mercredi 23 septembre 2020
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Mardi soir, candidats et militants du collectif « Mâcon citoyens 2020 » étaient réunis à la salle Pavillon pour une réunion de travail autour du volet sécurité de leur programme électoral.

« Macon citoyens 2020 » est une liste citoyenne soutenue par France insoumise, Europe Ecologie Les Verts, le Parti Communiste Français, La gauche républicaine et citoyenne et l’association Refondations 71. L’élue municipale Eve-Comtet Sorabella est à la tête de cette liste.

Des ateliers de travail sont régulièrement organisés, le dernier concernait la sécurité. L'invité de cette soirée  thématique : Laurent Mucchielli, chercheur en sociologie de la délinquance et des politiques de sécurité et enseignant à l’Université d’Aix-Marseille, connu pour son engagement à gauche sans être membre d’un parti politique.

A Mâcon, il a retrouvé ses thématiques préférées : « Dans cette ville, c’est la tranquillité qui est un problème, pas la sécurité ! Il faut trouver des solutions pour l’améliorer de manière réelle sans fantasmer. La focalisation sur la vidéo surveillance, mise en place à Mâcon, n'est pas la mesure la plus efficace. »

Fort de son expérience et de ses recherches, il a remarqué que « le déploiement des caméras contribue au travail de la police, mais cette contribution est très petite et ne mérite pas l’investissement qui est fait. En investissant autant dans ce domaine, on se prive de moyens pour être plus efficaces par ailleurs. Les solutions sont humaines. Il faut des hommes sur la voie publique. Avant cela, il faut un vrai diagnostique des besoins en sortant des discours et interrogeant les quartiers et les habitants sur les problèmes rencontrés. »

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« À Mâcon, par exemple, si on parle d'incivilités, d’agressivité verbale, de manque de civisme… la réponse n'est pas la vidéo surveillance ! Il faut mettre l’accent sur la présence de policiers, de médiateurs à certains endroits et à certains moments. Des hommes qui patrouillent à pied et non en voiture pour aller à la rencontre des habitants et écouter leurs doléances. Leur seule présence dans la rue est fondamentale, toute comme le travail de prévention », explique Laurent Mucchielli.

 

Suivant les conseils de Laurent Mucchielli, le collectif « Mâcon citoyens 2020 » a essayé de réaliser un diagnostic en matière de sécurité pour la ville de Mâcon. Un travail fait à partir des informations fournies par la Police Nationale, des réunions de quartier avec les habitants.

 

Les forces de l’ordre mâconnaises et les statistiques policières

La Police nationale couvre Mâcon et les communes associées ainsi que Charnay et Sennecé avec 133 fonctionnaires, dont 40 en service administratif pour l’ensemble du département et 90 en investigation terrain, BAC, Police secours et renseignements territoriales. En activité 24h/24 7j/7, dix agents patrouillent la journée, six la nuit. Les déplacements se font en fonction de la gravité de la situation :  1 700 déplacements par an pour des atteintes aux biens (chiffres stable sur les six dernières années), 500-600 pour des atteintes aux personnes (y compris les violences intrafamiliales). La police observe une recrudescence de ces cas souvent liées aux problèmes d’addiction et de toxicomanie. Comparée à d’autres villes de la même taille, Mâcon est plutôt une ville calme.

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La police municipale à Mâcon et les caméras de surveillance

La police municipale compte 17 agents (la moitié sont des agents de sécurité de la voie publique). Les policiers municipaux peuvent relever des petites infractions, mais arrêtent leur journée de travail à 19 h.

Les premières caméras de surveillance ont été installées en 2011 sur les lieux publics et les parkings (29 caméras fixes). Aujourd’hui, on en compte plus de 150, la plupart fixes, mais aussi une vingtaine de caméras mobiles (utilisées lors de gros événements). Les images enregistrées sont la propriété de la ville de Mâcon et sont conservées pendant 21 jours. Elles peuvent être exploitées par un officier de police judiciaire et la Police nationale ne les visionne qu’en cas de plainte.

Il y a également des caméras de MACONHabitat installées dans quelques halls d’immeubles.

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La situation dans les quartiers, vue par leurs habitants

Les principaux problèmes en centre-ville proviendraient de la présence de marginaux à proximité des supérettes (rues de la Barre et Lacretelle notamment). La police parle de gros problèmes d’addiction pour ces personnes alors que les centres de désintoxication sont complets et les services psychiatriques saturés.

Les Blanchettes : problèmes récurrents de dégradations et de nuisances sonores en bas des immeubles et, récemment, un important trafic de cocaïne.

Marbé : la situation semble s’être améliorée suite à l’amélioration du cadre de vie. Il y a quand-même une concentration des problèmes sur les rues Camus et Churchill.

Saugeraies : suite à l’ouvertures de nouvelles allées dans le quartier et la résidentialisation de certains immeubles, on observe un déplacement de la délinquance vers le complexe sportif. Les associations sont dérangées, mais les habitants du quartier ont gagné en tranquillité.

Murgerets : les habitants ont déclaré avoir régulièrement peur pour la sécurité des petits avec des passages fréquents de véhicules sur les pelouses et aux abords des aires de jeux.

Chanaye : les habitants ont fait remonter un fort sentiment d’insécurité dû à la présence de bandes de jeunes dans les halls d’immeubles occasionnant des nuisances sonores chaque soir et même du harcèlement envers certaines familles. La Police souligne des difficultés d’intervention dues à la configuration des lieux. On remarque aussi des problèmes de drogues et de petite délinquance, des personnes occupent l’annexe du centre social via l’association sportive ASM, sans faire de sport et de manière bruyante. Les voisins évoquent un manque de réponse de la Police, mais le maire a évoqué la volonté de détruire le bâtiment en cause.

Les Gautriats : la situation se dégrade chaque année avec une forte augmentation des nuisances sonores et des incivilités, voir quelques voitures brûlées.

Dans les communes associées, les zones résidentielles sont la cible des cambrioleurs. A souligner également quelques nuisances sonores en été.

Cristian Todea

 

 

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