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Jeudi soir, le Premier ministre a annoncé que les bars et les restaurants resteraient fermés au moins jusqu’à mi-février. Une décision qui n’a surpris personne, pas même les premiers intéressés. Rencontre avec Patrick Revoyre, président de l’UMIH71.

 

« On s’attendait tous à ne pas ouvrir avant mars », confirme le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de Saône-et-Loire.

Ce qui l’indigne en revanche c’est la façon dont sont annoncées les choses. « Aujourd’hui, c’est la manière qui est désespérante. Comme pour les salles de spectacle ou de cinéma, à chaque fois, on repousse, on repousse alors qu’on n’ouvrira peut-être pas avant le printemps. On ne sait pas, on ne sait rien, on nous laisse croire des choses. Si tout était défini correctement, on pourrait planifier des congés payés et s’organiser correctement alors que là tout le monde est sur le qui-vive à se demander qu’est ce qu’on fait et surtout quand on le fait ? »

Pour Patrick Revoyre, ouvrir mi-février ou le 1er mars ne changera pas grand chose, « puisque pendant ces vacances d’hiver beaucoup d’établissements sont fermés habituellement pour congés, les clients ne sont pas là non plus car en vacances… c’est une période où on ne travaille pas beaucoup. Ce qu’on regrette, c’est vraiment la façon de faire. » D’autant qu’avec le couvre-feu à 18 h, beaucoup de restaurateurs ont dû renoncer à la vente à emporter le soir. « Il faut faire les choses d’une manière ferme et définitive ! Aujourd’hui, il faut confiner point final jusqu’à fin février comme on l’a fait en novembre. Pendant ce temps-là, on vaccine à tour de bras, on met tous les atouts de notre côté, mais il faut arrêter de faire de l’eau tiède. »

 

« La grogne va vraiment arriver quand va réattaquer l’activité »

 

D’autant que la grogne commence à se faire entendre (lire ICI l’appel lancé par un restaurateur à ouvrir tous les établissements le 1er février). « Même si je n’imagine pas qu’on puisse dire on ouvre tous quoi qu’il en soit ! On aurait vite fait de nous empêcher de le faire. On existe, on est en colère, on montre qu’on est soudés qu’on attend des réponses.

La grogne va vraiment arriver quand va réattaquer l’activité parce qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses. Jusqu’à maintenant, on a pu faire avec l’argent rentré cet été l’été, là après quatre mois d’affilée de fermeture ça va être compliqué ! Mais on est des gens disciplinés, respectueux et on va continuer à l’être. Pendant ce temps je continue de travailler à côté. »

Patrick Revoyre a ainsi récemment rencontré le préfet et lui a dit clairement qu’il fallait que les aides continuent : « Le jour où tous ceux qui ont utilisé le PGE vont devoir le rembourser, c’est là qu’il va falloir nous aider, parce que ce n’est pas une aide, c’est un prêt, une ligne de charge en plus. Il faut réfléchir à comment aider en compensation les utilisateurs du PGE à faire face. »

Il lance également un appel aux clients pour les retrouver dès la réouverture : « Que ceux qui ont des tickets restaurant avec une date lointaine les gardent bien pour venir ensuite manger au resto, qu’ils n’aillent pas les dépenser en grandes surfaces ! C’est une petite compensation qu’on pourra avoir après ces mois difficiles ! Et surtout quand on pourra retravailler qu’ils n’aient pas peur de nous parce qu’on a tellement mis en exergue les bars et les restaurants comme lieux de contamination alors qu’on a fait tous les efforts demandés et que c’est pas le cas. Il n’y a jamais eu de clusters chez nous ! D’ailleurs depuis que nous sommes fermés, il y a toujours autant de cas et les cas se multiplient même ! »

D. C.