La Bourgogne-Franche-Comté devance la Bretagne avec 55 % de la population habitant dans une commune rurale. L'INSEE constate que la périurbanisation s'essouffle.

Communiqué de l'INSSE :

Au 1er janvier 2018, 1,5 million de personnes résident dans l'espace rural de la Bourgogne-Franche-Comté, soit plus de la moitié des habitants de la région. Constitué de communes peu denses et très peu denses, cet espace occupe 95 % de la superficie régionale. Deux types de ruralité coexistent : le rural sous influence d’un pôle urbain et le rural autonome (ou hors influence). De 2013 à 2018, le rural sous influence gagne encore des habitants mais son attractivité s’essouffle alors que le rural autonome en perd.

La Bourgogne-Franche-Comté est la 1ère région rurale de France devant la Bretagne. Au 1er janvier 2018, 55 % de la population régionale réside dans une commune rurale contre seulement un tiers au niveau national.

Le rural est l’espace le plus prégnant de la région avec 95 % de la superficie, 95 % des communes et 55 % des logements. Des huit départements de la région, seuls la Côte-d’Or, le Doubs et le Territoire de Belfort sont dits intermédiaires (mi-urbain mi-rural), les cinq autres sont considérés comme ruraux.

Les communes rurales se définissent par leur faible densité. Elles sont aussi qualifiées par leurs liens, plus ou moins importants, en termes de déplacement domicile-travail avec les pôles d’emplois urbains environnants. Le rural sous influence des villes, présent autour des pôles urbains les plus importants de la région, compte en moyenne 45 hab/km2.
Cet espace est moins dense en Bourgogne-Franche-Comté qu’en moyenne nationale (61 hab/km2). Le rural autonome (hors influence des villes) avec 26 hab/km2, est principalement présent au centre-ouest, au sud et à l’est de la région.

La Mission nationale pour un « Agenda rural » a récemment élaboré un plan d'action en faveur des territoires ruraux afin d’y réduire les inégalités. Elle a exprimé le souhait d’avoir une approche nouvelle des espaces ruraux qui combine des critères de densité et de nature fonctionnelle. Si l’espace rural est composé des communes très peu denses et peu denses, quatre catégories du rural sont définies allant des espaces ruraux les plus urbanisés jusqu’aux espaces les plus isolés et peu peuplés :
- les communes rurales sous forte influence d’un pôle urbain appartiennent à une aire d’attraction des villes de plus de 50 000 habitants et au moins 30 % de leurs actifs occupés travaillent dans le pôle de cette aire.
- les communes rurales sous faible influence d’un pôle urbain appartiennent à une aire d’attraction des villes de plus de 50 000 habitants mais moins de 30 % de leurs actifs occupés travaillent dans le pôle de cette aire.
- les communes rurales autonomes peu denses ne font pas partie des deux catégories ci-dessus et sont peu denses selon la grille communale de densité, - les communes rurales autonomes très peu denses ne font pas partie des trois catégories ci-dessus et sont très peu denses selon cette même grille.

Le rural sous influence d’un pôle urbain et le rural autonome ont la même répartition entre les surfaces agricoles (environ 60 % de la superficie) et les surfaces boisées et milieux semi-naturels (environ 35 %). Le rural sous influence comporte un peu plus de territoires artificialisés (habitat, industrie, commerce ...), 4,1 % contre 2,5 % pour le rural autonome.

Entre 2013 et 2018, l’espace rural régional perd 1 300 habitants par an (- 0,1 %), alors qu’il en gagnait entre 2008 et 2013 (+ 0,4 %). En France, la croissance de population dans le rural est positive mais ralentit passant de + 0,7 % par an entre 2008 et 2013 à + 0,2 % entre 2013 et 2018. Les espaces ruraux les plus dynamiques se situent en Auvergne-Rhône-Alpes et en Occitanie.

En Bourgogne-Franche-Comté comme ailleurs, la périurbanisation au profit principalement du rural sous influence d’un pôle urbain, s’essouffle et le rural autonome est devenu moins attractif.

Le rural sous influence gagne encore des habitants en raison d’un excédent naturel

Plus de 830 000 personnes résident dans l’espace rural sous influence d’un pôle. Cet espace gagne encore des habitants mais à un rythme plus faible qu’auparavant : + 0,1 % entre 2013 et 2018 contre + 0,6 % entre 2008 et 2013. Sa population augmente désormais uniquement grâce au solde naturel (différence entre naissances et décès). Ce dernier est toujours positif bien qu’ayant légèrement diminué (+ 0,1 % contre + 0,2 %). Cependant, alors que cet espace attirait encore de nouveaux habitants entre 2008 et 2013 (+ 0,4 %), il n'en attire plus sur la période récente.

Le rural sous influence d’un pôle offre une meilleure qualité de vie et des possibilités d’accès à la propriété plus favorables que dans l’espace urbain. Près de 80 % des ménages y sont propriétaires de leur résidence principale contre 50 % dans l’espace urbain. Grâce à des accès relativement aisés aux équipements et services de la vie courante, il attire des couples avec enfants. Près d'un ménage sur trois est un couple avec un ou plusieurs enfants contre un sur cinq en moyenne dans l’espace urbain.

Le rural autonome n’est plus attractif

L’espace rural autonome perd des habitants, - 0,3 % par an entre 2013 et 2018. Il comprend désormais 705 000 habitants. Depuis quelques années, la présence plus importante d’une population âgée ne permet pas un peuplement naturel de cet espace. Entre 2008 et 2013, son attractivité lui permettait de gagner des habitants. Il n’en est plus de même sur les années récentes, contrairement au niveau national où cet espace reste attractif.

Le rural autonome comprend davantage de personnes seules que le rural sous influence (36 % contre 29 %). Les résidences secondaires et les logements vacants y sont davantage présents. Les temps d’accès aux équipements sont aussi plus élevés dans cet espace où près d’un habitant sur cinq est à plus de 10 minutes des services quotidiens.

Le rural autonome de la bande frontalière Suisse a un profil proche du rural sous influence

La partie rurale de la bande frontalière suisse est classée en rural autonome mais ses caractéristiques sont plus proches du rural sous influence. Entre 2013 et 2018, cette bande gagne des habitants grâce à un solde naturel important et à une forte attractivité. La population y est plus jeune que dans l’ensemble du rural autonome. Cet espace comporte davantage de résidences principales où vivent plus de couples avec enfants. Cette bande frontalière est également sous influence du pôle urbain de Pontarlier qui ne comprend que 48 500 habitants. Du fait de l’effet de seuil (50 000), les communes alentours ne sont pas classées en rural sous influence.

Caroline Logeais, Fabrice Loones (Insee)