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Un peu plus de quinze jours avant le deuxième tour des élections, où quatre listes sont encore en lice, avec chacune un ou plusieurs conseillers sortants, le conseil municipal était réuni ce mercredi soir pour… voter, entre autres, le budget 2020 !

 

Jean-Louis Andrès, qui ne brigue pas de deuxième mandat, aurait dû présider son dernier conseil municipal en février dernier. Il avait même promis à l’époque de ne pas présenter de budget. C’était sans compter sur la situation sanitaire de ces dernières semaines. À contexte exceptionnel donc, organisation exceptionnelle. Et c’est à l’espace La Verchère, distants d’un mètre au moins, et masque ou visière sur les visages, avec le public dans une salle voisine, que les conseillers municipaux se sont retrouvés une dernière fois.

À l’ordre du jour de ce conseil : la présentation des comptes administratif 2019 et la présentation du budget primitif. « Il n’était pas question pour moi d’aborder les questions financières avant les événements graves que nous connaissons. Or aujourd’hui, compte tenu du report du deuxième tour des élections, j’ai souhaité présenter un budget pour préparer la nouvelle équipe qui ne sera installée que le 5 juillet et devra faire son budget avant le 31 juillet, lui permettre d’avoir une colonne vertébrale et une base pour travailler sur son projet, s’est justifié le maire. C’est mon état d’esprit ! Un budget ne se fait jamais dans la précipitation, il ne s’agit pas là d’un budget de programme, mais d’un budget de constatation, aucune opération nouvelle n’a été montée. Les taux d’imposition locaux n’augmentent pas non plus. »

 

Colonne vertébrale de la future équipe ou opportunisme ?

Des propos qui n’ont pas convaincu au sein de l’opposition. Qualifiant ce budget « d’opportuniste », Patrick Buhot s’est demandé comme d’autres ce qu’il faisait là ce mercredi soir, entre deux tours : « La loi d’urgence du 25 mars 2020 relative aux mesures de continuité budgétaire, financière et fiscale autorise par dérogation les communes et EPCI à voter leurs budgets respectifs jusqu’au 31 juillet 2020, comme se prépare d’ailleurs à le faire MBA qui ne sera installée qu’à la mi-juillet (…) Que signifie ce beau budget, gonflé comme un ballon de baudruche, qui traduit une orientation budgétaire que notre commune n’a plus connue depuis votre arrivée au pouvoir en 2014 ? (…) Il importe de laisser toute liberté à la nouvelle équipe qui sera élue le 28 juin de conduire l’avenir de la commune. »

Résultat des votes : 12 pour, 9 contre et 3 abstentions.

Autre point abordé lors de ce conseil : un abattement de 25 % de la taxe locale sur la publicité extérieure pour 2020 et l’attribution d’une prime exceptionnelle aux agents particulièrement mobilisés dan le cadre de l’état d’urgence sanitaire pour faire face au Covid 19 (qui a par ailleurs coûté 18 000 € à la commune). Des propositions validées à l’unanimité par l’ensemble du conseil même si les questions n’ont pas manqué sur le deuxième sujet.

 

Une prime Covid pour les agents et 6 000 € de budget 

« Combien d’agents sont concernés ? Dans quels services et pour quel budget global » s’est interrogé Christine Vouillon. « Nous ne sommes pas contre ce versement nous voulons juste en savoir plus parce que la décision se prend ce soir, mais c’est la future équipe qui va payer », a poursuivi Patrick Buhot.

Finalement tout le monde a eu sa réponse : cette prime concerne douze agents des services RPA, urbanisme, accueil et administration générale soit 6000 € de budget global. Et c’est une commission de salariés qui répartira cette prime échelonnée sur trois niveaux (300, 600 ou 900 € selon les agents) pour « éviter toute attribution arbitraire. »

Le mot de la fin est revenu à Jean-Louis Andrès, qui s’est dit un peu triste de quitter ce mandat de maire, « mais j’avais promis un seul mandat, un mandat de transition et je l’ai fait. Ce mandat m’a passionné. Je suis arrivé en 89 au conseil municipal. J’aimais bien cette ambiance du début, mais elle n’a pas perduré. Je me souviens écoutant avec beaucoup d’attention les adjoints qui avaient les compétences. C’est comme cela qu’on apprend et comprend la psychologie personnelle et collective… »

D. C.

 

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