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Entretien avec Frédérique Jacques, professeure d'EPS au collège Bréart de Mâcon

Depuis 20 ans, vous êtes professeur d’Éducation physique et sportive (EPS). Pouvez-vous, en quelques mots, décrire le parcours qui vous a mené à la sophrologie ?

Sportive de haut niveau dans ma jeunesse, j’ai pu bénéficier d’une préparation mentale avant des événements comme les compétitions internationales de gymnastique. L’enjeu, à l’époque, c’était la performance ! Mais en prenant de l’âge, j’ai ressenti l’effet du bien-être dans ma vie personnelle. Enseignante, j’ai alors pris plaisir à (re)devenir élève pour apprendre la sophrologie pendant quelques années. Passionnée, j’ai décidé de me former aux actions bien-être pour les introduire dans mon métier ; ce que je fais depuis 5 ans au collège Bréart... Elles apportent beaucoup à l’école et aux élèves !

Pour une sportive expérimentée comme vous, la sophrologie est-elle un autre rapport au corps ? Une autre dimension ?

Il est vrai que dans le domaine sportif, nous ne sommes pas toujours à l’écoute de nos sensations ! Alors que la sophrologie permet un retour sur soi pour les accueillir... Cette pratique va au-delà de l’aspect physique : par la détente du corps, nous arrivons à la détente du mental, qui efface ou dissipe angoisse et soucis. Le maître-mot est détente : nos élèves en ont besoin !

Quelle influence dans votre métier ? La sophrologie modifie-t-elle vos relations avec les élèves ?

Certains adolescents ayant des préjugés (« on va faire un travail psychologique sur moi ! »), il est préférable de parler d’actions bien-être dans un premier temps ! Au fur et à mesure, les élèves apprécient et prennent conscience des outils qui leur sont donnés pour réussir (mémoire, concentration...) et se détendre. Ils s’habituent à des moment agréables en classe sans forcément savoir qu’il s’agit de sophrologie ! Pour ceux qui me font confiance et veulent aller plus loin, j’ai mis en place des « réseaux sophro »... que je crois plus sains que les réseaux sociaux ! (Rires)

L’enjeu est aussi d’apprendre à vivre ensemble : 6e et 3e s’y côtoient dans l’harmonie. Comme je m’intéresse aux personnes et aux êtres humains, hors du cadre des matières, nos relations changent complètement et s’améliorent !

Comment voyez-vous l’avenir de la sophrologie en milieu scolaire ? Quels sont vos projets ?

Je suis maintenant formatrice académique bien-être : avec mon groupe (une vingtaine de formateurs), à travers toute la Bourgogne, nous avons déjà rencontré environ 400 agents de l’Éducation Nationale, professeurs ou chefs d’établissement... Notre pays est mal classé en la matière : il y a une vraie demande, un vrai besoin qui fait partie des objectifs prioritaires de la rectrice de Dijon !

Le confinement a malheureusement limité les actions bien-être, mais j’aimerais justement mieux faire l’année prochaine ! Mon projet serait de généraliser l’action bien-être à toutes les échelles : associer adultes, enfants, professeurs, élèves... et pourquoi pas les parents ? C’est le grand projet des années à venir ! Vivre mieux sa profession, vivre mieux sa scolarité... Tout le monde est concerné.

Le collège Bréart jouit d’espaces et de lieux magnifiques où il fait bon vivre... Mais avec l’action bien-être, le contact sera encore meilleur !

Propos recueillis par Antoine Collinet

 

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Photo du collège Bréart : Cristian Todea