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Si les victimes de violence conjugales sont majoritairement des femmes, ce samedi en matinée, quartier La Chanaye, c'est une femme qui a perdu le contrôle, menaçant de mort son conjoint. Ce qui s'est passé...

 

Valérie, 23 ans, venait de passer la nuit avec son bébé de 7 mois quand la petite puce s'est mis à mettre des coups de pieds à sa maman. Rien d'anormal jusque là. Sauf que Valérie n'a visiblement pas supporté les coups de pieds et s'est mis à crier sur son bébé, selon les dires du papa. Celui-ci a pris peur pour son enfant à tel point qu'il a pris son téléphone pour appeler sa sœur et lui demander de venir chercher la petite.

Rapidement, la belle-soeur, qui habite à proximité, arrive et emmène le bébé.

Entre les deux conjoints, le ton monte... Valérie s'empare d'un couteau de cuisine avec une lame de 15 cm et poursuit son homme en le menançant de le tuer. Celui-ci se réfugie dans une chambre et parvient à s'enfermer, bloquant la porte avec le lit, porte qui reste entre-ouverte.

Dans une colère à réveiller les morts, Valérie assène des coups de couteau et des coups de pieds dans la porte. Le couteau la traverse... l'homme enfermé appelle la police, qui se rend sur les lieux. Quelques minutes plus tard, Valérie est interpellée et placée en garde à vue.

Elle comparassait ce lundi après-midi dans le cadre d'une comparution immédiate.

Le couple vient de La Réunion. 3 ans de relation toxique. Ils se sont installés à Mâcon « pour fuir les problèmes » dit-elle, en pleurs, au tribunal. Elle a eu deux enfants avec un autre homme, parti, la laissant seule s'en occuper.

Pour samedi, elle reconnaît les faits et explique son acte par une peur bleue de perdre sa fille. « C'est vrai » reconnaît le conjoint à la barre, qui est accompagné d'une représentante de France Victimes 71, « j'ai voulu lui faire peur pour qu'elle comprenne, en lui disant que je demanderai qu'on lui retire la garde. » De là à subir une telle fureur...

La relation n'est pas saine, certes, et Valérie ne l'a pas blessé, pas frappé. Ces deux-là seraient même prêts à rester ensemble. Lui, déclare ne pas avoir eu peur samedi matin. Soit.

Mais peut-on imager quelques secondes où une fureur pareille peut conduire ? D'autant que Valérie a déjà été condamnée par un tribunal de La Réunion (elle est originaire de là-bas), en septembre 2019, à 210h de travail d'intérêt général, pour violence avec armes (des pierres). Elle s'en était pris à la voiture.

Il y a quelques jours, alcoolisée, elle tente de mettre le feu à leur appartement. Ils s'échangent des coups, elle est conduite à l'hôpital. Elle ne portera pas plainte.

L'enquête de voisinage confirme des cris réguliers et des claquements de portes. L'ambiance est très souvent à couteaux tirés... Ce 20 février, le couteau n'est plus seulement une expression... Elle y met ce qu'il faut de force pour que la lame traverse la porte, prenant le risque de le blesser gravement.

Madame la procureure requiert 10 mois de prison dont 5 avec sursis avec sursis probatoire de 9 mois ; elle requiert également le mandat de dépôt, vivement contesté par son avocate Maître Guérin : « On agit pas sur le malêtre avec une incarcération ! Elle pris des coups elle aussi, en novembre. Elle est dénigrée régulièrement. »

Peine perdue. Le juge donne lecture du verdict après une 1/2h environ de délibération : 10 mois de prison dont 7 avec sursis probatoire d'une durée de 2 ans. Et mandat de dépôt. Également interdiction de disposer d'une arme pendant 3 ans ; obligation de soins et de travail.

Celle qui était terrifiée à l'idée d'être séparée de sa fille le sera finalement pendant 3 mois.

Rodolphe Bretin