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Avec une cinquantaine de membres au compteur, l’association « Sauvegarde de Soufflot et du patrimoine mâconnais », dont la plupart sont venus à l’assemblée générale qui s’est tenue dans une des salles municipales du Pavillon, a démontré, s’il en était besoin, toute sa vitalité.

 

Hormis le, très attendu, rapport moral, a eu lieu un exposé de Daniel Barthélemy, président du G.A.M. (Groupement archéologique mâconnais) qui a parlé des fouilles récentes sur Mâcon.

 

Le président Roland Tavel, dans son préambule, a déploré, non sans humour et un tantinet sarcastique, le quasi-ostracisme dont fait preuve la municipalité de Mâcon envers l’association, au point de ne pas lui envoyer une invitation aux vœux du maire aux associations.

 

Comme d’habitude, La Charité a été la vedette de cette assemblée, mais pas seulement : il fut aussi question de la Visitation (rien de neuf, pour faire court !), de la maison d’arrêt (l’association lance un appel pour rencontrer soit d’anciens détenus, soit du personnel pénitentiaire), de l’Hôtel-Dieu, des portes disparues. Une équipe a continué d’arpenter les rues pour photographier les portes remarquables, des cours intérieures, traboules, et détails architecturaux en vue d’une exposition photographique.

 

 

L’accessibilité de La Charité en question

 

Pour en revenir à La Charité, Roland Tavel a rappelé que l’autorisation de travaux date du 3 mars et que le dossier est consultable au service de l’urbanisme de la ville. C’est gratuit et on a deux mois pour le faire. Que faut-il retenir de ce projet ? D’abord que ce bâtiment est privé, et par conséquent les Mâconnaises et Mâconnais ne pourront pas avoir accès à ce joyau vu que la cour, dans l’état actuel du programme, ne sera pas traversante. Et malgré que l’apothicairerie sera bien remontée en place (mais pas le laboratoire qui se voit intégré à un appartement) et le lavoir conservé à la demande du DRAC, qui va pouvoir voir ça ?

 

À part, peut-être, lors des journées J.E.P. (Journée européenne du patrimoine) ? D’autres questions se sont posées également quant au devenir de la chapelle Soufflot proprement dit (non visitable depuis 2002) Lieu culturel ? Cultuel ? Revenir au vieux projet d’un musée dit de la « Chasuble épiscopale » d’il y a 20 ans ? (sourires entendus de l’assistance). Une question, posée par un auditeur, a concerné l’accès aux tribunes de la chapelle qui se fait actuellement par l’escalier principal. Du fait de la privatisation des lieux, il y a un risque de fermeture pure et simple, alors que la chapelle reviendra à la Ville de Mâcon pour l’euro symbolique et que, de ce fait, les Mâconnais en seront copropriétaires !

 

L’A.G. s’est poursuivie par l’exposé des comptes. Les deux rapports ont été approuvés à l’unanimité avec applaudissements.

 

Des fouilles riches et prometteuses, par Daniel Barthélemy

 

Archéologie en Mâconnais : « La plus belle découverte sera la prochaine ! » Ainsi parlait Daniel Barthélemy, « l'homme qui marche sur un palimpseste » (parchemin dont l’écriture d’origine a été effacée au profit d’une autre - NDLR- revoir notre article du dimanche 13 mars 2016, de Florence Saint-Arroman).

 

Un retour magistral, s’il en fut, sur les évènements archéologiques récents à Mâcon que nous pourrions intituler 'de 2011, à nos jours'. En effet, bien des choses se sont passées entre les découvertes des sarcophages de la rue Gambetta, aux fouilles (encore à venir, prochainement) de l’ilot des Minimes.

 

Daniel Barthélemy : … « Mâcon avec ses quelques vingt-et-un siècles d'existence conserve dans son sous-sol de nombreuses traces de son passé. Les travaux d'aménagement dans la ville sont à chaque fois l'occasion d'exhumer des parcelles de cette longue histoire. Ces six dernières années, diverses opérations d'archéologie préventive ont mis en valeur des fragments de l'histoire antique et médiévale de la cité. Les acteurs de cette recherche ont été le Groupement Archéologique du Mâconnais (GAM), l'Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (Inrap) et l'opérateur privé Archeodunum. L'ensemble des travaux entrepris l'a été sous le contrôle du ministère de la Culture, Service Régional de l'Archéologie.

 

« En 2012, le projet de construction d'un immeuble rue du Concours a amené les réalisations d'un diagnostic puis d'une fouille sur un petit secteur de la nécropole gallo-romaine de Matisco. Une quinzaine de dépôts funéraires ont été retrouvés dont de magnifiques vases en verre ayant servi d'urne pour recevoir les ossements brûlés des défunts. En cette fin du Ier siècle et début du IIe siècle de notre ère, l'incinération était la pratique funéraire majoritaire.

« En 2015, un diagnostic au pied de la tour des archives départementales a mis au jour, entre autres, des fragments d'amphores, de céramiques et de torchis, témoins de la fin de la période gauloise, A cette époque, Mâcon était un bourg fortifié, un oppidum, de la cité des Éduens et tirait sa prospérité du commerce avec le monde romain.

 

« En 2016, deux diagnostics ont amené de nouvelles trouvailles. Le premier mené à l'emplacement du futur parking de l'ilot des Minimes a dévoilé un peu du passé médiéval de Mâcon, entre le Xe siècle et le XVe siècle quand ce secteur était occupé par la place de la Porcherie dédiée à des activités commerciales. En 2018, une fouille permettra d'en savoir encore plus. Le second diagnostic rue Victor Hugo, à l'emplacement de l'ancien cinéma "Le Royal" a confirmé l'extension de l'agglomération mâconnaise dans cet espace dès les deux premières décennies après la conquête de la Gaule, dans les années 50/30 avant notre ère. Une fouille de ce site qui a été faite en septembre 2017 complètera nos informations dès que les résultats en seront publiés.

 

« Enfin, en 2018, nous sommes revenus sur une fouille de 2011 à l'occasion de laquelle des sarcophages de la fin de l'Antiquité avaient été mis au jour rue Gambetta. La fouille d'une de ces sépultures avait livré les ossements d'une jeune femme. La tombe avait été pillée, bouleversant les restes humains, mais deux objets furent négligés par les malandrins : un peigne en os et bois de cervidé, et un pendentif en ambre. De nouvelles investigations ont montré que cet objet en ambre est caractéristique des parures féminines des Germains orientaux qui se répartissaient entre l'est de l'Allemagne et l'ouest de la Pologne actuelle. La présence de cet objet dans une tombe du début du Ve siècle à Mâcon est probablement le résultat d'échanges commerciaux, mais des esprits imaginatifs peuvent chercher des hypothèses plus romanesques... ».

 

Ce fut un exposé très apprécié de l’assistance et applaudi. Un buffet bio a permis de poursuivre les échanges.

 

Soufflot, une association à suivre, passionnément, pour qui aime, défendre et protéger, la belle histoire de Mâcon.

 

Gilles Lalaque

 

Pour en savoir (bien) plus : http://www.archeologie-macon.com/


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Roland Tavel

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Daniel Barthélemy

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Les urnes en verre

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Le quartier dit de la place de la porcherie

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