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Le président du club de basket pro féminin de Charnay fait un état des lieux pour macon-infos. Il annonce un budget en légère baisse et une reprise des entrainements bien plus tôt qu'en situation normale. Des cas de covid dans le club ? Il répond aussi. Entretien.

Comment avez-vous vécu la période de confinement ?

Déçu bien sûr, car on avait nos chances de maintien par le jeu. Il nous restait 4-5 matchs à domicile qui auraient pu créer un enthousiasme supplémentaire dans le public, ramener du monde au Cosec, car on sait bien que les fins de saisons, quand elles se présentent ainsi, avec beaucoup de matchs à la maison, peuvent être fédératrices et donnent des ailes. Donc oui, ce qui s'est passé est bien dommage, mais c'est ainsi.

Sur le plan pratique, le CBBS, c'est comme une entreprise. Il s'est arrêté et toutes les joueuses et les entraineurs ont bénéficié du chômage partiel. Celles qui n'étaient pas d'ici sont rentrées chez elles.

Côté partenaires privés, nous avons eu peu de défections et l'on a gardé le lien avec des newsletters régulières pour aider ceux qui le demandaient. On a fait du parrainage de partenaires pour faciliter les affaires de ceux qui étaient ouverts pendant le confinement.

Le début de saison avait quand même été laborieux...

Oui, nous avons eu beaucoup de blessées et c'était notre première expérience, avec une équipe peut-être pas taillée sur mesure au départ. Il ne faut pas oublié non plus que l'incertitude était réelle après le titre en LF2. On ne savait pas si la Fédération accepterait notre montée. Compliqué de démarrer dans ces conditions. Puis les blessures nous amené à faire des changements qui ont apporté beaucoup, l'arrivée de Kristen Mann notamment. On a appris et nous avons réalisé finalement quelques matchs références qui ont fait que nous sommes maintenant pris au sérieux. On ne perdait pas de beaucoup à chaque fois, donc on savait qu'on était à notre place.

Question budget, ça aussi ça ne facilite pas les choses ?

Nous étions et nous resterons sans doute le plus petit budget de la LFB. On fait avec. Nous étions à 1 million 150 milles euros cette saison. Nous serons à -10% la saison prochaine, baisse due au Covid.

Pour autant, notre état d'esprit est le même : on est là, on y va ! malgré les incertitudes tant sur le plan du sponsoring que sur le plan purement sportif.

L'on sait par ailleurs que les collectivités vont nous soutenir, car un club pro, c'est bon pour l'économie, c'est dynamisant pour le territoire.

Vous parlez d'incertitudes, lesquelles exactement ?

Le recrutement est bouclé fin mars, début avril, donc on connaissait notre masse salariale dès le début du confinement. En revanche, avec cette crise, on ne sait pas encore qui sera en mesure de continuer à financer le club, qui ne le sera pas, qui va baisser et qui va augmenter son sponsoring. On sait bien que c'est difficile pour tout le monde. Les restaurateurs viennent de reprendre. Il était donc prématuré de lancer une campagne de bonne heure. On vient seulement de le faire.

Côté partenaires institutionnels, on attend des fonds qui vont arriver fin juillet-début août. Par exemple l'augmentation de l'enveloppe de l'Agglomération. Il y a aussi une prévision de subvention supplémentaire pour les clubs qui ont un centre de formation labellisé. Mais il faut attendre la mise en place du nouveau conseil pour que tout ça soit validé.

Début juillet, nous rassemblons tout le monde à Edenwall, pour recréer du lien. Puis nous allons travailler cet été à renforcer les relations. Nous ferons des gestes, notamment pour ceux qui n'ont pas bénéficié des mises en avant de fin de saison.

Et sur le plan sportif ?

Nous devons prévoir la ré-athlétisation de nos joueuses, car continuer la course à pied et l'entretien physique à la maison, ça ne suffit pas pour ce niveau. L'intensité n'est évidemment pas la même que sur le parquet.

La reprise de l'entrainement se faisait 6 semaines avant la reprise du championnat en temps normal. Cette année, nous serons sur à 8 à 10 semaines avant pour retrouver une condition physique à la hauteur.

Chaque joueuse est l'objet d'un suivi médical rigoureux. Sachant qu'en plus, nous sommes soumis à protocole sanitaire extrêmement strict, avec l'obligation d'avoir un référent covid, comme dans toutes les entreprises. Comme nous avons des arbitres pour veiller au respect des règles du jeu, nous aurons un arbitre sanitaire.

Et il y a la question des quatorzaines, ou pas, pour les joueuses étrangères. On ne sait encore pas tout la dessus. Rien n'est simple.

Une chose est sûr cependant, c'est que nous nous sommes entendus avec l'Union des clubs de Ligue pour refuser une reprise du championnat le 26 septembre à huis clos. Le public est indispensable.

Des gens du club ont été infectés par le covid ?

A priori non. Un de nos partenaires l'a eu, qui a beaucoup souffert. Il se remet tout juste.

Deux de nos anciennes joueuses étaient au championnat du monde militaire en Chine en octobre. Elles n'ont pas été malades, mais peut-être que... On ne saura jamais.

Un vœu pour le futur ?

Oui, celui d'un grand complexe à proximité de l'aérodrome, facile d'accès, pour accueillir un public plus nombreux. Nous sommes le seul club féminin pro de la région, ça vaut le coup.

Sur un plan plus général, qu'est-ce que vous a inspiré cette crise ?

Adolescent, j'étais allé voir un championnat international de gym avec mes parents, en Russie, auquel ma soeur, gymnaste de haut niveau, participait. Je me souviens d'une certaine misère qui était palpable dans la rue, des gamins voulaient acheter mon jean. J'ai été marqué par cela. Ça fait relativiser. Avoir un peu moins pour que tout le monde ait un petit peu, ce serait pas plus mal.

Recueillis par Rodolphe Bretin