André Accary pour la Saône-et-Loire, François Sauvadet pour la Côte d'Or, et Patrick Gendraud pour l'Yonne, ont écrit directement au président de la République. Voici la lettre qu'ils lui ont adressée.

Monsieur le Président de la République,

 

Nous souhaitons attirer votre attention sur le projet de révision de l’aire géographique de l’AOC Bourgogne tel qu’il est envisagé par l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO).

Il est proposé de retirer 64 communes de nos trois départements de l’aire géographique de l’AOC Bourgogne. Parallèlement, une partie du Beaujolais intégrerait l’aire géographique de l’AOC Bourgogne.

Ce projet est susceptible de représenter un grave danger pour la filière vitivinicole, pour les territoires concernés, pour la notoriété générale des vins de Bourgogne et enfin pour le consommateur.

Tout d’abord, la production et la plantation de l’AOC Bourgogne deviendra impossible sur ces communes Bourguignonnes historiques et ce sont des centaines d’exploitations qui pâtiront de la situation et par capillarité toute une économie locale.

Ensuite, les surfaces en AOC Bourgogne sont très réduites à l’heure actuelle avec moins de 1000 hectares en Bourgogne blanc et moins de 1600 hectares en Bourgogne rouge. Grâce à cette rareté, les cours sont relativement préservés, même s’ils sont déjà faibles en négoce.

Les milliers d’hectares qui pourraient être concernés dans le Beaujolais vont inéluctablement déstabiliser le marché et remettre en cause l’équilibre déjà fragile de la filière. Les cours devraient assez logiquement chuter de manière importante.

Par ailleurs, cette profusion de vins AOC Bourgogne risque d’induire le consommateur en erreur sur l’origine même du produit.

Comment peut-on à la fois parler de climats de Bourgogne, reconnus par l‘UNESCO, de l’influence cruciale de la terre d’origine, de l’histoire multiséculaire des vins, des méthodes et traditions de vinification d’un côté et tout d’un coup déterritorialiser ainsi l’enjeu ?

Cet assemblage de vins, technocratique, tel qu’il est projeté par l’INAO nous apparaît être clairement hors-sol et imaginé en dépit du bon sens paysan qui prévaut dans nos vignes et nos villages. Nous sommes favorables à contribuer ensemble à l’essor des vins de Bourgogne et des vins du Beaujolais, sans forcément les mêler de cette manière incompréhensible.

Par conséquent, et avant que la décision ne soit adoptée définitivement, nous espérons que ce sujet saura attirer votre attention toute particulière.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre plus haute considération

André Accary, François Sauvadet et Patrick Gendraud