samedi 23 février 2019

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Une réunion d’information de l’association « Cent pour un toit » se déroulait mercredi soir à la MJC Héritan pour dévoiler au public les dessous de la prise en charge des migrants par les autorités et les problèmes qu'elle pose.

Etaient présents pour parler de leur mode de fonctionnement et les problèmes qu’ils essaient de résoudre : Charles Vieudrin et Benoit Maingret de l’association « Cent pour un toit Bourg en Bresse », Stéphane Boyer de l’ASTI Châlon (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s), Brigitte Maitre présidente et Arnaud Ribier, vice-président de l’association « Cent pour un toit Mâcon ».

Les premiers à partager leur expérience ont été Charles Vieudrin et Benoit Maingret : « Cent pour un toit – Bourg-en-Bresse a une tradition de réquisition de bâtiments pour loger des personnes qui sont à la rue. Suite à l’échec d’une réquisition, des migrants se sont réfugiés dans d’anciens locaux désaffectés d’Emmaüs. C’est ce squat, qui va passer son 4ème hiver, qui a été le déclencheur pour différentes associations et individus pour créer l’association « Cent pour un toit », à l’image d’autres associations créées en France à l’initiative d’Emmaüs."

"Cent pour un toit – Bourg-en-Bresse a été créée le 18 octobre 2016, avec 100 adhérents et 2 ans après, nous avons 412 donateurs. Notre slogan est « Donner au moins 6 euros par mois pendant 2 ans pour loger une famille ». Le parti pris de notre association, c’est de loger des familles avec enfants. Aujourd’hui nous logeons 10 familles. Cela représente 20 adultes et 19 enfants ou adolescents.

Avec chaque famille, on passe un contrat-convention d’hébergement où tout est expliqué : le respect du voisinage, le logement, le budget, les charges etc. et on discute sur la possible participation de la famille. Nous avons un budget de 3 500 euros de loyers par mois, plus les charges. On entreprend une démarche pour que les familles participent au paiement des factures d’eau, de gaz, d’électricité. Chaque famille a 2 bénévoles référents, interlocuteurs privilégiés pour toutes questions » a expliqué Charles Vieudrin.

L'association mâconnaise et ses défis

Brigitte Maitre et Arnaud Ribier de « Cent pour un toit Mâcon » avouent qu’ils se sont « fortement inspirés » de l’expérience de l’association de Bourg en Bresse, alors que l’association de Mâcon n’a que 7 mois d’existence. Cependant, les bénéficiaires prioritaires sont différents.

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« Nous avons ciblé la population des jeunes étrangers mineurs ou devenus majeurs. Ces jeunes sur le Mâconnais sont actuellement dans une situation très alarmante, voire dramatique et catastrophique. Quand un jeune migrant arrive dans un département, il doit être adressé au Conseil Départemental, et c’est lui qui a la charge des mineurs.

En premier lieu, il doit mettre à l’abri ces jeunes qui se présentent comme étant mineurs. L’état paie 5 jours au Conseil Départemental pour chaque jeune. A l’issue de ces 5 jours, le jeune est évalué de sa minorité et de son isolement, pour qu'il soit accueilli par l’aide social à l’enfance. C’est alors qu’il faut prouver que le jeune est mineur et isolé. A l’issue de cette évaluation on a 2 situations : s’il est reconnu mineur et isolé, à ce moment-là, il est bénéficiaire, comme tout jeune français mineur et isolé, de la protection de l’enfance : soins, aide sociale à l’enfance en matière de droit administratif, juridique, santé, scolarité, apprentissage.

Cette reconnaissance de minorité est concrétisée par un passage du dossier à l’autorité judiciaire qui ordonne une obligation de placement provisoire à partir de laquelle le jeune, jusqu’à sa majorité, est pris en charge intégralement par l’aide sociale à l’enfance. S’il est débouté, donc non reconnu mineur isolé, il doit lui être signifié qu’il peut faire appel de cette décision, et il est remis à la rue. Jusqu’en 2017, le Conseil Départemental avait séparé ses activités ; évaluation et hébergement avaient été confiés au Dispositif d’Accueil des Mineurs Etrangers, l’évaluation se faisait en quelques semaines, parfois quelques mois, pendant lesquels le mineur était hébergé et nourrit par le Conseil Départemental. L’évaluation à cette époque concluait aux alentours de 60% de jeunes, ce qui était au-dessus de la moyenne national qui est de 30%.

Les problèmes ont commencé à la fin de l’année 2017, pendant la période hivernale, quand le nombre de jeunes a augmenté. Il y a eu un engorgement des structures d’hébergement. Le Conseil Départemental ne pouvait pas accueillir tout le monde, toutes les solutions ont été cherchées par cette collectivité pour mettre à l’abri ces jeunes.

Début janvier, la stratégie de l’évaluation a changé. Elle n’est plus de la responsabilité du Dispositif d’Accueil des Mineurs Etrangers et est reprise par le Conseil Départemental. Et brutalement, on voit les chiffres de reconnaissance de minorité chutés de façon de plus en plus évidente pour nous médecins qui travaillons avec le Dispositif et qui voyons qu’un  jeune sur deux, voire plus, est remis à la rue. En début d’été, il a été décidé qu’il n’y avait plus de répits et de mis à l’abri comme légalement c’est le devoir, mais que les jeunes seraient évalués le jour de leur arrivée dans le département.

Nous nous sommes émus de ces situations, nous médecins, car nous avons vu des jeunes extrêmement vulnérables : des jeunes filles enceintes à 16-17 ans qui terminent à la rue, des jeunes avec des séquelles de traumatisme psychique… Nous avons écrit des courriers auprès du président du Conseil Départemental et n’ayant pas de réponse, nous avons fait une information médiatique sur nos inquiétudes. La réponse a été de fermer les services d’accueil du Conseil Départemental depuis le 26 septembre 2018. »

Les premiers bénéficiaires et leurs cas difficiles

C’est dans ce contexte que l’association mâconnaise « Cent pour un toit » a été créée a confié Arnaud Ribier : « Le modèle de Bourg en Bresse nous a séduit, on s’en est inspiré. Comme nous étions une émanation du collectif JEM (Jeunes Etrangers en Mâconnais), on s’est plus positionnés sur les jeunes isolés que sur les familles. Mais on reste très ouverts sur le type de population à accueillir. 

Le premier hébergement est lancé, c’est un appartement en plein centre-ville où actuellement on héberge 3 jeunes. Les 2 premiers nous ont été confiés par le Dispositif d’Accueil des Mineurs Etrangers. Ces deux jeunes étant bien insérés, suivant un apprentissage, et devenant officiellement majeurs, avaient besoin d’une transition. Nous nous sommes positionnés pour leur donner les moyens de gagner leur autonomie. Nous leur avons fait une convention avec une limite dans le temps renouvelable afin d’être totalement autonomes.

Le troisième jeune a été reconnu mineur officiellement à Mâcon, mais faute de places, il a été envoyé à Strasbourg et suite à une réévaluation, n’étant pas reconnu mineur, il a été remis à la rue. Le jeune est revenu à Mâcon où il est en attente d’appel au jugement de minorité. Le problème d’être débouté, c'est qu' au niveau administratif, le jeune n’est pas reconnu comme mineur. Il n’a pas le droit au 115, pas le droit aux restos du cœur… On a pris l’option d’accueillir ce jeune au moins jusqu’à l’appel. Bien sûr, les 3 jeunes sont suivsi par des bénévoles."

L’association mâconnaise espère bientôt partir sur un deuxième logement.

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Stéphane Boyer de l’ASTI Chalon (Fédération des Associations de Solidarité avec Tou-te-s les Immigré-e-s) a présenté le mode de fonctionnement de son association : « Elle est née dans les années 50 quand les migrants étaient des travailleurs qui venaient du Maroc, d’Algérie du Mali pour travailler en France. Nous faisons de l’accompagnement à la scolarité pour 60 enfants, l’apprentissage du français pour les adultes, l'alphabétisation, nous gérons un pôle d’apprentissage, une permanence, de l’hébergement pour 150 personnes avec 37 logements actuellement réparti dans toute la Saône et Loire et en Côte d’Or, également de l’hébergement d’urgence. On a une activité de jardinage pour les demandeurs d’asile ou les déboutés d’asile pour qu’ils puissent avoir une activité. On a 2 jardins et un atelier de bricolage à partir de palettes, de manière à donner de l’activité à ces personnes. »

C'est le même Stéphane Boyer qui a tiré la sonnette d'allarme à la fin de la réunion de Mâcon : "Le danger d’être à la rue pour les mineurs est d’être manipulés par toute sorte de réseaux. Le bilan 2017 du ministère de la santé, qui a sorti un rapport sur les mineurs non accompagnés, souligne le danger et la nécessité de protection pour ces mineurs."

Nathalie Brunet

Pour des renseignements, faire des dons ou adhérer à « Cent pour un toit Mâcon » 

Adresse : 46 rue Dufour 71000 Mâcon

centpouruntoitmacon@gmail.com

https://www.facebook.com/centpouruntoitmacon/

 

 

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