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Maurice Tubul, haut commissaire à la lutte contre la pauvreté, et Claude Cannet, vice-présidente du Conseil départemental en charge des affaires sociales, du 5e risque, des seniors et des personnes handicapées, ont présenté en préfecture, ce mercredi, le bilan et les perspectives de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté en Bourgogne - Franche-Comté (BFC).

« Aujourd'hui, nous avons tenu un comité de suivi du déploiement de la stratégie contre la pauvreté avec le Préfet et Madame Cannet sur l'année écoulée, pour observer la mise en place des mesures décidées entre l'État et le Département », a indiqué Maurice Tubul. « Je suis venu dans le département pour constater la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la pauvreté. J'ai cofinancé 2 projets. Un appartement pédagogique et Toit et Muc, projet portant sur la mise en place d'un tutoriel qui permet à des jeunes d'accéder à un logement en leur expliquant de A à Z toutes les problématiques inhérentes.

En 2021, je déciderai du montant de la dernière enveloppe correspondant à la 3ème phase de cette contractualisation de la lutte contre la pauvreté en Saône-et-Loire (S et L). »

La pauvreté en chiffres en Bourgogne - Franche-Comté

Le niveau de pauvreté concerne 12,8 % de la population soit 360 000 personnes. Chiffre favorable par rapport à celui constaté au niveau national : 14,8% soit 9 millions de personnes dont 3 millions de jeunes.

En 2019, la stratégie de lutte a mobilisé un peu plus de 2,7 millions (M) d'euros de crédits étatiques au niveau régional. Ce qui a permis de lever avec les 8 Départements, 9 M d'euros.

En 2020, l'enveloppe régionale s'élevait à 5,2 M d'euros permettant de lever 12,5 M d'euros au titre de l'ensemble des crédits : État et Département.

En Saône-et-Loire, avec une enveloppe de 430 000 euros de crédits d'État en 2019 et les reports de 2020, une enveloppe de 730 000 euros a pu être mobilisée.

La Saône-et-Loire est un département très dynamique dans l'accompagnement de la stratégie nationale, sur des champs aussi divers que la petite enfance, les petits déjeuners gratuits, les cantines à 1 euro, élargies depuis la rentrée 2020 aux étudiants, ou encore les adolescents avec l'obligation de formation des 16/18 ans pour endiguer le phénomène de décrochage scolaire qui est en  partie liée avec la fermetures d'écoles causée par la crise sanitaire. La mobilisation des Plateformes de suivi et d'appui aux décrocheurs (PSAD) avec les missions locales, les conseils régionaux, les conseils départementaux et l'Éducation Nationale vise à proposer des solutions.

Autre mesure : le déploiement des centres sociaux par les communautés d'agglomérations et les Départements, ainsi que le déploiement de 3 points conseil budget pour lutter contre le surendettement.

En ce qui concerne les mesures touchant les bénéficiaires du RSA, le travail consiste à leur proposer une solution d'entrée en formation ou une activité dans le cadre de l'insertion par l'économie en moins de 30 jours.

Enfin, pour les séniors, la mise en place de la Complémentaire santé solidaire en remplacement de la Couverture maladie universelle (CMU) permet d'offrir une palette de soins avec un reste à charge de moins d'1 euro pour le bénéficiaire sur-le-champ de l'optique, des prothèses auditives ou dentaires.

Des mesures portant sur l'accompagnement des familles précaires ont mobilisé une aide exceptionnelle de solidarité en raison de la Covid qui a touché 166 000 foyers sur la région. En S et L cela représente 29 000 foyers, 34500 enfants et 3700 jeunes de moins de 25 ans.

Sur la région, cette aide versée en deux temps (mai 2020 et novembre 2020) représente un peu plus de 80 M d'euros et pour la S et L, 18 M.

Parmi les mesures, citons le champ de l'insertion par l'économique qui représente un peu plus de 200 établissements sur la région BFC et une quarantaine sur la S et L pour un coût régional de 80 M.

Enfin, un dernier point de cette stratégie de lutte contre la pauvreté avec l'accompagnement de l'aide alimentaire. En 2020, pour la S et L, l'aide a représenté 600 000 euros dont 180 000 tickets chèques service.

L'impact de la crise sanitaire en S et L sur l'hébergement d'urgence, l'accueil de jour et les nuits d'hôtel représente plus de 1 M 8 euros en 2020.

 

C'est un travail de longue haleine réalisé au plus près des territoires et des publics pour s'assurer que les mesures prises donnent des résultats. Je suis frappé par la dynamique du département de S et L à tous les niveaux, avec un véritable positionnement de tous les acteurs. On est sur une logique gagnant/gagnant. La politique mise en œuvre est utile et efficace. Il y a une vrai attente. Mon travail de ce matin a été de décliner la mise en œuvre des ces mesures par le Département. J'ai le plaisir de constater que dans tous les champs, la S et L obtient des résultats positifs.

Maurice Tubul

 

Claude Cannet a rappelé que le Département ayant des compétences en matière de solidarité, son engagement dans la lutte contre la pauvreté allait de soi. L'objectif dans le cadre de ce contrat est d'optimiser les moyens avec la mise en place de nouvelles actions concrètes comme le premier accueil social de proximité.

« La lutte contre la pauvreté va de la petite enfance au grand âge. Elle s'inscrit en complément des différentes actions de l'État. Un travail important a été mené sur l'inclusion numérique avec un don d'ordinateurs. »

3 objectifs communs avec l' État : les jeunes, l'inclusion numérique et l'accompagnement des bénéficiaires du RSA.

L'accompagnement des bénéficiaires du RSA comprend plusieurs étapes : accès aux droits (partenariat avec la CAF), mise en place d'une téléprocédure ; un certain nombre d'actions ciblées comme une plateforme de parrainage afin de mettre en relation une personne active avec un bénéficiaire du RSA pour l'accompagner dans ses démarches. Au niveau du Département, des clauses d'insertion mobilisées avec 1600 h dans le cadre de marchés avec des entreprises d'insertion économique pour relancer l'activité.

Le plan jeune

Dans le contexte de l'épidémie, le Département a décidé de renforcer le dispositif existant pour les 18-25 ans et de l'étendre pour inclure les jeunes à partir de 16 ans ainsi que les étudiants jusqu'à 30 ans. D'augmenter le plafond d'aide annuelle (de 1500, il passe à 2000 euros) et de proposer aux collectivités d'employer des jeunes avec en contrepartie la prise en charge du coût via des subventions exceptionnelles sur des projets d'investissement.

La situation sanitaire a fait ressortir 3 points : la précarité du travail, du logement et la précarité alimentaire.

« Le Département travaille sur tous les champs et prend la personne dans sa globalité. Il mène des actions spécifique sur le territoire pour répondre concrètement à des problématiques. Toutes ses actions sont soumises à des indicateurs », a conclu Claude Cannet.

 M.A.

 

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