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Communiqué

Face à la violence de la réalité hospitalière,

quand l'Etat se décidera-t-il enfin à prendre

les décisions nécessaires pour lutter contre l'épidémie ?

 

Très loin des communications officielles, la visite hier à l’hôpital de Chalon du préfet de Saône-et-Loire, flanqué du sous-préfet et du député macronien de la circonscription, a constitué un moment de vérité pour l’État lorsqu’il a rencontré les professionnels qui constituent la cellule de crise.

Ces médecins, qui, avec l’ensemble des agents hospitaliers, sont l’honneur du service public, ont fait part de leur épuisement après un an de lutte contre le virus. Épuisement physique certes, mais épuisement moral aussi de voir que les décisions structurelles ne sont toujours pas prises par l’État pour les épauler dans le combat qu’ils mènent au profit de toute la population !

Ils ont dit, malgré leur investissement total sur le sujet, avoir du mal à comprendre les aléas successifs de la campagne de vaccination, ces aller-retours si difficiles à gérer sur le terrain.

Ils ont expliqué qu’un patient restant en moyenne trois semaines en réanimation, la capacité d’accueil de l’hôpital était désormais saturée, alors que nous n’avons pas encore atteint, en Bourgogne Franche-Comté, le pic épidémique prévu à la mi-mai.

Alors, quand le préfet, découvrant visiblement la violence de la réalité du terrain, tenta de conclure en disant qu’il fallait tirer parti de ces « retours d’expérience », je n’ai pas pu m’empêcher de lui répondre qu’au bout de 13 mois de lutte épidémique, il n’est plus temps de parler de retours d’expérience, il faut urgemment parler de décisions à prendre !

L’hôpital de Chalon a ainsi la capacité d’ouvrir des lits de réanimation supplémentaires, il a pour cela les respirateurs, mais il manque de personnels infirmiers et de médecins réanimateurs.

Que sont devenues les promesses du gouvernement ? Il faut six mois pour former un personnel en réanimation. Or, il y a plus de 13 mois que la crise a commencé !

Mais à force de nous illusionner, à grand renfort de communication, pour nous dire que ça va aller mieux, que ça va aller encore mieux, que ça va aller toujours mieux, on ne prend pas les décisions de fond qui nous permettraient de vivre le moins mal possible sur le long terme avec une menace épidémique qui, hélas, par la faute de ce virus qu’un médecin a justement qualifié hier de « diabolique », planera encore longtemps sur nous.

Qui plus est, des lits de réanimation en nombre insuffisants et donc totalement occupés par des malades du Covid, ce sont des opérations d’autres patients qui doivent être déprogrammées et repoussées parfois à long terme. Combien de ce qu’on appelle pudiquement des « pertes de chance » pour ces patients, dont les pathologies sont parfois très lourdes ? Combien de morts est-on en train de provoquer parce le gouvernement n’aura pas tenu ses engagements sur les lits de réanimation supplémentaires avec les personnels qualifiés pour les faire fonctionner ?

Cet aveuglement a trop duré ! Et quel contraste, lorsqu’en remontant dans ma voiture au sortir de cette réunion, j’entends à la radio que l’Élysée nous dit que nous sommes sur le bon chemin pour nous en sortir ?!

La communication a remplacé l’action. Ce serait plus risible que grave s’il n’y avait pas en jeu des vies humaines.

Il est urgent de former des personnels supplémentaires pour la réanimation, de les rémunérer à la hauteur de la mission d’intérêt national que nous leur confions, de soulager les personnels épuisés depuis un an, de permettre que l’hôpital puisse continuer à traiter toutes les pathologies, ce qui n’est plus le cas.

Mais pour ça, il faut sortir du calendrier électoral qui consiste pour le gouvernement à rassurer à tout crin, alors qu’il est plus que temps d’agir !

 

Gilles Platret

Maire de Chalon-Sur-Saône _ Conseiller régional

Vice-Président Les Républicains

Candidat tête de liste aux élections régionales pour la Bourgogne et la Franche-Comté