mercredi 24 juillet 2019
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Mardi à Chalon-sur-Saône, entourées de nombreuses autres organisations économiques, les trois chambres consulaires du département ont réaffirmé ensemble leur soutien au projet de Center Parcs en Saône-et-Loire. Mais le projet du Rousset n’est pas encore fait. D’où la question : notre département est-il en ordre de marche pour l'accueillir ? La réponse est oui et même au-delà.

 

« Sans vouloir polémiquer : est-ce qu’on peut capituler devant une minorité d’opposants qui ne veut pas se résigner devant la majorité ? ». C’est une vraie question démocratique que soulevait d’emblée Christian Decerle. En effet, les débats et ateliers de la Commission nationale du débat public touchent à leur fin. Mais les débats restent vifs. Les polémiques aussi. Car les contestataires sont toujours plus motivés à se déplacer que les sympathisants. La prochaine soirée débat se tient d’ailleurs ce vendredi soir à Marizy et le prouvera sans doute une nouvelle fois. Les relais médias peuvent alors apparaître déséquilibrés en l’absence de sondages fiables. C’est cette raison qui a poussé 27 organisations économiques* a déclarer publiquement leur soutien au projet de Center Parcs sur la commune du Rousset. Pour rééquilibrer le poids de chacun à sa juste valeur. Et surtout en vue déjà de « co-construire » avec le spécialiste français de l'immobilier et des résidences de tourisme (1,41 milliard d'euros de CA en 2013-2014).

 

En ordre de marche

 

Les chambres consulaires ont l’habitude d’accompagner les porteurs de projets. C’est une de leur mission. Elles se sont donc « mises en ordre de marche » et négocient pour « qu’au moins 70 % des travaux soient réalisés par des entreprises locales », insistaient Bernard Echalier, président de la Chambre de commerce et d’Industrie de Saône-et-Loire.

Le projet porte sur la création d’un village sur 28.000 m2 comprenant des équipements de loisirs et 400 cottages (petite maison de campagne typiquement anglaise), pour un investissement total estimé à 170 millions d’€. La mise en chantier générera donc de l’emploi, entre 250 à 500 sont attendus selon les périodes de construction. Là encore, les organisations économiques veulent obtenir que 85 % des emplois soient pourvus par des résidents du département.

Sont également concernés les 300 emplois directs prévus après l’ouverture pour l’activité régulière du site. Cela doit permettre « un maximum de retombées économiques » pour le territoire, résumait Marcel Chifflot, président de la section Saône-et-Loire de la Chambre des Métiers et de l’artisanat de la région Bourgogne.

 

27 ans de retours d’expérience

 

Pas question d’être crédule néanmoins ou de ne pas agir avant. Venant des Pays Bas et d’Angleterre, la marque Center Parcs est apparue en France en 1988, en Normandie pour la première fois. Des renseignements ont été pris et encore maintenant. Le président de la FFB BTP 71, Roland Bachelard a d’ailleurs mené son enquête auprès des entrepreneurs du bâtiment qui ont travaillé – ou non – à la construction des Center parcs de Moselle ou de la Vienne, lancés récemment. « Ce genre d’opération a déjà été bâti ailleurs. Toutes les entreprises ont fini par gagner de l’argent. C’était important pour moi de le savoir. Après, il y a des choses qui ont bien marché et d’autres moins. On va s’appuyer dessus et essayer de les améliorer », disait-il d’un ton assuré. Les CCI des différents départements échangent des informations, notamment avec le projet parallèle du Jura.

 

Un Center Parcs « gourmand » ?

 

En montrant que les acteurs économiques soutiennent le projet, l’idée sous-jacente est celle aussi d’influer sur le projet final s'il doit se faire. « Reconnaissons-le, ce moment de rencontres est une occasion d’avoir des relations privilégiées pour échanger en amont avec le porteur de projet », répondait Christian Decerle à la question d’une possibilité d’un Center Parcs « gourmand ». « Cela les intéresse d’avoir des spécificités locales ». L’agriculture et la viticulture profiteraient ainsi d’une nouvelle « vitrine ». Les AOC gourmandes et viticole du département sont donc aux avant-postes. « 50 % des vins de Bourgogne sont vendus sur le marché national dont 25 % dans la région, achetés par les locaux et touristes », rappelait Jean-Michel Aubinel, président de la Confédération des appellations et vins de Bourgogne (CAVB) pour souligner l’importance de l’oenotourisme.

Plus surprenant, si un temps en débat au sein des Gîtes de France, les retours d’expériences démontrent qu’au contraire d’une concurrence (170.000 nuitées par an espérées au Rousset), les Center Parcs drainent des visiteurs tout autour « quand ils reviennent ». Les hôteliers (UMIH 71) et Gîtes de France 71 soutiennent donc le projet car ils savent que les comportements de la plupart des touristes ont changé. Ils ne sont plus « captifs » du lieu. Ils visitent et découvrent la région alentour. « On parle de tourisme vert », sans montagne ni mer.

 

Ne pas tourner le dos

 

« Ne tournons pas le dos à cette opportunité. Elle ne se représentera pas », résumait donc Christian Decerle qui dédramatisait : « on n’est pas en train d’installer une centrale nucléaire sur des terroirs viticoles ! ». Mais de mettre en garde tout de même en faisant un parallèle avec le monde agricole pour bien comprendre les enjeux actuels du bilan et de l'avis qui sera rendu : « on a vécu cela (les polémiques et refus de permis, NDLR) avec les porcheries en Saône-et-Loire. Résultat : Nous n’en n’avons presque plus (1er département de France en 1882 avec 206.800 porcins, NDLR). Et pourtant, on continue de manger du porc.

Où sont-ils produits ? », invitant ainsi chacun à se poser la question de l’opportunité actuelle de ce « projet doux écologique ». Et de conclure : « il est temps de chercher un consensus », d'apprendre à faire confiance et d’arrêter de se faire peur inutilement... Ce que les Français aiment trop souvent, il est vrai.

Cédric Michelin

Notre partenaire
L’Exploitant Agricole de Saône-et-Loire