jeudi 6 mai 2021

Le groupe est le porteur de projet du Center Parc du Rousset.

 

Communiqué

Grâce à des dizaines de milliards d’euros d’aides de l’État, la crise économique ne s’est pas encore révélée au grand jour, alors que des pans entiers de l’économie s’effondrent (aéronautique, automobile, restauration, etc.). L’industrie du tourisme et des loisirs est sans doute le secteur le plus touché par la crise sanitaire. Certains grands groupes du secteur qui, en 2020, ont largement bénéficié des aides de l’État (prêts garantis, dispositifs de chômage partiel, exonérations de cotisations) en redemandent en 2021, suite à une saison hivernale désastreuse.

Dans le Journal du Dimanche (JDD) du 6 février, Franck Gervais, le nouveau Directeur général de Pierre et Vacances-Center Parcs (PV-CP), déclarait, un brin intéressé : « Il faut sauver le tourisme ». De son côté, Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, tweetait : « Le tourisme est sinistré ... Ce doit être une priorité de la reconstruction », omettant de préciser qu’il siège au Conseil d’administration de PV-CP. Depuis, Franck Gervais sillonne les plateaux de télévision, implorant aide et « solidarité ».

Faut-il pour autant déverser aveuglément des milliards d’aides publiques dans de grands groupes tel que Pierre & Vacances qui, bien avant la crise sanitaire, avait déjà un pied dans la tombe, fragilisé par un fort endettement, des pertes récurrentes, une économie au ralenti et un excès de l’offre ? Faut-il sauver Pierre & Vacances ?

Pierre & Vacances-Center Parcs : structure et conjoncture

Dans le JDD, Franck Gervais déclare : « ... la période était difficile, pour des raisons conjoncturelles et non structurelles. » Cela est faux. Sur Franceinfo le 13 février 2021, il ajoute : « on a aujourd’hui un endettement qui est de l’ordre de 500 millions d’euros, et il est uniquement lié au Covid ». Faux encore. Car bien avant la crise sanitaire, PV-CP accumulait les pertes depuis 8 ans, pour un total de 250 M€, et trainait une dette d’environ 250 M€. Le vieillissement du parc immobilier se traduisait par des taux d’occupation insuffisants et des clients mécontents. A cela s’ajoutaient les conflits répétitifs et massifs des petits propriétaires des Center parcs qui depuis des années se plaignaient des baisses de loyer et d’une augmentation des charges de rénovation. Les comptes d’exploitation étaient chroniquement déficitaires. Le concept de la « nouvelle propriété » était à bout de souffle, malgré tous les avantages fiscaux dont le Groupe bénéficiait (avec le dispositif Censi-Bouvard, l’acheteur d’un cottage vendu 250.000 € HT pouvait bénéficier d’une réduction d’impôt de 11%, soit 27.500 € et de l’exonération de la TVA, soit 50.000 €).

Il fallait serrer la vis : fin 2019, le Groupe annonçait le licenciement de 250 salariés du siège parisien. Cependant, un obstacle de taille se dressait devant PV-CP : une opposition citoyenne grandissante contre les projets de Center parcs symbolisée par une bulle « tropicale » chauffée à 29° C toute l’année. Ainsi, 4 projets étaient bloqués par des recours juridiques. En janvier 2020, le DG déclarait que le Groupe ne développerait plus de nouveaux projets Center parcs en France, jugés « trop compliqués ». Le 7 juillet 2020, PV-CP annonçait l’abandon du projet de Roybon et quelques mois plus tard retirait son projet d’extension du Center parcs des Bois Francs dans l’Eure. Enfin le 30 janvier 2021, Le Monde rapportait que « selon un proche du dossier, le nouveau patron opérationnel pourrait « laisser tomber la Chine. Un puits sans fond ! ».

Problèmes structurels donc, et quand la structure est un problème, gare à un incident de conjoncture : c’est la catastrophe. Ainsi, en mars 2020, quand l’épidémie de Covid et sa gestion sanitaire se sont installées, PV-CP a dû fermer tous ses sites. Résultat : sur l’exercice 2019/2020, clôturé le 30/09/2020, le Groupe a affiché une perte de 336 M€ ! Depuis, il a dû contracter un emprunt garanti par l’État de 240 M€, ce qui porte sa dette à au moins 500 millions d’euros !

Comment est-il possible que le n°1 de l’hébergement touristique en Europe, gérant 45.000 appartements dans 285 résidences, s’écroule tel un château de cartes? Il y a 40 ans, Gérard Brémond, fondateur et PDG de PV-CP, faisait le choix de la pierre-papier et de l’asset light : construire pas cher, vendre à prix d’or, puis gérer pour le compte des propriétaires-bailleurs mais n’être propriétaire de rien et ainsi minimiser les risques. Mais pour pouvoir vendre ses cottages et appartements, PV-CP devait aussi assurer la gestion du bien et payer un loyer aux propriétaires garantissant un retour sur investissement jusqu’à 4,5%. Des promesses difficiles à tenir. Gérer 285 résidences en Europe et outremer pouvait facilement déraper. Une fois les loyers, salaires, services, achats et frais financiers payés, le résultat net était largement déficitaire, et cela depuis 8 ans. Le Groupe devait donc construire et vendre toujours plus pour couvrir ses pertes. Une fuite en avant hors de contrôle alimentant la bulle des hébergements touristiques et des parcs de loisirs.

Face au mur, Pierre & Vacances-Center Parcs demande des aides de l’État

M. Gervais déclare au JDD : « ...nous avons choisi de lancer une procédure amiable de conciliation. Nous souhaitons que toutes les parties prenantes se réunissent, tant les créanciers que les propriétaires individuels et institutionnels, pour surmonter cette crise ensemble; pas les uns contre les autres... En raison de la fermeture des remontées mécaniques, des indemnisations complémentaires s'avèrent indispensables. La profession demande à ce que le "fonds de solidarité montagne" bénéficie aux hébergeurs comme aux remontées mécaniques. Nous sommes partie prenante aux côtés du Syndicat national des résidences de tourisme des négociations en cours avec l'État sur le déplafonnement de ce fonds, pour que les grands opérateurs puissent être indemnisés à hauteur de 70% des charges fixes. Un prêt garanti par l'État saisonnier pourrait être nécessaire à l'ensemble des acteurs. »

La procédure amiable de conciliation, entamée le 2 février, doit s’achever 4 à 5 mois plus tard. D’ici là, PV-CP doit négocier avec tous ses partenaires et créanciers, dont les centaines de propriétaires de cottages Center parcs qui n’ont pas accepté le report des loyers proposé par PV-CP et se sont regroupés pour saisir la justice. PV-CP en appelle alors au Fonds de solidarité de l’État pour prendre en charge 70% de ses charges fixes et ainsi pouvoir payer les propriétaires. Le 24 février, sous la pression des lobbys, le gouvernement plie et ouvre le Fonds aux grands groupes. Mais ce n’est toujours pas assez pour PV-CP: « Nous saluons cette première prise en considération de la difficulté des hébergeurs de petite et moyenne taille, mais elle n’est encore pas à la hauteur des pertes subies par les grands groupes comme le nôtre » (Capital – 27/02/2021). La pompe à finances tourne à plein régime.

Les collectivités elles aussi sont mises à contribution : au Center parcs de Bois aux Daims, la Société d’économie mixte propriétaire des équipements a baissé temporairement le loyer que lui verse le Groupe, avec une clause de retour à meilleure fortune (La Nouvelle République – 18/02/2021) ; une promesse de paiement, en somme. Mais les autres partenaires et créanciers, eux aussi dos au mur, ne seront pas aussi conciliants.

Le dispositif de chômage partiel, fixé à 100% dans le secteur du tourisme, profite grandement à PV-CP mais coûte des dizaines de millions d’euros à l’État.

Un nouveau prêt « saisonnier » garanti par l'État est sollicité par PV-CP. Il est estimé par certains à 250 M€ (Les Échos - 25/01/2021). Encore de l’argent public, sans examen, sans conditionnalités, qui élèverait la dette du Groupe à plus de 750 M€ ! Comment imaginer que cette dette puisse un jour être remboursée ?

Quelles solutions pour PV-CP ?

La cession d’actifs ? Cela semblerait logique. Mais quel est le portefeuille d’actifs mobilisables de PV-CP, compte tenu du fait que, selon son modèle asset light, le Groupe n’est propriétaire de rien ? Il semble que le mobilisable n’existe pas, sauf peut être dans la SA S.I.T.I., la maison mère, laquelle est contrôlée par Gérard Brémond au travers de la SC S.I.T.I. R dont la capitalisation s’élève à 255 M€.

Mais cela ne suffirait pas. Gérard Brémond, 83 ans, l’a bien compris et ne veut pas y laisser sa chemise. Il a mandaté deux banques conseils : à ce stade, on parle de « marques d’intérêts » venant des fonds d'investissement américains Certares et H.I.G.Capital, autrement dit le renforcement des fonds propres par recapitalisation (Les Échos - 25/01/2021). Ce qui veut dire des entrées dans le capital de PV-CP et des SITI, impliquant une perte de contrôle par son actionnaire majoritaire, M. Bremond. C’est la fin d’un empire.

Que les conciliations, recapitalisations, cessions d’actifs se fassent, ce sont des mesures qui concernent des personnes mises devant leurs responsabilités. Mais que l’argent public soit garant ou mobilisé dans certaines de ces solutions : NON !

Le problème principal est ailleurs.

Avant de vouloir sauver quoi que ce soit, ou qui que ce soit, il faut s’attacher à définir ce dont notre monde a besoin. Les inégalités sociales, le dérèglement climatique, la production des gaz à effet de serre, la pression outrancière sur les ressources, les besoins en eau, la biodiversité en voie d’effondrement : c’est à ces évaluations-là que doit se juger ce qui est à sauver et comment le faire. Confronté à ces critères d’évaluation, PVCP doit s’adapter ou disparaître.

Eric Daillie pour l’association EcologicAction 71

Hervé Bellimaz pour l’association Le Pic Noir

Le 1er mars 2021

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