lundi 14 octobre 2019

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Une démonstration pas très réjouissante que celle du président du tribunal de commerce de Mâcon, Jean-François Chopin, devant les adhérents de la CGPME. Pas très réjouissante mais chiffrée...

 

Non, pas très réjouissante... Mais les chiffres sont les chiffres, et ils viennent du terrain, pas d'une quelconque enquête de conjoncture. Ce sont les chiffres des défaillances d'entreprises que livraient mercredi soir le président Chopin et son greffier, maître Damein Bernard, à l'assemblée des chefs d'entreprise adhérents de la CGPME. En 2011, 60 000 défaillances recencées en France, en 2014, 62 500. Et pour mieux faire parler ces chiffres, c'est en les comparant avec l'Allemagne que le président a fait sa démonstration : en 2011, 30 000 défaillances ; en 2014, 24 000 ! « Certes, la législation n'est pas la même, mais quand même... la comparaison est tout à fait éloquente. »

D'ailleurs, sur la juridiction de Mâcon, ce sont 190 procédures collectives qui sont ouvertes. Avant la crise de 2008, c'était 120. « Oui, on peut directement imputer les 70 défaillances supplémentaires à la crise » soutenait le greffier. Une crise qui dure et dont on ne voit toujours pas la fin insistait le président, avec des détails chiffrés bien peu rassurants : « De fin mai 2014 à fin mai 2015, pour notre juridiction, ce sont +20% de procédures collectives. Les emplois concernés par ces entreprises représentent une augmentation de salariés concernés de 90 % ! et touchant 27 millions d'€ de chiffre d'affaires, soit 97% d'augmentation. On le voit, les grandes PME sont touchées aussi. » Encore un mauvais chiffre ?... +39% de contentieux, « ce qui signifie que le service rendu baisse aussi en qualité. La crise a des effets dévastateurs. »

 

Bref, le tableau est bien noir et le bout du tunnel encore loin. Pour Gilles Penet, président de la CGPME 71, c'est évidemment la faiblesse industrielle de notre pays qui est en cause. « L'érosion du PIB industriel, voilà ce que nous payons au prix fort. » Et de reprendre l'Allemagne en exemple : « notre PIB industriel représente 10% du PIB global, en Allemagne, c'est 23 %. Et les autres pays sont aussi au dessus de nous. Nous sommes le mauvais élève industriel de l'Europe. Et ce n'est pas le tourisme et les services qui peuvent compenser cela, même si nous sommes bons dans ces domaines. En termes de PIB, ces secteurs pèsent trop peu. »

 

Que faire alors ?... « Alléger ! » Tel est le maître-mot. « Alléger ! » Que ce soit en tâches administratives et en charges. Et que les banquiers jouent le jeu bien sûr, pour aider les entreprises, nombreuses, exsangues de trésorerie.

Puis rapprocher le tribunal de commerce des chefs d'entreprise. C'était le but de la réunion de ce mercredi soir à l'Allumette. « Il ne faut plus que le tribunal de commerce soit vécu comme la sanction irréversible. Il faut venir nous avoir avant d'être criblé de dettes. Nous aidons les chefs d'entreprise à s'en sortir. Nous avons un rôle humain et social, il faut vraiement que les gens est cela en tête. Nous ne sommes pas des bourreaux. Quand le passif est égal au chiffre d'affaires, il n'y a plus rien à faire. Il faut venir avant, bien avant. »

Pour démystifier le tribunal, celui-ci vient d'éditer la 2ième édition du guide pour entrepreneurs en difficultés. « Entrepreneurs, ne restez pas seuls face à vos difficultés ». Des solutions à puiser.

 

Rodolphe Bretin

 

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