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25 novembre 2015 dans la ZUP de Mâcon. Le chien policier marque devant une cave d'immeuble lors d'une réquisition. Il gueule, gratte la porte. Les policiers sont persuadés : quelque chose doit se trouver dans ce local.

 

Près d'un kilo de résine de cannabis et une arme de feu

 

La porte de l'appartement en face s'ouvre, il apparait Ludovic U. et un ami. Ludovic U. indique être le propriétaire de cette cave mais ne pas en avoir les clés car il aurait prêté cette pièce à un ami. Faute de clés, la police force la porte et trouve aussitôt ce qui a attiré l'attention du chien : un sac de 800g de résine de cannabis et un fusil de chasse 12 mm avec 27 cartouches dont l'acquisition et la détention sont soumises à une autorisation.

La fouille se poursuis alors dans l'appartement de Ludovic U. qui est aussitôt placé sous détention provisoire pour quelques jours. Le chien policier s'agite de nouveau : Les policiers trouvent alors 235g de résine de cannabis dans une sacoche, accompagné de matériel de dealer – une balance, un couteau de cuisine, du cellophane et une pipe seront confisqués par les forces de l'ordre.

Voilà les faits.

 

Parole contre parole

 

Rentre alors en jeu une autre personne : le jeune Hamza A., la personne à laquelle Ludovic U. aurait prêté la cave pour stocker, et son appartement pour préparer la résine de cannabis, et qui serait selon lui le propriétaire des stupéfiants et de l'arme.

« Il venait détailler chez moi et après il partait. Je ne l'ai jamais vraiment vu vendre », affirme-t-il. D'ailleurs, il lui en aurait acheté une seule fois pour « 10 ou 20 euros », et n'aurais jamais tiré un avantage financier de cette situation – version soutenu par le témoignage de son ami : ils auraient même demandé à plusieurs reprises à Hamza A. d'arrêter, mais « plus on lui disait d'arrêter, plus il en ramenait ». Témoignage précieux en faveur de Ludovic U. puisque son ami sera interrogé pendant que celui-ci. sera en détention provisoire – une concertation des témoignages est donc impossible.

Et pourtant, Hamza A. nie son implication en tant que propriétaire et vendeur de la marchandise illicite tout au long du procès. En fait, dans sa version, les rôles sont quelque peu inversés : il serait fréquemment venu chez Ludovic U. (« une trentaine de fois par mois ») pour acheter de la résine de Cannabis. Donc c'est lui qui serait en réalité le dealer. Il n'aurait eu aucune connaissance de l'arme.

Parole contre parole donc même si les preuves soutiennent la version de Ludovic U.

 

D'un côté on se repenti…

 

Ludovic U. a une trentaine d'années. La tête rasé, blouson style bombers, il a les traits marqués – il consomme selon lui une douzaine de joints par jour depuis qu'il a quinze ans. Depuis le début de la procédure, il aurait considérablement réduit sa consommation.

Devant le Juge, il est très calme, marmonne presque. Placé sous contrôle judiciaire, il doit justifier de ses efforts depuis le début de la procédure. Dans ce rapport, il est qualifié en tant que « jeune adulte en difficulté personnelle » et, surtout, « très influençable ».

Depuis novembre 2015, il travaille régulièrement en tant qu'intérimaire. Il a coupé tout contact avec ses mauvaises fréquentations et est suivi par un centre d'addictologie. La justice voit donc que ce jeune homme fait un vrai effort. Lors de son arrestation, il aurait dit que ce serait « la première et la dernières fois ». Bref, Ludovic U. se repent.

« Vous courez de grands risques, Monsieur U. », lui rappelle le Juge. Effectivement, aujourd'hui il a dû répondre devant la justice pour complicité de vente non-autorisée de stupéfiants. Car même s'il n'était pas le propriétaire de la marchandise, il s'est fait complice en mettant sa cave et son appartement à disposition.

Hamza A. aurait selon lui « insisté » pour avoir la clé. Au début, il se serait agit « d'une baguette, après de deux barettes » jusqu'à venir à presqu'un kilo le jour le l'intervention de la police. « Je voulais le faire arrêter de stocker chez moi. En plus, je n'y gagnais rien », dit-il. « Et pourquoi ne pas avoir dit non ? » l'interroge le Juge. « Vous saviez ce que vous risquiez. »

— « Je ne savais pas ce qu'il y avait dans la cave », se défend Ludovic U.

« Il a manqué de lucidité dans ce dossier, il est influençable », dira plus tard le Procureur.

 

de l'autre on nie

 

Hamza A. pendant ce temps écoute derrière une vitre, flanqué de chaque côté d'un policier – la procédure standard pour un accusé placé sous détention provisoire. Il aura 20 ans dans quelques semaines. Les cheveux mi-longs bouclés et vêtements colorés, il semble indifférent à ce qui se passe dans cette salle. Actuellement sans diplôme, il a quitté le lycée en 1ère. Il n'a pas d'emploi et donc pas de ressources. Logé chez ses parents, il a été condamné à plusieurs reprises, entre autres dans une affaire de stupéfiants. Son dossier ne parle donc pas en sa faveur. Le rapport judiciaire non plus, ne l'aidera pas : il aurait été « très peu collaborateur », méfiant, sur ses gardes ».

Tout au long de la procédure il niera son implication : « Je suis un simple petit consommateur ». Contrairement à Ludovic U., il est agité, il se sent traité injustement : « On lui [Ludovic U.] donne une chance, moi on ne m'en a jamais donné. C'est moi qui est jeune et c'est moi qui est en prison depuis un mois. C'est lui qui devrait être à ma place. », s'exclame-t-il.

Pourtant, « sur ce dossier beaucoup de points objectifs attestent les infractions qui lui [Hamza A.] sont reprochés », rappelle le Procureur. Ses réponses seraient « de plus en plus vagues et farfelus », voire « mensongères ».

On a par exemple trouvé les empreintes de Hamza A. sur les emballages de drogue et sur l'arme, dont il nie pourtant la connaissance. Il explique l'absence des empreintes de Ludovic U. sur les emballages par le fait que celui-ci aurait pris des précautions en portant des gants. Peu probable selon le Procureur puisque Ludovic U n'a jamais été condamné dans une affaire de stupéfiants, bien que Hamza A. oui.

Et puis, la déclaration de Ludovic U. et celle de son ami, l'unique témoin, concordent. Ce témoin aurait d'ailleurs subi une agression physique dans la rue quelques jours avant la détention de Hamza A. Trois jeunes, pour l'instant non identifiés, l'auraient agressés et mis en garde : « La prochaine fois, ça sera des coups de couteaux. » L'incident s'est produit un jour après le retour de Hamza A. d'un séjour au Maroc. Hasard ? Le Procureur ne veut pas y croire.

 

Verdict

 

Le Juge non plus d'ailleurs. Ludovic U. prend une peine d'un an de prison assorti d'un sursis avec mise à l'épreuve pendant 2 ans. Hamza A. quant à lui prend 30 mois de prison ferme.

Juste avant l'annonce de cette décision, un jeune ami de Hamza A. essaie de communiquer avec lui à travers la vitre. Avant d'être éloigné par un policier, il lui lance « t'inquiète pas, tu vas sortir de là ! ». Il se sera trompé.

Delphine Nölke

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