Dans un contexte d'augmentation des violences...

Véronique Laure Verraest, vice-présidente MBA chargée de la politique de la ville, de la culture, de la démocratie participative et du réseau VIF MBA, a ouvert ce lundi, la formation sur les Violences Intra-Familiales (VIF) de niveau 1 qui se déroule pendant deux jours dans les locaux de Mâconnais-Beaujolais Agglomération à Mâcon.

Cette formation s’adresse aux professionnels des réseaux VIF (Forces de l’ordre, Intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie, référents VIF, assistantes sociales, associations et centre de planification). Elle est initiée par Mme Nathalie Bonnot, déléguée aux droits des femmes et à l’égalité, et co-animée par Blandine Cartaux, Psychologue clinicienne, et Claire Favre, docteure en Psychologie clinique (toutes les deux formatrices à l'association Solidarité femme 21).

« Le réseau Vif de MBA a été mis en place au cours de l'année 2019. Cette formation permettra aux stagiaires, acteurs de diverses professions, d'échanger sur les apports théoriques et les mises en situation évoqués durant ces deux jours.

MBA peut jouer pleinement son rôle de facilitateur au côté de l'État pour proposer à l'ensemble des partenaires impliqués dans le cadre du conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance, de mieux appréhender et quantifier les phénomènes de violences intra-familiales dans toutes leurs diversités, de clarifier le "qui fait quoi" dans la chaîne d'accompagnement des victimes, de réaliser un état des lieux croisé des besoins et des actions déjà menées dans l'agglomération, d'identifier conjointement les actions nouvelles et celles devant être renforcées. Enfin, de renforcer davantage la coordination et la mise en réseaux.

Les chiffres récoltés par l'observatoire contre les violences montrent qu'il y a déjà eu, sur le seul premier trimestre 2021, l'équivalent de 60% du nombre de situations sur toute l'année 2020. Cela confirme l'importance pour le réseau Vif de MBA de se doter d'outils complémentaires et de nouveaux acteurs formés partageant les mêmes valeurs et pratiques.

Dans cette lutte contre les violences intra-familiales, le réseau VIF de MBA est pleinement mobilisé. Il se donne pour objectif de renforcer son rôle d'appui aux communes de l'agglomération à travers un plan global d'action dont l'une des priorités serait de renforcer toutes les actions de formation et de sensibilisation auprès du grand public, mais aussi des élus tout en associant davantage les acteurs du monde du travail. »

Véronique Laure Verraest

Claire Favre, est revenue sur le contenu de la formation : « C'est une formation à double entrée. Blandine Cartaux également formatrice à l'association Solidarité femmes Dijon s'occupe des victimes. Tandis que moi, je travaille avec les auteurs en milieu carcéral et à l'extérieur, en CMP d'obligation de soins. La formation apportera des bases théoriques sur la compréhension des fonctionnements psychiques dans le cadre de la violence conjugale et permettra d'ajuster ce qui se passe dans les allers retours avec les auteurs et les victimes pour mieux adapter sa prise en charge et son intervention. »

Une dizaine de personnes était au rendez-vous ce matin, motivée pour deux jours de travail intensif.

« Le prestataire de cette formation est Solidarité Femme », a indiqué Nathalie Bonnot. « Nous travaillons avec eux depuis très longtemps, puisque nous mettons en place ces formations depuis 2005. Cette année, il y en aura quatre. Deux sur Digoin, une sur la MBA et une à Matour pour mettre en place un réseau Vif. En Saône et Loire, nous aurons 11 réseaux Vif. Nous allons travailler sur le repérage des victimes de violences afin d'établir un diagnostic et de pouvoir les orienter. La formation sera complémentaire avec un premier travail sur les victimes de violences et un autre orienté sur les auteurs qui sont souvent dans le déni. C'est important pour travailler ensuite avec les professionnels qui vont accompagner les femmes victimes. Comprendre le cycle de la violence, sa mise en place, la rechute quand il n'y a pas d'accompagnement psychologique. Les groupes de parole sont très importants.

Cette formation perdure dans le temps puisque les violences sont en hausse. À ces violences, s'ajoute l'alcool et la drogue. Nous devons travailler sur les différents accès et les représentations. Le groupe est pluridisciplinaire. Le niveau 1 se fait sur le département afin de cimenter le réseau Vif. Le niveau 2 est plus spécifique aux auteurs de violence. Il faut un détachement à Dijon pour permettre une rencontre avec d'autres personnes sur d'autres territoires où il n'y a pas de réseaux Vif. »

M.A.

 

 

Claire Favre & Blandine Cartaux

Photos : M.A.