images.jpg

A Burdignes, le bonheur est dans le pré. Jean-Louis Gonterre, réalisateur de documentaires, a dressé un portrait édifiant de ce petit bourg situé à l'entrée du parc naturel régional du Pilat, dans la Loire. Il était lundi soir au Cinémarivaux pour présenter en avant-première « Un village dans le vent », histoire d'une commune rurale heureuse.

 

« On n'arrive pas à Burdignes par hasard », commente le cinéaste. Ayant eu vent de deux projets participatifs citoyens en cours sur le territoire communal, il s'est rendu sur place il y a trois ans pour assister à une réunion publique traitant de l'implantation d'un parc éolien et de la création d'un éco-hameau : « Deux sujets qui me passionnent. » L'implication, l'ouverture d'esprit, le dynamisme des élus locaux et de leurs administrés lui ont donné l'envie de pousser plus loin ses investigations autour de ce bourg de 352 âmes.

Pionniers, les Burdinands se sont lancés bien avant les années 2000 dans une aventure qu'on appelle aujourd'hui officiellement « transition écologique et énergétique ».

 

Rendement, rentabilité, concurrence, mondialisation : autant de concepts inconnus à Burdignes. Là, on pratique essentiellement la solidarité, la bienveillance, le vivre-ensemble ;  Là, on respecte autrui, les animaux, l'environnement ; là, on produit et consomme local, sans épuiser les ressources naturelles ; là, les exploitations agricoles sont à échelle familiale, avec des activités diversifiées, privilégiant la qualité, non la quantité, les prairies de Burdignes verdissent sans pesticides depuis belle lurette ; là encore, on accueille les nouveaux arrivants à bras ouverts, on aide à leur installation.

 

Il y a des années, les habitants se sont mobilisés pour conserver leur école. Une classe unique dans laquelle on apprend l'entraide, dans laquelle « les grands tirent les petits vers le haut », témoigne une mère d'élève.

 

Comment expliquer cet état d'esprit ? Une longue tradition culturelle a ouvert les consciences et favorisé l'imagination créatrice, analyse le documentariste. « La culture fait partie intégrante de la vie du village », constate-t-il. La troupe de théâtre amateur créée juste après la guerre existe toujours. Après leur journée de travail, paysans, artisans, ouvriers deviennent comédiens. Ou chanteurs, car Burdignes possède aussi un groupe vocal renommé animé par une professionnelle. Bref, à Burdignes, « on fait ce qu'on aime, on aime ce qu'on fait », déclare un Burdinand.

 

Tableau trop idyllique, penseront certains. Pourtant, « tout ce que j'ai filmé, c'est la vérité », assure Jean-Louis Gonterre. Certes, « il y a des coups de gueule, des disputes, des voix discordantes », reconnaît-il. Mais ce n'est pas le propos de son film. « J'ai voulu montrer des actions positives, des gens optimistes qui proposent des alternatives solides pour construire le monde de demain. » Il les a rencontrés à Burdignes.

 

R. A.

« Un village dans le vent », film de Jean-Louis Gonterre, sortira en salles le 4 juillet