Communiqué de la FDSEA/JA/Chambre d'Agriculture concernant l’arrivée du loup en Saône-et-Loire :

 

Après Barnay il y a quelques mois, c’est maintenant 12 troupeaux qui ont subi depuis le 25 juin, une attaque par un grand prédateur dans 9 communes (Viry, Vendenesses-les-Charolles, Mornay, Marizy, Martigny-le-comte, Beaubery, Saint-Romain sur Gourdon, Gourdon, Mont Saint-Vincent). À l’issue des quinze attaques constatées, 44 ovins tués et 15 blessés sont à déplorer.

La présence du loup dans le département est un coup dur pour l’élevage dans son ensemble, pour les ovins en particulier.

La détresse est d’abord morale. Elle se fait déjà sentir chez les éleveurs ovins qui soignent, pensent, élèvent leurs moutons et agneaux avec passion. Savoir que dorénavant, chaque matin, ils vivront dans la crainte de trouver des animaux morts, agonisants ou rendus fou par le prédateur est insupportable. D’autant que le loup est une espèce protégée, cela revient à dire qu’il a « le droit pour lui » contrairement aux éleveurs, quelle déchéance.

Les mesures de protection employées en montagne seront difficiles à transposer à nos territoires de bocage. Les troupeaux ne sont pas regroupés comme en montagne mais répartis dans des parcelles morcelées, encore majoritairement séparées par des haies. La démultiplication des moyens de protection entrainerait des kilomètres de clôtures et plusieurs chiens par exploitation. Cette solution ne semble pas réaliste.

L’impact économique sera trop lourd. Certes il existe des financements pour compenser les pertes et accompagner les moyens de protection, mais les pertes indirectes, la vigilance et le travail de l’éleveur pèseront lourdement.

La mobilisation professionnelle a généré une prise de conscience de l’OFB, de la DDT et des services de l’Etat, qui permet d’engager dès maintenant des tirs d’effarouchement par les lieutenants de louveterie, et de mettre à la disposition des éleveurs confrontés à une attaque de grand prédateur, toute l’information nécessaire.

Cependant cela reste insuffisant et inacceptable !

Rappelons tout d’abord que le loup n’est plus une espèce menacée de disparition au vue de sa population. Son développement est le résultat d’un choix politique, porté par toutes les majorités parlementaires depuis sa réapparition en 1992.

Il revient donc aux élus nationaux et au pouvoir public, véritables responsables de cette situation, de se saisir du problème, et pour cela :

- d’autoriser les tirs simples et rapprochés de défense contre le loup, et le prélèvement de ce loup solitaire au comportement éradique;

- de déclasser le loup de son statut d’espèce protégé qui n’est plus justifié.

- de choisir entre le maintien de l’élevage et le loup

Nos organisations pensent avant tout aux éleveurs, dont les exploitations déjà frappées par un ensemble de difficultés économiques et climatiques, doivent maintenant faire face à un nouveau fléau sans pouvoir se défendre, ni céder à leur légitime colère qui les conduirait à commettre des actes malheureusement répréhensibles. La profession ne peut répondre que de façon solidaire, collective et concertée. Courage !