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Le Cinémarivaux a accueilli ce jeudi, Mélanie Auffret, la réalisatrice du film Roxane, présenté au Festival de l'Alpe d'Huez 2019, et Guillaume de Tonquédec, l'acteur principal, actuellement en tournée en France.

La jeune réalisatrice, originaire de Vannes en Bretagne et petite-fille d'agriculteurs, s'est inspirée d'une anecdote réelle pour écrire, en collaboration avec Michael Souhaité, le scénario de son premier long métrage. Le tournage s'est effectué à Corlay, chez elle, sur des terres qui ont nourri l'histoire, avec des gens du coin.

Pour mieux incarner le personnage de Raymond Leroux, cet éleveur de poules Bio, Guillaume de Tonquédec a suivi un stage intensif dans la ferme qui a servi de décor au film, pris quelques kilos et modifié son visage.

Comment avez-vous choisi vos personnages, en particulier celui de Wendy ? Est-ce qu'il a été difficile d'avoir la participation de Michel Jonasz et de Jean-Yves Lafesse ?

Mélanie Auffret : Non, justement. Ça a toujours été un désir personnel, au cours de l'écriture, de ne pas avoir de personnages méchants dans le film. Ces personnages essaient de s'en sortir. Je me suis aussi inspirée d'agriculteurs que j'avais rencontrés. Michel et Jean-Yves sont plein d'humanité. J'ai pensé tout de suite à Michel Jonasz pendant l'écriture. Pour Jean-Yves Lafesse, c'est un concours de circonstances. Il est de Pontivy et le film a été tourné à côté. C'est un humoriste que j'adore. J'ai été entourée de gens bienveillants pour mon premier film.

Pour Wendy, on a organisé un grand casting en Angleterre, et ce que j'ai adoré, avec Kate Duchêne, c'est ce côté extravagant. Mes grands-parents étaient agriculteurs et leur exploitation a été rachetée par un couple d'Anglais. En centre Bretagne, il y a plein d'Anglais dans la région et ça m'amusait de faire un petit clin d'oeil.

Le binôme avec Guillaume a fonctionné. C'est pareil avec Lionel Abelanski, Guillaume et lui sont amis depuis plus de 30 ans, ainsi qu'avec Léa Drucker. Quand ils jouent ensemble, tout est déjà là, il n'y a rien à recréer, c'était génial.

Est-ce que ce rôle a changé quelque chose en vous ?

Guillaume de Tonquédec : C'est une jolie question, merci. On est obligé d'explorer d'autres zones de travail quand on vous propose quelque chose comme ça, parce que le personnage met son cœur sur la table. Une fois le rôle accepté, il faut jouer les scènes. Il était hors de question de me cacher derrière. Il fallait devenir ce petit bonhomme qui n'a rien d'autre que lui pour se défendre. Il fallait le rendre juste et crédible pour que les gens puissent s'identifier, et que cela donne une valeur universelle aux propos et au personnage. Il m'a fallu travailler sur des zones que vous n'avez pas l'habitude de voir dans mon jeu. Je suis un homme de théâtre, et le comédien de théâtre essaie d'aller vers le personnage, de disparaître pour se mettre à son service. L'acteur de cinéma va imposer sa personnalité. C'est la grande différence.

Mélanie Auffret souhaitait raconter une histoire humaine du monde paysan aujourd'hui et de montrer la beauté de la campagne française.

Son film parle d'amour : l'attachement à la terre, l'amour des bêtes, les valeurs de solidarité, la passion pour le théâtre.

Roxane, un film plein d'espoir, terriblement beau et touchant. Sortie nationale le 12 juin.

M.A.