse du Président du TGI s’est faite attendre. Elle fut favorable et nous avons transporté vaillamment ce précieux mais lourd témoin de la vie carcérale dans notre ville. L’ériger fut une autre épreuve mais nous avons pu installer un illustre prisonnier dans le cachot créé : J.G Soufflot (d’après Van-Loo) grâce à l’humour de Jean-Luc.

Pour terminer, savez-vous que la porte a été donnée au musée des Ursulibes où Mme Moyne-Charlet l’a accueillie et l’expose en permanence. Nous avons même droit au fait que l’association soit mentionnée sur le cartel.

  • Nous avons passé avec nos amis lyonnais de DCLC (De Condate à Lyon Confluence) une journée à Cluny. C’était le 26 mai par un temps radieux.

Nous étions 25 mais nous étions minoritaires puisque nos amis étaient venus en nombre (14 Lyonnais).

Le matin, nous avons sillonné les rues de la vieille cité en admirant, sous la conduite de notre guide M. Maréchal, de l’association du Centre des Etudes Clunisiennes, les différentes façades. Nous avons pu pénétrer dans deux maisons remarquables et profiter de points de vue intéressants sur la ville et son abbaye.

L’après-midi a été consacrée à l’abbaye que nous avons visitée avec un guide.

Une très bonne journée que nous avons voulu prolonger, ce soir, avec la venue de M. J.D. Salvèque, président de l’association, qui nous fera un exposé intitulé « Cluny, la ville et l’Abbaye au Moyen Âge, son patrimoine monumental », afin de compléter nos connaissances et donner envie de retourner à Cluny.

  • Pour compléter le tour d’horizon de nos activités en 2018, sachez que nous nous sommes inquiétés du devenir de La Visitation. Aux dernières nouvelles, elle serait sur le point d’être vendue mais la chapelle menacerait de tomber en ruine.

Nous nous sommes inquiétés également de la disparition des arbres dans la ville, notamment lors de la rénovation des places aux allures toujours plus minérales et faites pour accueillir des voitures. Nous envisageons un recensement annuel de ces disparitions.

Nous avons participé à la fête du Vin Nouveau à Prissé et obtenu enfin la salle François Martin pendant deux semaines en 2020, du 7 au 20 septembre (dans la période encadrant les JOurnées Européennes du Patrimoine). L’exposition que nous projetons sera dédiée à l’Hôtel-Dieu

  • Pour finir, le projet communal « Coeur de ville, Coeur de vie », avec ses 64 actions en 5 ans et ses 130 M€, a retenu toute notre attention.

Si nous n’avons pas boudé le plaisir de voir la Charité figurer en première place, bien que nommée mal à propos "Résidence Soufflot", nous nous sommes enquis auprès de M. le Maire des sommes consacrées à ce monument historique. Sans succès.

Nous nous sommes étonnés de voir que la seule association choisie pour siéger à la commission locale de l’architecture et du patrimoine était « Mâcon Tendances », association de commerçants, certes respectable, mais qui ne s’est jamais distinguée dans la défense ni la promotion du patrimoine.

Nous avons aussi déploré le fait que rien ne soit proposé pour endiguer la croissance des grandes surfaces en périphérie et réaliser des investissements structurants dans le centre-ville, en déshérence totale.

M. le Maire nous a répondu - si, si ! – Il nous demande de comprendre que ce plan reste « avant tout, orienté en direction du commerce et de l’économie de notre centre-ville »

Cette opération sera un coup d’épée dans l’eau – avec 30 M€ d’argent public à la clé tout de même.

Comment peut-on espérer réanimer un centre-ville sans mettre en valeur sa spécificité, c’est-à-dire ce que l’on trouve nulle part ailleurs par exemple :

  • La Charité maintenant privatisée
  • L’Hôtel de Senecé en vente
  • Le musée Descombin, qui n'est toujours pas sorti de terre, bafouant l’engagement de la Ville pris lors de la donation de l’artiste, vieille de plus de 20 ans. Et sans embellir la ville d’œuvres d’art installés dans l’espace public.

Personne ne viendra spécialement acheter à Mâcon dans des commerces pour la plupart franchisés que l’on peut retrouver partout.

  • Il est temps de passer à ce que nous projetons de faire en 2019

Toute notre attention sera retenue par les travaux de la Charité et nous essaierons de pénétrer dans le bâtiment pour juger de l’avancement de la réhabilitation. Nous essaierons de percer le mystère de l’utilisation de la chapelle.

Nous suivrons également les travaux de la place aux Herbes, de l’ilot des Minimes, la rénovation des places, la Visitation dont je vous disais que la vente était proche, la prison et le projet plus ou moins enlisé de la Cité judiciaire.

Une grande partie de notre temps sera pris par le montage de notre exposition 2020 sur l’Hôtel-Dieu, cet autre bâtiment emblématique de la ville que nous ne souhaitons vraiment pas voir tomber dans le privé à terme.

A ce propos, nous faisons appel à vous pour nous donner des idées, des pistes ou faire remonter des témoignages, trouver des financements. Il faut que cette exposition soit de bon niveau, au moins égal à celui de 2013, lors de l’exposition sur J.G. Soufflot.

Nous participerons à notre manière aux JOurnées Europénnes du Patrimoine, vraisemblablement par la tenue d’un stand rue Carnot.

Nous nous rendrons à Lyon, le samedi 18 mai, à l’invitation de nos amis de DCLC. Au programme : la visite de l’Hôtel-Dieu, maintenant rénové et le quartier de la Croix-Rousse, à la découverte du monde des canuts et des soyeux. Retenez la date, nous vous enverrons courant avril des informations complémentaires. Ça serait bien que la délégation mâconnaise s’étoffe un peu.

Pour terminer ce déjà trop long exposé, je tiens cependant à vous dire combien les menaces pèsent sur le patrimoine de France.

Pas un mot dans les orientations imposées du Grand Débat, actuellement en cours, sur la culture et sur le patrimoine. Cela montre bien que la culture est considérée par nos dirigeants comme un divertissement et une affaire personnelle réservée aux initiés.

De même, la récente loi Elan qui supprime l’avis conforme des Architectes des Bâtiments de France ne peut qu’inquiéter, tant une grande partie des élus locaux est soucieuse de se soustraire aux contraintes dans les décisions d’urbanisme.

Merci de votre attention.