Cluny

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« Le social et l'économie doivent travailler main dans la main » a déclaré Claude Taïeb, adjoint à l'économie et initiateur de cette 22ème édition du Petit déj' de l'entreprenariat, qui s'est tenue ce vendredi matin en mairie de Cluny.

Ce rendez-vous régulier ayant remporté le prix d'argent TERRITORIA 2017 dans la catégorie lien social, l'édition de ce matin a tout naturellement tourné autour de l'insertion de jeunes en difficulté à travers les témoignages du directeur du centre éducatif spécialisé de Salornay, ainsi que du chef de service de l'accueil du jour.

 

Henri Boniau, maire de Cluny, et Claude Taïeb ainsi que des représentants de différentes associations telles que l'association Egée, des chef et anciens chef d'entreprise, ou encore des représentants de structures telles que la Mission locale sont venus assister à ce petit-déjeuner pour mieux comprendre les enjeux de l'accompagnement et du soutien d'adolescents et de jeunes adultes qui, pour la plupart, ont perdu tout lien avec la société.

« Nous vivons une époque dans laquelle nous prenons trop peu le temps d'écouter les enfants. Or, le jeune a besoin d'être vu, d'exister dans le regard de l'autre. Malgré l’hyper-communication avec des tablettes et des smartphones, le mal du siècle, ces jeunes sont souvent isolés et ont besoin qu'on communique avec eux » a expliqué Gilles Bedrunes, le directeur du centre.

 

« Souvent, les jeunes qu'on accueille ont perdu le sens du commun. Ils ne vont parfois plus à l'école depuis des années. L'enjeu est donc de les replacer dans un contexte social qu'ils n'auraient jamais dû quitter. Il faut les réintégrer dans les normes de la société pour qu'ils puissent redevenir acteurs sociaux » a confirmé son collègue en charge de l'accueil du jour.

 

Le centre accueille des jeunes de 14 à 21 ans, soit en section Hébergement pour ceux qui y vivent de manière permanente, soit en accueil du jour qui intervient en complément éducatif avec des ateliers, des cours et des activités sportives.

Il est géré par l'association Prado Bourgogne qui est également en charge de quatre d'autres établissements sur le département, à Blanzy, Montceau-les-Mines et Mâcon.

 

À travers le témoignage de ces deux professionnels, les participants ont pu mesurer l'importance du contexte social. « Le contexte est extrêmement important. Si on ne met pas ces jeunes dans un contexte qui les valorise, ils perdent tous leur repères. On n'imagine même pas les dégâts que cela peut causer » ont-ils insisté.

Selon eux, l'insertion passe avant tout par l'échange et le respect de l'autre, « il faut leur tendre la main » a rappelé Gilles Bedrunes. Pas toujours facile car, souvent, on est en face de personnes « sous l'emprise de la société de consommation » qui « exigent tout tout de suite ». « Quand ils sont face à un non, ils cassent. Notre société c'est ça aussi, ça casse. Les jeunes nous disent par exemple 'vous nous cassez les pieds', 'qu'est-ce que vous avez à me proposer ?' » a poursuivi le directeur du centre son témoignage. La casse, aggravée par la frustration, est un phénomène quotidien au centre, « mais en tant que professionnel, il faut rester ferme ».

 

Selon les deux professionnels, une insertion réussie passe toujours par une éducation en lien avec la pratique. Pour cela, le centre possède entre autres un restaurant pédagogique ouvert au public. « Ils se retrouvent face à une vraie clientèle, c'est comme entrer sur une scène pour eux. On voit qu'ils changent de peau et qu'ils se contrôlent » a poursuivi Gilles Bedrunes.

Reste évidemment la question des parents : « On n'est pas là pour déposséder les parents de leurs enfants. Il est important de les prendre en compte, considérer le contexte familial » a-t-il insisté. Souvent, les parents sont eux-mêmes en difficultés et dépassés par le comportement de leur enfant qui peuvent manifester des troubles psychiatriques importants. Le soutien d'un centre éducatif spécialisé comme celui de Salornay représente alors une aide précieuse grâce à laquelle ces adolescents et jeunes adultes peuvent reprendre pied dans la vie sociale.

Delphine Noelke

 

 

 

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